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050923|24heures|La Turquie n’arrive pas à franchir le pas
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La Turquie n’arrive pas à franchir le pas

Génocide arménien

Une conférence historique, qui devait se tenir tout le week-end à l’Université du Bosphore d’Istanbul, a été ajournée pour la deuxième fois. Un mauvais signal à quelques jours du début officiel des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE.



istanbul Guillaume Perrier
Publié le 22 septembre 2005


Un tribunal d'Istanbul a ordonné jeudi la suspension de l'organisation d'une conférence universitaire controversée sur la question arménienne qui devait se tenir vendredi, ont affirmé à l'AFP des organisateurs de l'événement. L'événement, intitulé «Les Arméniens, Ottomans au temps du déclin de l'empire», avait déjà été programmé pour le mois de mai, avant d'être reporté sous la pression du ministre de la Justice, Cemil Cicek, qui avait accusé ses participants de «trahison».

Peut-on parler librement du génocide arménien en Turquie? Difficilement semble-t-il: une conférence historique qui devait se tenir tout le week-end à l'Université du Bosphore d'Istanbul, a en effet été ajournée.

Un tribunal administratif d'Istanbul a ordonné, hier soir, la suspension de cet événement qui devait accueillir, à partir de ce matin, de nombreux intellectuels turcs «progressistes». «Nous avons reçu une convocation et nos activités sont suspendues pour trente jours», a annoncé la sociologue Nükhet Sirman. La décision, critiquée par le premier ministre Erdogan, fait suite à une plainte, déposée par une obscure association: l'Union des juristes. Un moment historique pour la Turquie se préparait pourtant. La conférence devait donner lieu à un débat totalement inédit sur la question arménienne. Pour la première fois, historiens, sociologues, politologues et juristes, issus de la diaspora turque, ou enseignant en Turquie, venaient débattre librement du génocide arménien. «L'idée était vraiment de développer un discours alternatif aux thèses officielles turques sur la question», explique Jean-François Pérouse, chercheur à l'Institut français d'Etudes anatoliennes d'Istanbul.

A l'origine de l'initiative se trouve Halil Berktay, professeur d'histoire ottomane à l'Université Sabanci. Ses positions en faveur d'une reconnaissance du génocide lui ont souvent valu des campagnes de presse calomnieuses et des menaces. Tout comme son récent soutien à l'écrivain Orhan Pamuk.

Car tout le monde en Turquie ne l'entend pas de cette oreille. Toute la semaine, une partie de la presse turque s'est élevée contre l'organisation de ce colloque, intitulé «Les Arméniens, Ottomans d'un empire en déclin».

Le Parti des travailleurs de Dogu Perinçek (lire ci-contre) avait appelé à manifester devant les portes de l'université contre la tenue de cette réunion. «L'Etat profond n'est pas mort, constate Jean-François Pérouse. Il y a des forces qui résistent au changement. Et des comptes se règlent avec l'AKP (Parti de la justice et du développement, au pouvoir) qui était plutôt favorable à cette conférence.»

Mauvais signal pour l'Europe

Le ministre des Affaires étrangères, Abdullah Gül, avait même, un moment, annoncé sa présence le jour de l'ouverture. A quelques jours du 3 octobre, qui marque l'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, ce nouveau contretemps ne va pas aider la Turquie à montrer sa bonne volonté. D'autant que cette conférence sur la question arménienne avait déjà été annulée au mois de mai, sous la pression du ministre de la Justice et porte-parole du gouvernement, Cemil Cicek. Il avait alors qualifié l'initiative de «trahison» et de «coup de poignard dans le dos de la nation turque» et avait menacé de poursuites judiciaires, les organisateurs avaient préféré renoncer.

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