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[D-F-E] Procès des meurtriers de Hrant Dink en Turquie

 
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 PostPosted: Wed Jul 18, 2007 11:05 am    Post subject: [D-F-E] Procès des meurtriers de Hrant Dink en Turquie Reply with quote Back to top

Procès des présumés meurtriers de Hrant Dink en Turquie

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 PostPosted: Wed Jul 18, 2007 11:06 am    Post subject: Intervention de Rakel Dink au procès des meurtriers de Hrant Reply with quote Back to top

Le 4 juillet 2007| armenews | Stéphane

L’intervention de Rakel Dink lors du procès des présumés meurtriers de son mari



Mon histoire commence par la tribu arménienne de Varto qui est un des restes de 1915. Je suis né en 1959 dans la tribu arménienne de Varto qui se trouvait à la frontière de Mardin ; maintenant dans le district de Sirnak. Aujourd’hui la ville est appelée Yolagzi. Le nom Varto est le nom de mon grand grand-père, Vartan.

Pour subsister la tribu a migré à Istanbul en 1978. Jusqu’à la migration, leur vie dans le village et ensuite dans la ville a passée à lutter devant les tribunaux contre les actes de fraude que les propriétaires des villages voisins fabriquaient. Ces villages voisins ont été construits sur nos pays.

Ils ont été battus, blessés et ont réchappé miraculeusement à des tentatives de meurtre. Mon père a vécu une vie honorable sans nier ses racines et sa religion. Il est décédé à Bruxelles il y a trois ans, avec son esprit et son âme inquiétés au sujet de sa terre, dont les procès continuent toujours. Ses enfants lui ont promis qu’ils continueraient la lutte. Il n’a jamais agi en lâche, n’était pas paresseux, n’a jamais mis un mauvais oeil sur le travail de l’autre et ne nous a jamais imposé avec l’animosité.

J’ai rencontré mon tendre mari aimé, que j’ai eu l’habitude d’appeler Çutag, Hrant Dink dans une pension nous avons grandi ensemble, nous nous sommes mariés. Ils nous ont dépouillé de notre pension. Avec l’aide de Jésus Christ nous avons surmonté tous les obstacles, les privations. Nous nous sommes inquiétés ensemble des problèmes de notre pays. Et maintenant, je pleure avec une tristesse profonde.

Jusqu’à aujourd’hui nous n’avons été menacés, humiliés, insultés d’être des Arméniens ; nous avons entendu les gens considérés les Arméniens comme une malédiction. Nous l’avons entendu et nous l’entendons toujours dans les journaux, la télévision, des bureaux d’enregistrement des naissances ; des fonctionnaires aux autorités les plus hautes. Parfois nous avons été traités comme si nous n’étions pas des citoyens de ce pays, mais des migrants d’ailleurs. Nous sommes toujours témoin de tout ceux-ci et cette structuration et cette compréhension ; cette obscurité continuent à transformer des bébés en meurtriers.

Le verset 21:3 dit « Dieu souhaite la légitimité et la justice plutôt que des sacrifices ». Aujourd’hui, nous voyons ici des bébés qui sont devenus des meurtriersi ; où est l’obscurité qui les a crée ?

L’obscurité que j’indique n’est inconnue de personne. Vous pouvez trouver les pièces de cette obscurité dans des fonctions de gouverneur, dans la Gendarmarie, dans des Forces Armées, dans le Service National de Renseignements, dans la Police, dans le Gouvernement, dans les partis d’opposition, dans les partis qui n’ont pas de siège dans le Parlement et même dans les médias et les organisations non gouvernementales. Leurs noms, leurs position sont connu. Ils créent continuellement des meurtriers à partir de bébés et ils le font pour servir la Turquie.

Nous les avons vus devant le front d’AGOS après l’article sur Sabiha Gokcen et devant les tribunaux où mon mari était poursuivi. Mais pour quelque raison, la justice et le pouvoir judiciaire ne peuvent pas s’étendre sur eux, ne veulent pas s’étendre à eux. Parce que, ils savent que s’ils creusent plus loin ils verront que cette obscurité existe dans eux aussi.

Donc, si vous n’êtes pas de cette obscurité et que vous ne l’approuvez pas, ne soyez pas avec eux soyez assez courageux pour aller plus profondément et démolissé toutes les barrières qui ont été mises dans ce procès. Soyez l’instrument de la justice de Dieu ; pour que la Turquie puisse être heureuse et que cela devienne le point de départ de jours brillants pour la Turquie.

Votre honneur, mon mari a été poursuivi pour ce qu’il a écrit, pour ce qu’il a pensé et parlé. En tant qu’innocent, dû à cet arrangement de l’Etat il a été déclaré coupable. Je crois que les expressions de l’Etat : soutient le séparatisme, insulte, dégradation ; encourage et multiplie les bébés meurtriers. En bref, la source de ce printemps est la perception et le discours. Je suis contre ce discours et ceux qui le parlent dehors.

Moi, comme un membre du peuple qui vit sur ce sol depuis Noah, veut sentir et voir mes enfants et moi-même comme des citoyens turcs d’origine arménienne, comme des citoyens égaux.

Notre proverbe dit « Celui qui refuse son origine est perdu ». À quoi vous attendriez-vous de celui qui nie ou cache son origine ? Comment pouvez-vous établir une construction forte, un bon caractère sur une base défectueuse ? Je vous le demande, pouvez-vous avoir confiance en lui ? Signifie-t-il que nous sommes des ennemis parce que nous n’avons pas nié nos origines ?

Mon mari bien aimé a travaillé dur, n’a jamais menti, n’a jamais agi injustement, n’a jamais dit un mot contre son pays ici ou à l’étranger. Il était un défenseur de la vérité et il a vécu comme un vrai fils et un vrai citoyen. En retour il a reçu la balle de traîtres.

Indépendamment de la justice vous verrez comme convenable, elle ne me rendra pas mon mari. Aucune des décisions ne sera aussi équivalente à la perte de mon mari. Si la justice est la base de la terre donc je suis à la recherche de cette justice. Je veux que la Turquie construise sur cette base. Je veux le voir pas uniquement dans des mots, je veux le voir dans la vie quotidienne, dans le discours. Donc, je demande que tous les responsables et les autorités déclarent : « nous ne pouvions pas, nous ne voulions pas protéger votre mari, notre citoyen. Nous reconnaissons avoir commis un crime et nous nous excusons ».

Je demande de l’honorable cour qui est la représentante de l’état que tous les criminels reçoivent la punition qu’ils méritent. Je ne sens aucune haine vis-à-vis de n’importe lequel d’entre eux ; au contraire je les trouve tous malheureux et je sens de la pitié pour eux. . Je prie avec miséricorde pour eux avec l’amour et la justice de Jésus Christ, celui qui sait tout, voit tout. Je souhaite qu’avec l’aide de l’Esprit Saint, ils puissent estimer qu’ils ont besoin de cette pitié. Et je demande que vous agissiez et décidiez en accord avec vos responsabilités.

Avec tout mon respect.

Rakel Dink
 
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 PostPosted: Wed Jul 18, 2007 11:14 am    Post subject: Intervention de Hosrof Dink, frère de Hrant Reply with quote Back to top

Le 4 juillet 2007| AZG | Trad. armenews | Stéphane

L’intervention de Hosrof Dink, frère de Hrant, lors du procès des présumés meurtriers



Votre Honneur,

Président et membres de cette Cour,

Hrant Dink, qui a été si brutallement assassiné le 19 janvier, est mon frère. Je suis ici pour demander justice et voir que les responsables de ce crime contre l’humanité soient confondus. Mon frère aîné Hrant, moi-même et mon frère cadet Yervant, sommes nés à Malatya et nous avons partagé ce droit le plus sacré et le plus fondamental de l’humanité celui de vivre aussi bien que celui d’espérer, nos peines et notre infortune. Notre père Sarkis et notre mère Gulvart ont divorcé lorsque nous étions enfants. Cette situation nous a contraint à grandir dans un orphelinat. Nous avons appris les rudes conditions de l’existence humaine dans cet orphelinat sur ces terres où nous fûmes enfants. Nous pensions être nés en tant qu’êtres humains. Cependant contre notre volonté on nous donna tant de labels, tant d’identités. Nous n’appartenions plus à l’humanité, ni à la terre. Nous fîmes partie d’une région particulière, d’un peuple particulier, d’une famille particulière et de bien d’autres identités. Même dans notre enfance, nous avions conscience que les autres enfants étaient différents. Nous avons vu et vécu la discrimination. Nous fûmes témoins de cette intolérance envers la différence. Nous avons partagé nos existences avec nos épouses : Hrant avec sa chère Rakel, moi avec ma Zabel et Yervant avec sa Haygan. Nous avons grandi avec nos enfants ; nous avons transformé nos douleurs en bonheurs, nos pauvretés en richesses, et nos espoirs en éternité. Nous avons lutté ensemble pour être sûrs que nos enfants avec tous les enfants du monde ne vivraient pas les douleurs et les épreuves dont nous avions fait l’expérience. Nous n’avons pas oublié tous ces rires avec tous les gens qui nous entouraient et les joies que nous partagions avec le monde. Le 19 janvier une balle a brisé notre bonheur et notre famille que nous avions construit avec tant d’efforts de larmes de joies et d’espoirs. Le 19 janvier une fois de plus nous avons compris que nous n’appartenions ni à l’humanité ni à cette terre. Mon frère savait que nos ancêtres étaient nés sur cette terre l’avaient travaillé avec difficultés transformant ses raisins en pectine, ses jus de grappes en vin, son blé en pain, son argile en poteries, son cuivre en aiguières, son fer et qu’ils adoraient cette terre qu’ils la caressaient de leurs mains, qu’ils la sentaient avec leurs nez. Je sais qu’il pensait à tous ces hommes qui vécurent et vivent ici actuellement partageant les mêmes peines avec tous leurs bonheurs toutes leurs tristesses et tous leurs espoirs qui se lient l’un à l’autre. Après l’assassinat de mon frère, les gens s’attendaient à ce que nous prenions peur et que nous quittions ce pays. Et pour certains pour qui cela n’était pas suffisant, ils firent tout leur possible pour nous contraindre à fuir. Certaines des menaces que nous avons reçues figurent au dossier du procès. Mais ils ne peuvent pas comprendre, ils ne perçoivent rien. Comme tous les gens nés sur ces terres, nous sommes nés ici et nous avons grandi ici, nous avons mélé nos chagrins et nos espoirs avec le peuple de cette terre. Bref nous sommes nés ici et nous mourrons ici. Hrant, avec toutes les opportunités qu’il a eus, n’a pas quitté ce pays, il n’a pas abandonné ses amis. C’est cela qui nous importe. Ce procès, qui va commencer aujourd’hui, marquera un jour nouveau pour la Turquie, si la vérité en sort. En fait, ce procès est celui du rôle de la loi contre ces gens qui rendent la justice au nom de leurs propres intérêts et bénéfices. Autrement dit ce sera entre ceux qui croient au rôle de la loi et ceux qui disent « C’est nous la loi, c’est nous l’Etat ! ». Nous n’avons ni à gagner ni à perdre dans ce procès. Le bien aimé que nous avons perdu ne reviendra pas et nos vies n’en seront pas meilleures. Par essence c’est vous qui êtes concerné par cette affaire. D’un côté, il y a la justice et de l’autre une organisation qui s’estime au-dessus de l’Etat, ne respecte pas la loi et le prouve par ses actes et ses éxécutions. Du fond du monde de l’enfer ces gens-là peuvent décider qui vivra ou qui mourra ; ils sont le juge et le bourreau. Dans une telle situation, nous, vous, et même aucun enfant, aucun d’entre nous n’est en sécurité. La question essentielle à laquelle nous devons répondre est celle-ci : que va faire la justice contre ce pouvoir qui peut disposer du droit à la vie d’un citoyen arménien et qui peut tuer un juge dans son propre tribunal ? Il existe des structures similaires dans tous les pays où elles trouvent un soutien à l’intérieur des institutions de l’Etat. Mais ces pays ont pu être ramenés de l’enfer à la lumière en détruisant ces structures grâce à la croyance dans la justice et grâce à de braves juges. Ce procès représente une chance de faire de même. Nous croyons qu’il existe ce genre de braves juges dans notre pays aussi. Le peuple leur apportera toute l’aide dont ils auront besoin. Un dernier mot ? Le droit à la vie pour chaque citoyen de Turquie est sacré et placé sous la protection de l’Etat. Et ce sera la Turquie elle-même qui saura si elle a vaincu ou perdu à la fin de ce procès.
 
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