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Turquie-EU: Revue de Presse
 

050805|LeMonde|UE demande à la Turquie la liberté religieuse
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Le 5 août 2005 | Le Monde | Jean-Pierre Stroobants | Bruxelles

L'UE demande à la Turquie de garantir la liberté religieuse

Le commissaire européen chargé de l'élargissement, Olli Rehn, a écrit aux dirigeants turcs pour leur indiquer que leur pays ne répondait pas encore à l'un des critères fixés par l'Union en vue d'une adhésion éventuelle de leur pays.

M. Rehn leur a demandé d'adopter des dispositions constitutionnelles afin que "la liberté religieuse soit garantie dans la pratique" . Révélée par le quotidien allemand Handelsblatt , cette information a été confirmée, jeudi 4 août, par un porte-parole de la Commission européenne, précisant que la lettre avait été envoyée au mois de juin, mais était plus "une demande d'éclaircissement" qu'une mise en garde. Elle touche cependant à "un point crucial" de futures négociations, estime Bruxelles.

M. Rehn a relayé les critiques des communautés religieuses et de mouvements de défense des droits de l'homme qui s'inquiètent de l'absence de statut juridique pour les églises en Turquie. La possibilité de confisquer et de vendre les biens des communautés religieuses est un autre sujet d'inquiétude pour la Commission.

Le représentant du Vatican à Ankara estime que la liberté religieuse n'existe que sur le papier dans le pays et Rome évoque la " christianophobie institutionnelle" qui y règne. La Conférence des évêques allemands a, elle aussi, dénoncé les entraves à la liberté religieuse.

Abdullah Gül, ministre des affaires étrangères turc, aurait tenté de rassurer Bruxelles en indiquant que son pays recherchait des solutions. Celles-ci ne devraient, à l'évidence, pas être trouvées avant le début prévu des négociations d'adhésion avec l'Union européenne, le 3 octobre.

Ankara a, par ailleurs, confirmé qu'il n'était pas question pour elle de céder à une autre demande de certains de ses partenaires, dont la France, au sujet de la reconnaissance de Chypre avant l'ouverture de ces discussions.

LA DÉCEPTION D'ANKARA

Jeudi, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a réagi publiquement, pour la première fois, aux propos de son homologue français. Dominique de Villepin avait indiqué qu'il n'était "pas concevable" que la Turquie entame ces discussions en ne reconnaissant pas officiellement l'un des vingt-cinq Etats membres.

M. Erdogan s'est dit "attristé par les déclarations du premier ministre français et du président Chirac" . "Il est hors de question pour nous de discuter ou d'envisager toute nouvelle condition en vue du 3 octobre" , a-t-il précisé.

M. Chirac ne s'est pas exprimé officiellement, mais Le Figaro rapportait, mercredi 3 août, que le président aurait soutenu, en conseil des ministres, la position de M. de Villepin. Dans Le Monde , Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, a, quant à lui, indiqué jeudi qu'il n'était "pas acceptable" que la Turquie veuille adhérer à l'Union sans vouloir reconnaître un de ses membres.

M. Erdogan a expliqué qu'il était d'autant plus déçu des remarques françaises que M. Chirac lui aurait assuré, après le sommet européen du 17 décembre 2004, au cours duquel avait été décidée l'ouverture de négociations d'adhésion, que la signature du protocole d'union douanière étendu aux dix nouveaux Etats membres ne constituerait pas une reconnaissance de Nicosie.

Ce protocole, présenté comme le dernier "signe" politique important demandé par l'Union européenne à Ankara, a été signé le 29 juillet mais assorti d'une clause précisant que la Turquie ne reconnaissait pas officiellement l'existence de la République de Chypre.

Cette reconnaissance ne pourrait intervenir, selon Ankara, qu'à la suite d'un règlement de la question chypriote dans le cadre des efforts de médiation de l'ONU.

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