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Perinçek: Revue de Presse
 

050726|24Heures|Berne sensibilise Ankara au droit suisse
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Berne sensibilise Ankara au droit suisse

Turquie
La diplomatie turque proteste contre l’interrogatoire du politicien Dogu Perinçek.

Nicolas Verdan
Publié le 26 juillet 2005


[Photo] Dogu Perinçek, chef du Parti des travailleurs (ici à Lausanne), a qualifié à plusieurs reprises, et en public, le génocide arménien de «mensonge international»./Patrick Martin


» Les deux enquêtes pour violation de la norme pénale suisse contre le racisme contre Dogu Perinçek déplaisent à Ankara. Ce politicien a nié à plusieurs reprises le génocide arménien lors d'un bref passage en Suisse. Abdullah Gül, le ministre turc des Affaires étrangères, estime cette audition «contraire à la liberté d'expression.» Le Département fédéral des affaires étrangères répond en rappelant une nouvelle fois au Gouvernement turc qu'il doit «tenir compte de l'applicabilité de toutes les lois helvétiques.»

«Nous avons pris note avec étonnement des déclarations de protestation turques concernant les enquêtes sur les propos de Dogu Perinçek», déclare Ivo Sieber, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Venu commémorer en Suisse le 82e anniversaire du Traité de Lausanne de 1923, le chef du Parti des travailleurs (IP) a qualifié à plusieurs reprises, et en public, le génocide arménien de «mensonge international». Des propos négationnistes qui lui valent deux enquêtes pénales sur le dos, dans les cantons de Vaud et de Zurich.

Entendu plus de deux heures, samedi, par le juge d'instruction de Winterthour, le politicien turc n'a pas répondu à la convocation du juge vaudois. Pour Ankara, ces demandes d'auditions sont «inacceptables» et «contraires aux principes de la liberté d'opinion.»

A Berne, le DFAE a commencé par rappeler dimanche le principe de séparation des pouvoirs en vigueur en Suisse. Mais hier, la diplomatie suisse a demandé «aux représentants du Gouvernement turc de tenir compte de l'applicabilité de toutes les lois suisses dans cette affaire.» Ivo Sieber souligne aussi le fait que «si la liberté d'opinion est acquise en Suisse, toute personne qui tient des propos discriminatoires tombe sous le coup de l'article 261 bis du Code pénal.»

Autant judiciaire que politique, cette affaire fait pour l'instant peu de bruit chez les parlementaires suisses, qui ont pourtant reconnu le génocide arménien comme tel. Un seul d'entre eux, le Vert genevois Ueli Leuenberger, a annoncé dimanche soir qu'il allait interpeller le Conseil fédéral, en lui demandant «d'intervenir fermement auprès des autorités turques, en les invitant à faire cesser les actes de provocation sur le territoire helvétique.» Pour Ueli Leuenberger, coprésident du groupe parlementaire Suisse-Arménie, «ces actions ont été clairement orchestrées par des responsables politiques vivant en Turquie».

Le voyage de Joseph Deiss en Turquie
A la veille d'un voyage du conseiller fédéral Joseph Deiss en Turquie, prévu du 1er au 4 septembre, toujours pas confirmé, les remous concernant cette affaire de négationnisme ne sont pas les bienvenus. On se souvient de la récente crise diplomatique entre Berne et Ankara, suscitée par la visite en Suisse du professeur Halaçoglou, lui aussi négationniste.

Ueli Leuenberger va plus loin: «Nous avons invité des membres du Seco (Secrétariat d'Etat à l'économie) et du DFAE à participer à une table ronde économique sur les relations entre la Suisse et l'Arménie. Micheline Calmy-Rey était d'accord, Joseph Deiss s'y est opposé. On ne demandait pas forcément sa présence. Ils auraient pu au moins envoyer un délégué. Mais le Seco a trop peur de provoquer une crise d'urticaire chez les Turcs.» Le Seco motive son refus autrement: «L'Arménie n'est pas un pays cible pour notre coopération et nos investissements, explique Antje Baertschi, porte-parole. Nous sommes actifs en Asie centrale, mais avec l'Arménie, nous travaillons de manière indirecte. Notre refus est donc économique.»

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