Un signe de justice pour les
victimes oubliées de 1915 -
Pour une reconnaissance du
génocide arménien
Entre 1915 et 1918, environ un million d’Arménien(ne)s furent
les victimes de systématiques massacres et déportations
turques. La Turquie a jusqu’à aujourd’hui refusé de reconnaître
cet événement historique comme un génocide.
De nombreuses interventions parlementaires ont demandé la reconnaissance
suisse du génocide. Le dernier en date a été le postulat
Zisyadis, que le Conseil national a rejeté de justesse
en mars 2001.
Pourquoi à nouveau la demande de la reconnaissance
du génocide?
- En même temps que le rejet du postulat Zisyadis le 13 mars
2001, le Conseil national a accepté une pétition du Verein
der Völkermordgegner. Celle-ci demandait au
Conseil fédéral de traiter du génocide en dialogue
avec la Turquie. Par l’acceptation de cette pétition, le Conseil
national a reconnu de manière implicite le génocide.
- Une des raisons avancées par le Conseiller fédéral
Deiss pour le refus du postulat Zisyadis était la mise en danger
du dialogue arméno-turc par la reconnaissance suisse du génocide.
Ce dialogue devait être mené par la Commission de réconciliation
arméno-turque. La commission
s’est en fait dissoute en décembre 2001.
- En septembre 2001 a eu lieu l’annonce du verdict devant la cour de
justice de Berne-Laupen du procès contre les dirigeants d’associations
turques. Ils ont été accusés d’avoir violé
la norme pénale contre le racisme en niant le génocide arménien.
Le juge a refusé de juger la question
du génocide de manière juridique et a mis l’accent sur
le ressort du domaine politique. Le Conseil fédéral et le
parlement ont été critiqués pour n’avoir pas encore
pris clairement position.
- En décembre 2001, le canton de Genève a été
le premier canton suisse à reconnaître de manière
officielle le génocide arménien. Le Conseil d’Etat genevois
s’est expliqué: « La présente déclaration de
reconnaissance du génocide arménien de 1915 n’est donc nullement
dirigée
contre la Turquie qui (…) peut reconnaître ses crimes passés
afin de construire avec le peuple arménien des relations de paix
fondées sur la vérité historique. »
- 13 parlements nationaux (parmi lesquels depuis 2001 celui de France)
ont reconnu les crimes perpétrés entre 1915 et 1918 comme
un génocide selon la définition de la convention de l’ONU
de 1948 y relative. De plus, de nombreux parlements régionaux et commissions
internationales
comme la parlement européen ou la
Sous-commission de l’ONU
pour la prévention des discriminations et pour la protection des
minorités .
La mise en lumière du passé permet
d’aborder le futur
Seule la Turquie met en doute le génocide comme événement
historique. L’éclaircissement des pages obscures du passé
turc est la condition nécessaire pour la réconciliation et
le développement
pacifique de toute la région. Il est temps de donner un signe
en faveur de la vérité et de la justice. Avec la reconnaissance
du génocide arménien, la Suisse agirait par conséquent
dans l’esprit de la Convention des Nations Unies du 9 décembre 1948
pour la prévention et la répression du crime de génocide,
à laquelle elle a adhéré le 7 septembre 2000.