www.armenian.ch Association Suisse-Arménie
Halacoglu: Revue de Presse
 

050610|swissinfo|Nouvelles vagues entre Suisse et Turquie
Voir l'article précédent :: Voir l'article suivant  
Nouvelles vagues entre la Suisse et la Turquie

(Version en anglais suit en bas)
swissinfo. 10 juin 2005 21:27

Des parlementaires turcs arrivent en Suisse lundi en pleine controverse. Des tensions resurgissent entre Berne et Ankara au sujet du génocide
arménien. Selon la presse turque, les visites respectives de ministres des deux pays ont été annulées à cause de l’enquête de la justice suisse sur un historien turc.[b]text



La presse turque affirme qu'une visite du ministre suisse de l'économie Joseph Deiss sur les bords du Bosphore et un déplacement en Suisse du ministre turc du commerce ont été annulés.

Les journaux turcs Radikal et Milliyet de vendredi révèlent que le ministre turc du commerce extérieur Kürsad Tüzmen a annulé sa participation au
«Swiss-Turkish-Business-Council» (STBC). Cette réunion devait avoir lieu du 22 au 24 juin à Zurich.

Interrogés par l'agence télégraphique suisse (ats), les porte-parole du STBC et du ministère turc du commerce ont confirmé que la rencontre de Zurich avait été repoussée à une date indéterminée il y a un mois.

Une rencontre prévue avec le conseiller fédéral Joseph Deiss en marge du STBC aurait également été supprimée. Les autorités turques ont fait état d'un «problème de calendrier», a indiqué un porte-parole de Département fédéral de l'économie (DFE).



Le voyage de Joseph Deiss remis en cause

Selon Radikal et Milliyet, Joseph Deiss a annulé de son côté un déplacement qu'il devait faire en septembre en Turquie. Selon le DFE, cette visite n'a pas été confirmée par les autorités turques. Il s'agit également d'un «problème de calendrier» à Ankara, ont indiqué les services du ministre suisse de l’économie sans donner plus de détails.

Mais pour l’attaché de presse de l’ambassade de Turquie à Berne, Sibil Gal, la visite de Joseph Deiss est toujours prévue en automne.

Alors que les autorités restent discrètes sur ces annulations en cascade, les
journaux turcs ont indiqué que Kürsad Tüzmen avait renoncé à son voyage en raison de l'enquête de la justice helvétique sur l'historien turc Yusuf Halacoglu, «un bon ami» du ministre.

Pour la justice zurichoise, Yusuf Halacoglu pourrait avoir enfreint la législation anti-raciste lors d'un discours prononcé en mai à Winterthour. Le président de l'Institut d'histoire turque est l'un des principaux défenseurs des thèses turques sur les massacres commis entre 1915 et 1917 par le pouvoir ottoman contre les Arméniens.

D'après Ankara, il s'agissait d'une répression dans un contexte de guerre civile. Selon les Arméniens, 800'000 à 1,8 million des leurs ont été tués au cours des massacres, qui ont été officiellement reconnus comme «génocide» par plusieurs pays.


Des relations tendues

La question du génocide arménien a déjà contribué à tendre les relations entre la Suisse et la Turquie, notamment à cause de sa reconnaissance en 2003 par la Chambre basse du parlement. Au niveau cantonal, le génocide a également été reconnu par les autorités genevoises (Conseil d'Etat et parlement) et par le Grand Conseil vaudois.

Ces démarches ont suscité le courroux de la Turquie. Une visite de la ministre suisse des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey prévue en septembre 2003 avait d’ailleurs déjà été annulée par Ankara. Il a fallu attendre mars 2005 pour que ce déplacement puisse avoir lieu.

En dépit de ce regain de tensions entre Berne et Ankara, une délégation de
parlementaires turcs doit entamer une visite d'une semaine en Suisse la semaine prochaine. Selon Paolo Janke, secrétaire de la Commission de politique extérieure (CPE) de la Chambre haute du parlement, le calendrier est tenu.


Un goût amer

Dans un entretien accordé à swissinfo cette semaine, soit avant que naisse cette nouvelle controverse, l’ambassadeur de Turquie à Berne, Alec Kiliç, avait laissé entendre que la question du génocide arménien «avait laissé un goût amer dans les relations entre la Suisse et la Turquie».

«Nous aimerions clarifier ce point une fois toutes en créant une commission
d’historiens des deux côtés ayant accès à tous les documents.»

Alec Kiliç avait ajouté que la Suisse s’était montrée intéressée par la création d’une telle commission lors de la visite de Micheline Calmy-Rey et que c’était désormais aux Arméniens de prendre position.

«Nous avons évidemment fait la proposition au gouvernement arménien car nous ne voulons rien entreprendre sans son consentement. Mais nous n’avons toujours pas reçu de réponse positive», avait-il conclu.
____________________________________________________________


SwissInfo
June 10 2005


Armenian question overshadows Turkish visit


photo: Don't mention Armenia: Joseph Deiss with Turkish prime
minister, Recep Tayyip Erdogan, last year (Keystone)

A delegation of Turkish parliamentarians arrives in Switzerland on
Monday, amid fresh controversy over the killing of Armenians by the
Ottoman Empire.

Newspaper reports in Turkey on Friday said planned visits by ministers
from both countries had been cancelled, in response to the launch of a
criminal investigation against a Turkish historian.

Turkish newspapers, Radikal and Milliyet, reported that the Turkish
trade minister, Kürsad Tüzmen, had cancelled a visit to Zurich,
planned for June 22-24.

Tüzmen had been due to address the Swiss-Turkish Business Council,
which said he had postponed his visit a month ago. He was also due to
meet the economics minister, Joseph Deiss.

Tüzmen was refusing to come to Switzerland for reasons of solidarity
with the historian in question, Yusuf Halacoglu, the papers said.
Radikal quoted Tüzmen as saying that Halacoglu was a "good friend".

Last month, the cantonal prosecutor's office in Winterthur launched a
criminal investigation against Halacoglu for violating anti-racism
laws. The prosecutor's office says the Turkish historian played down
the massacre of Armenians in 1915-18 in a speech in May 2004.

According to Radikal and Milliyet, Deiss has cancelled a reciprocal
visit to Turkey, scheduled for September. There has been no
confirmation from the Swiss economics ministry, but spokesman Manuel
Sager said the Turkish side had indicated that there were "scheduling
problems" with the visit.

However, the press attaché at the Turkish embassy in Bern, Sibel Gal,
said Deiss's visit was still expected to take place in the autumn.

Controversy

The latest controversy comes as the foreign affairs committee of the
Turkish Grand National Assembly begins a weeklong visit to Switzerland
on Monday. The trip is a reciprocal visit: a Swiss delegation visited
Ankara last year.

The Turks are due to meet Swiss parliamentarians, as well as Deiss and
the Swiss foreign minister, Micheline Calmy-Rey.

Turkey and Switzerland have been at odds over the Armenian question
since 2003, when the Vaud cantonal parliament voted to recognise the
killings as genocide. The House of Representatives followed suit three
months later.

Ankara withdrew an invitation to Calmy-Rey after the vote in Vaud, but
she visited the country last March once tensions had eased.

Turkey strongly denies the charge of genocide, putting the emphasis on
killings by both sides.

"Bitter taste"

Speaking to swissinfo earlier in the week, before the latest
controversy erupted, the Turkish ambassador to Bern, Alev Kiliç,
admitted that the Armenian situation "has left a bitter taste at a
certain point in our relations".

"We would like to clear this once and for all by establishing a
commission of historians from both sides and opening all files and
archives."

Kiliç added the Swiss had shown interest in such a commission during
Calmy-Rey's visit in March, and that now it was up to the Armenians to
make their position clear.

"Of course the proposal has also been made to the Armenian government
and we can't establish anything without their agreement. We have still
not received a positive reply."


swissinfo et les agences

Motherhome | Retour à la Revue de Presse | Retour haut de la page

Association Suisse-Arménie - Gesellschaft Schweiz-Armenien