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Jean-Philippe Maître, grand ami des Arméniens, nous a quitté

 
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Sarkis
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 PostPosted: Wed Feb 01, 2006 4:17 pm    Post subject: Jean-Philippe Maître, grand ami des Arméniens, nous a quitté Reply with quote Back to top

Un grand ami des Arméniens vient de nous quitter

Jean-Philippe Maître était une personnalité très éclectique, d'une très rare intelligence et capable d'un grand courage dans les moments cruciaux. Distingué pour sa dignité et ses compétences, depuis 1983 il était député au Conseil national, dont il a relevé la présidence en décembre 2004. Entre 1985 et 1997 il avait occupé le poste du Chef du Département de l'Economie publique du Canton de Genève. Entre 1992 et 1997 il avait assumé la charge de Président du Conseil d'Etat genevois.

Avec Angéline Fankhauser, Jean-Claude Vaudroz, Patrice Mugny, Ruth-Gaby Vermot-Mangold, Claude Ruey, Franco Cavalli, Jean-Nils de Dardel et Joseph Zisyadis d'abord et Dominique de Buman et Ueli Leuenberger ensuite, il a été un des moteurs principaux qui a oeuvré acharnement pour la reconnaissance officielle de la Suisse du génocide des Arméniens, survenue finalement le 16 décembre 2003.

Le peuple arménien et le monde des "justes" subissent aujourd'hui une grave perte.

Nous transmettons à toute sa famille, en particulier à sa femme et à ses fils, ainsi qu'au parti pour le quel il s'était autant engagé et il avait autant donné, le Parti Démocrate-Chrétien, nos condoléances et nos sentiments les plus sincères.

Sarkis Shahinian et Andreas Dreisiebner
Co-Présidents de L'Association Suisse-Arménie
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Le dernier discours de Jean-Philippe Maître au Conseil national, le 28 février 2005

Je déclare ouverte cette session de printemps 2005.
Monsieur le président de la Confédération, Monsieur le conseiller fédéral, Monsieur le président du Conseil des Etats, Madame la chancelière de la Confédération, mes chers collègues,
Lorsque, au premier jour de la session d'hiver 2004, vous m'avez fait la joie et l'honneur de me porter à la présidence de notre conseil, la seule chose à laquelle je ne pensais vraiment pas est qu'il me faudrait remettre ce mandat à l'ouverture de cette session de printemps. Quelques semaines seulement, alors que je me réjouissais de servir pour une belle année!
Ma foi, le philosophe Epicure disait: "Celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien." Alors je cherche à m'inspirer de cette tonique sagesse. Car les faits sont là, à la survenance desquels on ne peut rien changer.
Sans rendez-vous, la vie vous rappelle à la modestie et peut, tout soudain, vous inviter à donner votre énergie pour d'autres combats que ceux que vous avez menés jusqu'ici. C'est ce que je fais, avec la conviction voulue, et cela me conduit à prendre congé de notre Parlement.
Je sais que la disponibilité des vice-présidents, Claude Janiak et Christine Egerszegi, celle du président du Conseil des Etats, Bruno Frick, ainsi que l'engagement des Services du Parlement, dirigés avec compétence par notre secrétaire générale Mariangela Wallimann, m'auraient permis d'assumer une partie des charges qui m'étaient dévolues cette année. Je le sais parce que j'ai pu le vérifier depuis le mois de janvier, ce qui me vaut ici de leur dire mes sentiments de très profonde gratitude. Mais poursuivre une présidence qu'on ne pourra pas exercer à fond, pendant toute la durée prévue, serait à mes yeux manquer de respect à votre égard, à l'égard de mon groupe parlementaire et à l'égard de l'institution. Voilà pourquoi j'ai décidé de renoncer à ce mandat.
C'est ce même sentiment de respect qui me conduit depuis cette place à vous dire au revoir aujourd'hui. Quels que soient nos accords ou nos divergences d'idées, quels qu'aient été nos appartenances, nos alliances ou nos affrontements politiques, la moindre des choses est que je ne file pas à l'anglaise et que je vous dise donc merci de vive voix. Merci pour toutes ces années de travail où j'ai eu la chance, avec vous, d'approfondir de nombreux sujets, parfois de contribuer à l'émergence de solutions sur plusieurs dossiers qui m'ont passionné, notamment sur le plan économique, fiscal, des affaires extérieures ou de la politique institutionnelle. Merci de m'avoir permis de présider la Commission de politique extérieure, puis celle de l'économie et des redevances.
Un merci tout particulier à mon groupe parlementaire avec lequel, notamment comme président, j'ai vécu des heures intenses au service des valeurs de liberté, de responsabilité et de solidarité, pour autant qu'on ne veuille pas les opposer - ce que suggère, hélas, la mode actuelle de la polarisation politique -, mais au contraire les décliner ensemble comme un tout indissociable. Ces valeurs de liberté, de responsabilité et de solidarité donnent à notre société une perspective d'équilibre: c'est-à-dire une chance réelle de replacer l'être humain au centre de toutes les préoccupations et de toutes les ambitions.
Je dis enfin, du fond du coeur, ma gratitude pour la réelle amitié entretenue avec plusieurs d'entre vous, ce qui montre bien que la politique est aussi l'art de vivre des rapports humains de qualité.
Je termine sur une réflexion toute personnelle et concrète dont je prends la liberté de tirer un enseignement politique. Je n'avais jusqu'ici jamais eu de problème de santé. Inconsciemment, parce que le contraire eût été arrogant ou cynique, j'imaginais que la maladie était ce qui pouvait n'arriver qu'aux autres. La veille de Noël m'a appris l'inattendue fragilité des choses: rien n'est jamais acquis.
Il en va de même pour notre pays. Certes nous avons en comparaison internationale une situation enviable, notamment sur le plan économique et sur le plan social. Cette situation est pour une bonne part due aux mérites propres de la Suisse et il n'y a pas à en rougir. D'aucuns seront tentés d'en déduire qu'en continuant ainsi, sans rien changer, alors que des réformes s'imposent, nous préserverons aisément nos standards. Ils n'ont sans doute pas encore vu que plusieurs pays - y compris ceux pour lesquels certains commentateurs avaient jusqu'ici une sorte de condescendance - nous rattrapent pas à pas. Et surtout, ils ne voient pas que nous vivons dans un monde qui a profondément changé: le monde de l'interdépendance. Dès lors, refuser de participer d'une manière ou d'une autre aux réseaux et aux ensembles qui ont pour vocation de coopérer et de construire sur le plan économique, social, culturel et politique revient à terme à fragiliser notre pays.
Nous aurons en cette année 2005 deux scrutins populaires qui portent sur le thème de l'interdépendance. Je souhaite ardemment que le peuple suisse, en soutenant ce qui est proposé par le Conseil fédéral et par le Parlement, se souvienne que, comme en matière de santé, rien n'est jamais définitivement acquis, que des situations jusqu'ici solides peuvent rapidement devenir incertaines; plus concrètement, que notre pays, qui tire une part essentielle de son niveau de vie de son aptitude à coopérer avec les autres Etats, et en particulier avec ceux de l'Union européenne, ne choisisse pas la voie qui isole. Il ne faut pas se laisser séduire par l'attitude paradoxale d'une fierté mal placée, qui, à l'opposé du patriotisme, n'exprime que la crainte d'affronter l'avenir.
Voilà, je vous dis au revoir. Nombreux sont parmi vous celles et ceux qui savent que cet au revoir est accompagné d'un sentiment d'affectueuse estime. Je passe le témoin à Monsieur le vice-président Claude Janiak. Merci.
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Sarkis Shahinian


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Sarkis
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 PostPosted: Thu Feb 02, 2006 12:19 pm    Post subject: Jean-Philippe Maitre, l'intelligence et l'éthique Reply with quote Back to top

Jean-Philippe Maitre, l'intelligence et l'éthique

Le conseiller national libéral genevois Jacques-Simon Eggly rend hommage à Jean-Philippe Maitre.

Jacques-Simon Eggly, conseiller national

Le Temps, 2 février 2006


En octobre 1983, nous fûmes élus, Jean-Philippe Maitre et moi, au Conseil national. Dès décembre 2003, réélus une nouvelle fois tous deux, nous avons partagé le titre officieux de doyens de fonction du Conseil national. Cela fait une longue route de politique fédérale en commun, et offre le temps de prendre, sous un certain angle en tout cas, la mesure d'un homme. Si d'autres circonstances s'étaient présentées, dans l'alchimie électorale bernoise compliquée, Jean-Philippe Maitre aurait été conseiller fédéral. Il jouait placé; mais l'ouverture manqua. Pour lui, la consécration parlementaire fut donc son élection à la présidence du Conseil national, en novembre 2004. Il présida comme on s'y attendait, c'est-à-dire parfaitement, sa première session qui vit la ratification des accords bilatéraux avec l'Union européenne. Et puis ce fut l'annonce, stupéfiante, de sa maladie et sa démission bouleversante, exemplaire début mars 2005. Il m'a laissé seul doyen de fonction, lui nettement plus jeune. Le destin, parfois, vous étourdit et vous laisse très songeur.

Durant de longues années, Jean-Philippe Maitre a cumulé ses mandats de conseiller national et de conseiller d'Etat. Etait-ce trop? Il lui a fallu énormément d'énergie, d'engagement de conscience du rôle qu'il jouait au sein du PDC genevois et suisse. PDC, il l'était dans son inspiration et son attitude; ce qui lui a parfois attiré des piques de chansonniers. Mais ses collègues du Conseil d'Etat ne s'y sont jamais trompés. Recherchant, certes, des voies de consensus quand il en voyait la possibilité, il était d'une fermeté sans faille pour les décisions importantes du Collège exécutif et d'une loyauté continue envers l'Entente PDC-libérale-radicale quant à l'essentiel.

C'est sur la scène fédérale que je l'ai suivi de plus près. Il a été un parlementaire de grande influence. Il a notamment présidé l'importante commission de l'économie. Il a présidé le Groupe PDC aux Chambres. En 1999, son Groupe et son parti lui ont dû largement l'opération habile qui a sauvé pour cinq ans les deux sièges PDC au Conseil fédéral. Constamment attentif aux intérêts de Genève, proche du Gouvernement, il a su défendre avec efficacité les intérêts du canton chaque fois qu'il le fallait, tout en affirmant la solidarité confédérale.

Mais il arrive que les événements douloureux fassent éclater au grand jour ce que l'on savait déjà. Jean-Philippe Maitre réunissait dans sa personne l'intelligence, l'énergie et la rectitude, le sens de l'éthique. Son élégance sans apprêts n'était pas que d'apparence. Elle exprimait sa tenue intérieure. Tolérant envers autrui, ne jugeant pas les manières de vivre, il incarnait complètement sa tradition chrétienne: attachement à ses valeurs morales, conjugales, familiales; probité absolue dans sa vie publique; exemplarité sans ostentation de tout son comportement. Tout cela l'a amené naturellement à cette attitude impressionnante devant la maladie. Son discours de démission devant le Conseil national a été un moment poignant. Soudain, la politique touchait au meilleur de l'humain.

Il lui restait à espérer, dans sa lutte courageuse contre le mal; puis à accepter, dans une foi religieuse inébranlable, aux côtés de sa mère, de ses enfants et petits-enfants, et, surtout, d'une femme admirable: la femme de sa vie depuis l'adolescence.

Jean-Philippe, tu as été pour Genève, pour ton pays et pour les tiens l'honneur de la politique, l'honneur de vivre. Merci d'avoir été toi parmi nous.
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Sarkis Shahinian
 
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Sarkis
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 PostPosted: Tue Feb 07, 2006 11:13 am    Post subject: Reply with quote Back to top

1. Februar 2006 21:56

Ex-Nationalratspräsident Jean-Philippe Maitre gestorben


GENF - Jean-Philippe Maitre ist tot. Der ehemalige Präsident des Nationalrats ist im Alter von 56 Jahren gestorben. Dies teilte der Genfer Regierungspräsident Pierre-François Unger mit. Maitre litt an einem Gehirntumor.

Wegen der Krankheit hatte sich Maitre im Februar 2005 gezwungen gesehen, sein Nationalratsmandat abzugeben. Vor dem Parlament hielt er damals eine ergreifende Abschiedsrede; sein Gesicht war bereits gezeichnet von der Krankheit.

Mit grosser Betroffenheit nahm die CVP Kenntnis vom Tod Maitres. Die Partei trauere um einen hervorragenden Politiker und einen guten Freund, heisst es in einem Communiqué

Jean Philippe Maitre sei ein Politiker mit Leidenschaft gewesen. Er habe sich innerhalb der Partei, in der Fraktion und über die Parteigrenzen hinaus grossen Respekt verschafft durch eine Politik, die sich durch hohe Sachkenntnis, Fachkompetenz, Geschick und Gespür ausgezeichnet habe.

Krankheit und Tod machten vor niemandem Halt, sagte Bundespräsident Moritz Leuenberger gegenüber der Tagesschau des Schweizer Fernsehens. Würden sich die politischen Akteuere dies in ihren Streitigkeiten vor Augen halten, würde manches Polittheater unnütz.

"Wir verlieren einen Politiker, der ein Vorbild für die CVP und für mich war", erklärte Parteipräsidentin Doris Leuthard in der Sendung "Forums" des Westschweizer Radios. In derselben Sendung erklärte CVP-Bundesrat Joseph Deiss, die Schweiz verliere einen Politiker, dem viele Leute zugehört hätten.

In seinem Bemühen um Konsens und Zusammenhalt sei Maitre ein typisch schweizerischer Politiker gewesen, sagte Dominique de Buman, Vizepräsident der CVP Schweiz. Seine Bemühen um Abwägung der Interessen habe ihn zu einem Staatsmann und nicht zu einem Politiker gemacht.

Die Genfer CVP schrieb, der ganze Kanton weine wegen des Verschwindens einer markanten Persönlichkeit aus dem kantonalen und nationalen politischen Leben. Der Genfer Regierungspräsident Pierre-François Unger sagte gegenüber der Nachrichtenagentur SDA, Genf verliere einen vorbildlichen Politiker. "Und ich verliere einen Freund."

Maitre, der am 18. Juni 1949 in Genf zur Welt kam, ist verheiratet und Vater dreier Kinder. Der Trauergottesdienst findet am kommenden Samstag in der Genfer Kirche St-Joseph statt.


SDA-ATS
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Sarkis Shahinian
 
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