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Turquie-EU: Revue de Presse
 

050704|Armenews|Feuille de route pour l'adhésion d'Ankara
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La commission européenne adopte une feuille de route pour les négociations avec Ankara


EUROPE, lundi 4 juillet 2005 -ARMENEWS- La commission européenne a adopté le 29 juin un document devant servir de cadre aux négociations d'adhésion entre Ankara et Bruxelles. Cette feuille de route vise à définir les procédures et les principes des futures tractations officielles. Elle doit maintenant être approuvé par le Conseil des ministres. Ces derniers devraient se pencher sur le sujet au mois de septembre. Cette étape est capitale pour l'ouverture le 3 octobre des négociations entre la Turquie et l'Union européenne. Et si les ministres ne parviennent pas à se mettre d'accord sur la feuille de route, l'ouverture des négociations sera repoussée à une date indéterminée.
Les conditions incluses dans le document sont beaucoup plus strictes que celles auxquelles avaient été soumis les dix Etats membres entrés dans l'UE au 1er mai 2004. Ankara ne devra pas se contenter de promettre des réformes applicables au moment de l'entrée dans l'UE, ces réformes devront être mises en œuvre durant la période de négociations. Dans le cas contraire, la Turquie pourrait voire sa candidature rejetée purement et simplement. La Turquie devrait également être appelé à " normaliser " ses relations avec l'ensemble des Etats membres de l'UE, dont Chypre et la Grèce et à maintenir des relations de bon voisinage avec l'Arménie et la communauté kurde d'Irak.
Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre turc, a pourtant réaffirmé que son pays n'était pas prêt à réouvrir quelque chapitre que ce soit dans le cadre de ses négociations avec l'UE. " Il n'est pas juste d'imposer du jour au lendemain de nouvelles conditions à un pays, à plus forte raison lorsque des négociations sont sur le point de débuter. Nous avons pour habitude de nous comporter de façon honnête, et nous entendons bien être traités de la même façon, a affirmé le ministre. Si les dirigeants européens souhaitent que l'UE demeure un club chrétien, il faut qu'ils le disent clairement. De notre côté, nous considérons l'UE comme une union de valeurs politiques ".
Le vice-président de la commission, Franco Frattini a mis en garde l'Europe. " Elle ferait un mauvais choix en revenant sur ses engagements. Le message que nous enverrions alors serait que l'Europe tourne le dos au monde musulman. Depuis plusieurs années, nous demandons à la Turquie de poursuivre ses réformes. Priver la Turquie de l'opportunité d'entamer des négociations avec l'UE serait une grave erreur qu'il nous faut à tout prix éviter ". Une position partagée par le président polonais Alexandre Kwasniewski. " Que dirions-nous ensuite à l'Ukraine, aux Etats de la région des Balkans et à la Turquie ? Comment persuaderions-nous ces pays qu'ils doivent poursuivre leur marche vers la démocratie et l'économie de marché ? ".
Nicolas Sarkozy, ministre français de l'Intérieur, estime pour sa part que l'Europe ne peut pas s'élargir à l'infini. " Il faut suspendre l'élargissement, tout au moins tant que les institutions n'ont pas été rénovées ". L'ancien commissaire Frits Bolkestein va encore plus loin en affirmant : " nous devons interrompre les négociations avec la Turquie ".
Le président du parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen, a tenté de calmer le jeu. " Si les négociations d'adhésion avec Ankara commenceront bien le 3 octobre, l'entrée de la Turquie devrait quant à elle être repoussée dans le temps. Un délai de 20 à 25 ans est nécessaire, ce qui nous porte en 2025 ou 2030 ".

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