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Perinçek: Revue de Presse
 

20060429 | 24 heures Région La Côte | devant un tribunal
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© 24 heures Région La Côte; 29.04.2006; page 25
Vaudoise, PHILIPPE MASPOLI


Le négationniste turc Dogu Perinçek renvoyé devant un tribunal



GÉNOCIDE ARMÉNIEN - La Justice vaudoise devra statuer en audience publique sur les propos tenus, notamment à Lausanne, par le nationaliste de gauche en été 2005.

Le juge d’instruction cantonal vaudois Jacques Antenen vient de rendre sa décision. Il renvoie le Turc Dogu Perinçek devant le Tribunal de police de l’arrondissement de Lausanne pour discrimination raciale, selon la norme antiraciste du Code pénal (art. 261 bis). La figure de proue du Parti des travailleurs risque six mois de prison au maximum, soit la limite de compétence de la cour dotée d’un juge unique qui devra prononcer le verdict. L’ordonnance est rendue par défaut, puisque Dogu Perinçek, reparti en Turquie après l’audience tenue dans le bureau lausannois du magistrat le 20 septembre dernier, n’a plus donné de ses nouvelles. Il s’était même séparé de son avocat zurichois.

A quatre reprises en été 2005, à Lausanne et en Suisse alémanique, Dogu Perinçek, dont le parti avait obtenu 0,51% des voix lors des dernières élections parlementaires en Turquie, avait affirmé que le génocide de 1915 était un «mensonge international». Les massacres avaient provoqué la mort d’un million d’Arméniens.

Il appartiendra donc à un président de tribunal vaudois, pas encore désigné, de trancher dans ce dossier sensible. La justice suisse a déjà condamné des personnes niant l’Holocauste infligé aux juifs par les nazis pendant la Deuxième guerre mondiale. Mais elle ne l’a jamais fait sur le dossier arménien. Les tribunaux bernois avaient acquitté des responsables d’associations turques niant le génocide de 1915 et le Tribunal fédéral avait classé l’affaire en 2002, sans se prononcer sur le fond.

Juristes divisés

Jacques Antenen n’avait pas inculpé Dogu Perinçek en septembre dernier parce qu’il s’était d’emblée heurté à la difficulté de prouver l’existence de motifs racistes ou d’une «idéologie antiarménienne». Cette question divise les spécialistes de haut niveau. «Ce point doit être clarifié par un tribunal en public», déclare le juge d’instruction. Sur le plan politique, le Conseil national et le Grand Conseil vaudois ont reconnu le génocide arménien, au risque de refroidir les relations turco-helvétiques. Jacques Antenen tient d’ailleurs à souligner une nouvelle fois que «ce n’est pas l’Etat turc, ni sa politique, qui est en cause, mais bien le justiciable Dogu Perinçek».

Il appartiendra certainement aux juges fédéraux de se prononcer en définitive. Quel que soit le verdict du Tribunal de police, on peut s’attendre à des recours soit du plaignant, l’Association Suisse-Arménie, soit de l’accusé.

PHILIPPE MASPOLI

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