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Un rappel aux violences de Valence (27 novembre 2004)

 
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Sarkis
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 PostPosted: Fri May 20, 2005 10:28 am    Post subject: Un rappel aux violences de Valence (27 novembre 2004) Reply with quote Back to top

20041117_AFP_Valence.html

PARIS, 28 nov 2004 (AFP)
Des Arméniens s'inquiètent de la Turquie dans l'UE après une rixe à Valence

Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France
(CCOAF) a estimé que "l'agression raciste" dont ont été victimes samedi
à Valence des jeunes Français d'origine arménienne illustrait les
"risques" d'une entrée de la Turquie dans l'Union européenne (UE).
"Cette agression préméditée qui intervient au coeur de la France à trois
semaines du sommet du 17 décembre à Bruxelles où les chefs d'Etat
devront décider de l'ouverture des négociations pour l'adhésion turque
représente un avant-goût, hélas, des risques liés à l'entrée d'une
Turquie négationniste du génocide arménien en Europe", a déclaré le
CCOAF dans un communiqué reçu dimanche. "Nous demandons au président de
la République de se faire le relais le 17 décembre à Bruxelles de l'avis
de l'ensemble des forces politiques françaises qui considère qu'une
Turquie négationniste n'a pas sa place dans l'Europe", poursuit le
texte. L'organisation demande également aux pouvoirs publics "de faire
diligence pour que les auteurs de ces agressions soient traduits devant
les tribunaux" et s'interroge : "les fils des rescapés du génocide
arménien sont-ils toujours en sécurité dans leur pays d'adoption?". Une
rixe, qualifiée par des organisations arméniennes d'"agression raciste",
a opposé samedi à Valence des membres de ces associations militant
contre une entrée de la Turquie dans l'UE à des jeunes d'origine turque,
a-t-on appris auprès de la police et d'associations. La police a indiqué
que cette "rixe sur la voie publique" avait fait quatre blessés légers
et n'avait donné lieu à aucune arrestation. Le président de la
coordination des organisations arméniennes de Drôme-Ardèche Robert
Tafankejian, qui faisait signer une pétition contre l'adhésion de la
Turquie à l'Union européenne dans le centre de Valence avec quatre
autres personnes, a indiqué à l'AFP qu'une vingtaine de jeunes d'origine
turque les avait agressés.


_________________________
20041117a_AFP_Valence.html

LYON, 27 nov 2004 (AFP)
Violences entre membres d'associations arméniennes et jeunes d'origine
turque

Une rixe, qualifiée par des organisations arméniennes d'"agression
raciste", a opposé samedi à Valence des membres de ces associations
militant contre une entrée de la Turquie dans l'UE à des jeunes
d'origine turque, a-t-on appris auprès de la police et d'associations.
La police a indiqué que cette "rixe sur la voie publique" avait fait
quatre blessés légers et n'avait donné lieu à aucune interpellation. Le
président de la coordination des organisations arméniennes de
Drôme-Ardèche, Robert Tafankejian, qui faisait signer une pétition
contre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, dans le centre de
Valence, avec quatre autres personnes, a indiqué à l'AFP qu'une
vingtaine de jeunes d'origine turque les avaient agressés. "Ils ont
commencé à nous jeter des bouteilles en verre et sont venus nous taper,
en nous lançant des injures racistes", a-t-il déclaré, précisant que
lui-même et ses quatre compagnons avaient fait un passage à l'hôpital
pour des traumatismes crâniens, un nez cassé et divers hématomes. Il a
indiqué s'être rendu au commissariat pour déposer plainte. "On est
profondément choqués, indignés par ce qui s'est passé. C'est une
agression raciste, c'est la reproduction d'une tradition qu'on espérait
ne plus voir se reproduire", a estimé le président du Conseil de
coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), Ara Toranian.
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Sarkis Shahinian


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 PostPosted: Fri May 20, 2005 10:32 am    Post subject: Communiquö de presse de l'ASA Reply with quote Back to top

30 novembre 2004 | Association Suisse-Arménie | Berne

Communiqué de presse

Grave aggression raciste contre les Arméniens de France

Samedi 27 novembre 2004, à 16 h 30, des citoyens français d'origine arménienne du Comité de Coordination des Associations Arméniennes de France ont été victimes, à Valence, d'une aggression préméditée alors qu'ils faisaient circuler une pétition demandant que la reconnaissance du génocide arménien figure dans les critères d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne. L'aggression a été portée par une vingtaine de jeunes d'origine turque. À la suite de cette aggression, quatre français d'origine arménienne ont dû être hospitalisés pour des fractures multiples et des traumatismes crâniens. La police française a fait preuve d'une préoccupante passivité.

Cet acte intervient quelques mois avant le 90è anniversaire du génocide des Arméniens, le 24 avril 2005, qui sera commémoré solennellement dans le monde entier, notamment en France et en Suisse.

Le manque d'instruction des jeunes turcs quant à la réalité historique du génocide par l?empire ottoman est certainement une des causes de cette dérive nationaliste. Le manque de cohérence du législateur français en est une autre. La reconnaissance seule du génocide par la France en janvier 2001 ne suffit pas, il faut que cette loi soit accompagnée d'une instruction intégrée dans le programme scolaire obligatoire et d'une loi interdisant formellement toute forme de négationnisme. La Suisse possède déjà une telle loi (article 261bis du code pénal interdit de nier, de minimiser grossièrement ou de justifier un génocide). Malheureusement, depuis l'adoption de cet article, de trop nombreux cas de négation du génocide arménien en Suisse sont à signaler.Il reste donc à la Suisse à développer un programme d'instruction qui permette de prévenir de tels actes.

L'Association Suisse-Arménie, profondément touchée et scandalisée par cet acte d'une violence inouïe, condamne fermement cette aggression à l'encontre de citoyens français exerçant simplement leurs droits civils.

L'ASA prend acte de l'attitude contradictoire du gouvernement français qui, ayant reconnu le génocide arménien, ne condamne pas le négationnisme de ce génocide sur son territoire.

L'ASA souhaite que les autorités et la presse des deux pays prennent au sérieux l'existence de courants négationnistes violents et veillent à ce que de tels crimes soient poursuivis et condamnés avec la plus grande sévérité.

Enfin, les députés français étant signataires de la déclaration du 18 juin 1987, dans laquelle l'Union européenne estimait que le refus de l?actuel gouvernement turc de reconnaître le génocide arménien constitue un obstacle incontournable à l?examen d?une éventuelle adhésion de la Turquie à l'UE, il nous paraît fondamental que le gouvernement français, le président de la République ainsi que l'ensemble des partis politiques français condamnent fermement cette aggression et posent comme condition préalable à toute négotiation d'adhésion de la Turquie à l'EU ? lors du prochain sommet du Conseil Européen les 16 et 17 décembre à Bruxelles ? la reconnaissance formelle du génocide des Arméniens commis au début du vingtième siècle.

Andreas Dreisiebner
Sarkis Shahinian
Co-présidents de l'Association Suisse-Arménie

Pour plus d'informations, veuillez consulter les communiqués antérieurs

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 PostPosted: Fri May 20, 2005 4:25 pm    Post subject: Re: Un rappel aux violences de Valence (27 novembre 2004) Reply with quote Back to top

Sarkis wrote:
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PARIS, 28 nov 2004 (AFP)
Des Arméniens s'inquiètent de la Turquie dans l'UE après une rixe à Valence

Le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France
(CCOAF) a estimé que "l'agression raciste" dont ont été victimes samedi
à Valence des jeunes Français d'origine arménienne illustrait les
"risques" d'une entrée de la Turquie dans l'Union européenne (UE).
"Cette agression préméditée qui intervient au coeur de la France à trois
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représente un avant-goût, hélas, des risques liés à l'entrée d'une
Turquie négationniste du génocide arménien en Europe", a déclaré le
CCOAF dans un communiqué reçu dimanche. "Nous demandons au président de
la République de se faire le relais le 17 décembre à Bruxelles de l'avis
de l'ensemble des forces politiques françaises qui considère qu'une
Turquie négationniste n'a pas sa place dans l'Europe", poursuit le
texte. L'organisation demande également aux pouvoirs publics "de faire
diligence pour que les auteurs de ces agressions soient traduits devant
les tribunaux" et s'interroge : "les fils des rescapés du génocide
arménien sont-ils toujours en sécurité dans leur pays d'adoption?". Une
rixe, qualifiée par des organisations arméniennes d'"agression raciste",
a opposé samedi à Valence des membres de ces associations militant
contre une entrée de la Turquie dans l'UE à des jeunes d'origine turque,
a-t-on appris auprès de la police et d'associations. La police a indiqué
que cette "rixe sur la voie publique" avait fait quatre blessés légers
et n'avait donné lieu à aucune arrestation. Le président de la
coordination des organisations arméniennes de Drôme-Ardèche Robert
Tafankejian, qui faisait signer une pétition contre l'adhésion de la
Turquie à l'Union européenne dans le centre de Valence avec quatre
autres personnes, a indiqué à l'AFP qu'une vingtaine de jeunes d'origine
turque les avait agressés.


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LYON, 27 nov 2004 (AFP)
Violences entre membres d'associations arméniennes et jeunes d'origine
turque

Une rixe, qualifiée par des organisations arméniennes d'"agression
raciste", a opposé samedi à Valence des membres de ces associations
militant contre une entrée de la Turquie dans l'UE à des jeunes
d'origine turque, a-t-on appris auprès de la police et d'associations.
La police a indiqué que cette "rixe sur la voie publique" avait fait
quatre blessés légers et n'avait donné lieu à aucune interpellation. Le
président de la coordination des organisations arméniennes de
Drôme-Ardèche, Robert Tafankejian, qui faisait signer une pétition
contre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, dans le centre de
Valence, avec quatre autres personnes, a indiqué à l'AFP qu'une
vingtaine de jeunes d'origine turque les avaient agressés. "Ils ont
commencé à nous jeter des bouteilles en verre et sont venus nous taper,
en nous lançant des injures racistes", a-t-il déclaré, précisant que
lui-même et ses quatre compagnons avaient fait un passage à l'hôpital
pour des traumatismes crâniens, un nez cassé et divers hématomes. Il a
indiqué s'être rendu au commissariat pour déposer plainte. "On est
profondément choqués, indignés par ce qui s'est passé. C'est une
agression raciste, c'est la reproduction d'une tradition qu'on espérait
ne plus voir se reproduire", a estimé le président du Conseil de
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 PostPosted: Sat Nov 18, 2006 8:47 am    Post subject: Reply with quote Back to top

Quote:


Procès de Valence : Une salle d'audience pleine

Publié le : 11-11-2006

par Isabelle Marilier

Le 27 novembre 2004, à Valence, des citoyens d’origine arménienne tenaient des stands pour exprimer leur opinion sur l’éventuelle ouverture des négociations pour l’entrée de la Turquie en Europe. Ils distribuaient des tracts et faisaient signer des pétitions aux passants quand un groupe de jeunes, d’origine turque s’en prit à eux violemment. (cf. l’article et les photos de la manifestation de soutien à Marseille)

Le 20 septembre 2006, se tenait à huis clos, le procès au tribunal correctionnel de Valence, de deux jeunes mineurs turcs qui avaient participé à cette agression. La sentence fut d'un euro symbolique et de 100 euros pour les frais d'avocat.

Ce matin du 10 novembre 2006 dans ce même tribunal, comparaissaient les adultes, en l'occurrence trois jeunes hommes de 20 à 23 ans.

Dans la salle des pas perdus, 40 à 50 personnes discutaient, faute de place dans une salle d’audience bondée.

Il faut noter que plusieurs rangées étaient occupées par des élèves du Collège Ste Anne de Valence. Des gamins de 4e qui venaient ainsi apprendre sur le vif comment se déroulait un procès, et qui bénéficièrent, à un moment de la plaidoirie, d'une petite leçon d’histoire.

Quand tout le monde prit place, à savoir les avocats de la partie civile (Me Gérard Tcholakian du barreau de Paris et Me Philippe Tatiguian du barreau de Valence, l'avocat de la défense venu de Lyon, ainsi que la presse locale, le Président du Tribunal énonça les pièces qui constituaient le dossier.

La première intervention fut celle de Me Philippe Tatiguian, suivie de celle de Me Gérard Tcholakian.

Celui-ci était déjà intervenu au préalable, lorsque l’un des prévenus avait dit que le tract diffusé était injurieux et provocateur, notamment lorsque l’on présentait Talaat Pacha comme le Hitler Turc. En lui demandant : Pouvez-vous nous dire qui était Talaat Pacha ? , Me Gérard Tcholakian mit dans l’embarras le jeune homme ainsi que les co-accusés. C’est le Président du Tribunal qui vint à leur secours en leur disant qu’ils avaient la possibilité de dire :Je ne réponds pas à cette question . Le seul argument développé plusieurs fois par ces personnes fut que les Arméniens n’avaient pas l’autorisation pour distribuer les tracts .

Lors de sa plaidoirie, Me Tcholakian déclara On n’arrive plus à communiquer, à débattre, à échanger des idées…Sur le plan juridique les choses sont simples, art 22/13 « violence en réunions, 121/7 du code pénal s’ils ne sont pas auteurs, ils sont complices les uns des autres, ils étaient en groupe ce jour là. Je défends à Paris, en correctionnelle des jeunes qui ont fait des bêtises, et souvent on lit dans leur dossier qu’ils sont inquiets parce que c’est la première fois qu’ils passent au tribunal. Or, ce matin ces jeunes n’ont pas de sentiments d’inquiétude, j’ai vu même des rictus à un certain moment et pourquoi pas des sourires. Les deux ans de procédure n’ont pas servi à grand chose…. Notre intérêt à tous, c’est qu’au sortir d’une salle d’audience, lieu de démocratie absolue, celui où la parole est donnée à tous, au sortir de cette salle, les enseignements devant les policiers, juge, procureur servent de leçon. Ce n’est pas ce qui se passe ici et les applaudissements sont significatifs d’un comportement…. Ici, ce n’est pas la tribune de PSG où l’on vient supporter une équipe de foot. Vous devez apprendre le débat d’idées, vous pouvez contrecarrer les arguments avancés. Pourquoi n’avez vous pas fait un tract plutôt que d’user de la violence. C’est cela la liberté d’expression ….Passons sur le problème de l’autorisation, tous les jours en France, tous les jours des associations distribuent des tracts. Par exemple pour les Sans papiers des militants associatifs qui défendent des compatriotes turcs et arméniens sans papiers, distribuent des tracts contre les mesures prises par le ministre de l’Intérieur, est-ce que vous accepteriez que des gens viennent leur casser la figure ? C’est la liberté d’expression. C’est ça l’enseignement à tirer… il faut développer un débat d’idées – dites qui est Talaat Pacha – vous ne le savez pas on ne vous l’a pas appris – Cela fait un quart de siècle que je me bats pour la liberté d’expression, dans tous les pays du monde y compris en Turquie et y compris en Arménie …

Quel que soit leurs origines il faut accepter le débat d’idées – la violence ne sert à rien – elle ne fait pas progresser le monde – le tract diffusée ne comporte pas de la haine –Je suis partisan pour que la Turquie soit dans l’UE, mais une Turquie qui entre par le haut, une Turquie où l’on puisse débattre, où les minorités puissent s’exprimer, où l’on ne va pas en prison pour les idées que l’on développe, là dessus nous pouvons être d’accord, c’est le même combat, c’est celui de la liberté d’expression. Il n’y a pas de la haine à l’égard de la Turquie et du peuple turc. Si je suis là, si certains sont là, si à Valence la communauté arménienne existe, s’il y a des Arméniens en Argentine, en Europe, partout dans le monde, c’est pas le hasard des choses.

Il s’est passé des choses au siècle dernier, vous n’en êtes pas responsables, mais il s’est passé des choses. Ce n’est pas pour des raisons économiques si ma mère, ma grand mère ont quitté le pays, leur pays. Monsieur le Président vous devez trouver un juste équilibre, dans l’intérêt des garçons, qui paraissent au tribunal pour la première fois, qui n’ont pas compris au bout de 24 mois que ce qu’ils ont fait n’était pas acceptable, il faut penser aussi à ceux qui derrière les propos sont les victimes…. lourdement

Il n’est pas simple pour les 2e et 3e générations sur cette terre de France d’entendre le seul négationnisme d’Etat qui existe, car c’est le seul qui soit entretenu par un Etat – Shoah est mise en cause par des individus – les autres génocides ne sont pas défendus par un Etat… et nos compatriotes turcs en France doivent le reconnaître [le génocide], comme des intellectuels en Turquie sont en train de le reconnaître…….…


Le Procureur rappelle que ces faits remontent à 2 ans et qu’ il s’agissait d’une rixe commise entre les ressortissants de deux communautés opposées par l’histoire, la culture, le poids du passé. Cette affaire à l’époque avait été trop médiatisée et cela au plus haut niveau et ce matin tout autant par la présence massive du public (présence légitime puisque publique), il est normal que de part et d’autre chacun puisse suivre les débats. Il faut ramener l’affaire à ces justes proportions pénales … Aller vers un apaisement des tensions, des pressions….

La violence doit être combattue quel que soit le mobile qui ait pu poussé le passage à l’acte. Il convient de stigmatiser la violence, car la justice n’a pas à dire le droit, pardon, l’histoire, l’histoire doit se débattre dans d’autres instances. Nous sommes en présence d’une affaire symbolique, mais d’une symbolique d’importance. Pour rejoindre le souci d’apaisement souhaité par la partie civile, nous demanderons une peine symbolique au fin de rappeler qu'il y a des actes que l’on ne commet pas, sauf à enfreindre la loi et à en supporter les conséquences .

Peine d’emprisonnement avec sursis, sursis simple pour faire réfléchir dans l’avenir ceux qui ont enfreint la loi, car vous avez enfreint la loi dans un contexte inutile d’une façon tapageuse. Cette peine de 4 à 6 mois sera assortie d’un sursis simple, en ce sens si vous ne réitérez les faits reprochés pendant 5 ans, cette peine pourra être révoquée. Ceci est le début d’une espèce de sagesse et ressentie par la communauté des victimes comme une peine de suffisance susceptible de vivre en paix… d'apaiser les uns et les autres par un comportement raisonnable, sage, serein, comportement sans lequel il n’existe aucune société normale. Il faut une cohabitation future tolérante, harmonieuse, respectueuse d’autrui, mais un respect réciproque … Exacerber les tensions n’est pas le but de la justice pénale.

Après que se fut exprimé l’avocat de la défense qui appuya son argumentaire uniquement sur les faits, sans avoir oublié au préalable de parler de cette loi adoptée dans des conditions particulières par l’Assemblée nationale le 12 octobre et non encore votée au Sénat et dont une grande partie de juristes se pose des questions ainsi que les historiens , le Président du Tribunal indiqua que le jugement serait rendu ultérieurement. Cette mesure de date fut prise sans doute pour éviter d’augmenter la tension que l’on sentait dans la salle.

Est-ce par hasard, coïncidence, ironie, toujours est-il que la sentence sera rendue le 15 décembre, jour où le Conseil Européen se réunira pour décider de son attitude sur la continuation ou non, la suspension ou non du suivi des critères d’adhésion de la Turquie dans l’UE.

A la sortie de l’audience, nous avons demandé à Robert T., l’une des victimes quelles étaient ses impressions :

D’abord il faut savoir, qu’au début nous avons eu la désagréable impression, que les autorités judiciaires ne voulaient pas faire de vague, auraient voulu classer l’affaire, qu’il fallait minimiser. C’est comme l’a dit le Procureur, une intervention au plus haut niveau, qui a un peu bousculé cet état de fait. Une instruction a donc été ouverte. Les agresseurs ont été identifiés sur une cassette vidéo. En effet, une personne qui habitait sur la place, voyant les évènements a décidé de les filmer, mais le temps qu’elle prenne son appareil, qu'elle revienne vers la fenêtre, l’agression était terminée. On ne voyait plus que cinq individus, très vindicatifs et menaçants. Je ressors de l’audience très mitigé.

Je n’ai pas trop aimé l’idée que le Procureur à un moment essayait de nous renvoyer dos à dos. Mais je voudrais féliciter et remercier pour leur travail nos deux avocats. Je pense qu’il y aura une peine d’emprisonnement avec sursis. Le fait qu’il y ait eu jugement en correctionnel est quand même satisfaisant, même si pour en arriver là, ce ne fut pas simple.


*


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 PostPosted: Sat Nov 18, 2006 8:48 am    Post subject: Reply with quote Back to top

Quote:


Accusés de l’attaque d’un stand arménien en novembre 2004
Procès des jeunes d’origine turque accusés de l’attaque d’un stand arménien à Valence : verdict le 15 décembre


vendredi 10 novembre 2006, Krikor Amirzayan/armenews




Ce matin -vendredi 10 novembre- le Tribunal correctionnel de Valence jugeait l’affaire des agresseurs d’origine turque qui avaient attaqué le 27 novembre 2004 sept Français d’origine arménienne devant un stand, tenu par quelques membres du Conseil de Coordination des Organisations arméniennes de Drôme-Ardèche, place de la Mairie de Valence. Trois jeunes Français d’origine turque comparaissaient à la barre, accusés de violence sur la voie publique et coups et blessures portées sur des personnes. Après la présentation des faits par le Président du Tribunal, les trois accusés qui ont reconnu être les auteurs de l’agression ont mis en avant le caractère « provocateur » des tracs distribués au stand. L’un d’eux, M. Ylmaz a dit « on ne peut pas comparer Talaat à Hitler » Me Gérard Tcholakian (barreau de Paris) et Me Philippe Tatiguian (barreau de Valence) ont tour à tour présenté les dossiers de la partie civile. « Monsieur Yilmaz, pouvez-vous nous dire qui était Talaat ? » a demandé Me Tcholakian à l’adresse du jeune Turc. « Je ne peux pas le dire ici, on ne fait pas de l’Histoire » a répliqué aussitôt l’accusé, provoquant les aplaudissement d’une dizaine de Turcs de salle. Ils ont été invités par la police à évacuer les lieux pour la sérénité de l’audience.
(JPEG)

Le président du Tribunal a fait remarquer à Me Tcholakian que le dossier présenté n’était pas de juger l’Histoire. Me Tcholakian a néanmoins sorti le tract en question et évoqué les conditions d’entrée de la Turquie en Europe dont la reconnaissance du génocide est l’une des conditions demandée par le Parlement européen de Strasbourg. « Nous n’avons rien contre vous, car vous êtes dans l’ignorance. Si nous appelons la Turquie à reconnaître la charge de son Histoire, c’est lui rendre service et la tirer vers le haut (...) aujourd’hui il y a en Turquie même des intellectuels qui évoquent le génocide arménien, nous devons les aider à diriger le pays vers la voie de la démocratie. C’est le prix de son entrée dans l’Europe à laquelle personnellement je suis favorable ! » a dit Me Tcholakian. Néanmoins regrettant que les deux années entre les faits et l’audience n’aient pas été l’occasion de « réaliser un travail de réflexion » pour ces jeunes d’origine turque, il a demandé des peines de quatre à six mois de prison dont une partie avec sursis. L’avocat des accusés a quant a lui assez maladroitement, écarté du dossier d’accusation l’Histoire et le négationnisme de l’Etat turc. Parlant « d’exagération médiatique », de « récupération » de l’affaire de la part de certains membres de la communauté arménienne, il minimisé les actes des accusés en demandant la peine minimale. Mis en délibéré, le verdict sera prononcé le 15 décembre.


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