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Turquie-EU: Revue de Presse
 

040929|LeMonde|Chirac songe à un référendum sur la Turquie
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29 septembre 2004 | Le Monde | Yves Bordenave et Pascal Ceaux | Paris

M. Chirac songe à un référendum sur l'adhésion de la Turquie

Toute nouvelle entrée dans l'UE devrait être soumise à une consultation populaire.


Le référendum que l'on n'attendait pas... Jacques Chirac pourrait annoncer aux Français dans les prochains jours son intention de consulter les Français sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. En fait, le président de la République s'apprêterait à introduire dans la Constitution française l'obligation de soumettre à référendum chaque projet d'adhésion d'un nouveau pays dans l'Union européenne. Cette initiative entraînerait de facto un référendum pour décider de l'adhésion de la Turquie, ainsi que l'a demandé Nicolas Sarkozy, dimanche 26 septembre. Elle devrait être relayée par les parlementaires à l'occasion du débat sur la modification de la Constitution française rendue nécessaire par l'évolution des institutions européennes.

Cette décision pose toutefois un problème de constitutionnalité. Selon Matignon, l'avis du Conseil constitutionnel va être sollicité, sur la possibilité de systématiser une consultation populaire pour l'entrée d'un pays dans l'Union. Si la juridiction suprême répondait par la négative, M. Chirac devrait alors se contenter d'un engagement politique devant les Français.

Le chef de l'Etat cherche ainsi à contenir le risque de confusion entre la question turque et le débat sur le traité de constitution européenne et, partant, l'hypothèse d'une victoire du "non". Mardi soir, à l'Elysée, l'entourage du président de la République a confirmé qu'il était "normal" que les Français soient consultés sur le dossier turc.

Jacques Chirac a-t-il emboîté le pas du ministre des finances ou les deux se sont-ils mis d'accord ? Selon l'entourage de M. Sarkozy, une rencontre a eu lieu entre eux le 26 septembre. A cette occasion, les deux hommes seraient tombés d'accord pour que le ministre fasse publiquement état de cette initiative, le soir même, lors de son passage au Grand Jury sur RTL. "Une décision de cette importance - l'entrée de la Turquie - ne pourrait être prise qu'après qu'il y ait eu un référendum en France", a ainsi déclaré M. Sarkozy. Il a aussi pris la précaution de s'entretenir de cette question avec le ministre des affaires étrangères, Michel Barnier, lui aussi favorable à la perspective d'un référendum.

Mardi 28 septembre, en marge du séminaire des députés UMP à Argenteuil (Val-d'Oise), le futur président du parti chiraquien confiait son attachement à la systématisation du recours à la consultation populaire pour tout nouvel entrant dans l'Union, sans évoquer toutefois le cas particulier de la Turquie. "Sur ce point, précisait M. Sarkozy, le chef de l'Etat ne pourra pas s'exprimer avant le 17 décembre", date du conseil européen qui doit se prononcer sur l'ouverture et le calendrier des négociations avec les Turcs.

Devant les députés de l'UMP, le premier ministre a, lui aussi, fait allusion à cette question. "Je souhaite que le référendum sur l'Europe demain ou celui sur la Turquie après-demain - quand le sujet sera posé - ne soit pas le nôtre, mais bien celui de tous les Français", a insisté Jean-Pierre Raffarin. Président de l'Assemblée nationale, le chiraquien Jean-Louis Debré a jugé qu'il était "absolument nécessaire que le moment venu les Français soit directement consultés" sur la question de l'adhésion de la Turquie.

Sur cette question comme sur d'autre le mot d'ordre semble être "ni couac, ni emballement". Toute la journée de mardi, les participants au séminaire des députés se sont appliqué à respecter l'atmosphère d'apaisement. Pour sa part, M. Sarkozy a engagé les députés "à établir entre nous tous ce que j'ai pu rétablir moi-même avec le président de la République : un climat apaisé et un climat confiant."

Toutefois, le
ministre des finances n'a pas soulevé l'enthousiasme et a dû se satisfaire d'applaudissements polis. "Il ne faut pas attendre des parlementaires qu'ils se lèvent et qu'ils scandent des encouragements", justifiait le réformateur Hervé Novelli. "Il aurait été contradictoire de dire vive le débat et de finir par des acclamations destinées à une seule personne. Les parlementaires n'ont pas voulu manifester un ralliement inconditionnel", ajoutait-il. Proche de M. Raffarin, le porte-parole de l'UMP, Luc Chatel, estimait pour sa part que "le discours de Nicolas Sarkozy n'avait surpris personne". "Il ressemblait à celui prononcé, il y a trois semaines", ajoutait-il. François Baroin, secrétaire général délégué de l'UMP expliquait : "C'est la preuve qu'aucun des camps n'avait organisé la claque."

Ce qui n'empêche personne d'organiser sa propre publicité. Alors que Cécilia Sarkozy, l'épouse du ministre des finances, fait la une du mensuel Questions de Femmes, Jean-Pierre Raffarin, choisit Paris Match du 30 septembre pour contrer cette présence médiatique et poser en compagnie de son épouse, Anne-marie, de sa mère, Renée, de son frère, Gérard, et de sa fille, Fleur.

Dans l'entretien qui accompagne ce reportage photographique à Chasseneuil- du-Poitou, le premier ministre revendique une nouvelle fois, sur un registre intimiste, sa proximité avec le président de la République :"Jacques Chirac est un grand frère (...) Mes relations avec lui sont personnelles et profondes." Et son épouse Bernadette ? "Une marrraine affectueuse et exigeante."

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© Le Monde 2004 - www.lemonde.fr

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