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Turquie-EU: Revue de Presse
 

050923|LeMonde|Sarkozy rouvre le débat sur l'adhésion
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Le 23 septembre 2005 | Le Monde | Philippe Ridet | Paris

Nicolas Sarkozy rouvre le débat sur l'adhésion de la Turquie à l'UE

Cette réunion inquiète l'Elysée. Durant deux jours, à partir du 23 septembre, l'UMP tient une nouvelle convention, salle de la Mutualité, à Paris, dont l'intitulé ­ "Une vision, de l'action, des frontières : notre projet pour l'Europe" ­ porte en germe une source de divergence profonde entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

Avant même son accident vasculaire cérébral, le président de la République s'était inquiété auprès du ministre de l'intérieur : "J'espère que tu ne vas pas me mettre un pétard avec ta convention." Réponse de celui-ci, telle qu'il l'a racontée à ses proches : "Ça ne sera pas un pétard, mais une grenade !" Depuis, deux autres rencontres ont été nécessaires pour aplanir le différend entre les deux hommes. "C'était tendu" , confesse un proche de M. Sarkozy.

Objet de leur litige : l'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union, qui débutent le 3 octobre. M. Chirac ­ redoutant qu'une position hostile isole la France ­ y est favorable. M. Sarkozy, qui s'appuie sur le résultat du référendum français, est contre, préférant proposer à la Turquie un statut de "partenaire privilégié" . Le premier ministre, Dominique de Villepin, a affiché, lui, sa fermeté, exigeant, en préalable à l'ouverture de négociations, la reconnaissance par Ankara de la République de Chypre. Une position saluée par l'UMP.

"SIGNES DE VOLONTÉ"

M. Chirac se contente de déclarer que la Turquie devrait "apporter des clarifications" et des "signes de sa volonté de respecter pleinement ses obligations" . M. Sarkozy entrevoit donc, à la faveur de ce différend diplomatique, l'occasion d'enfoncer un coin entre le président et son premier ministre et apporter la preuve qu'en ce domaine Jacques Chirac est isolé.

Organisateur de ce colloque ­ auquel participeront en outre Valéry Giscard d'Estaing et Edouard Balladur ­ avec le député européen Alain Lamassoure, le nouveau sénateur de la Sarthe, François Fillon, compte afficher "le volontarisme européen de l'UMP" . "Trop nombreux sont ceux qui font comme s'il ne s'était rien passé, explique l'ancien ministre, comme si les Français avaient eu tort, comme si tout devait repartir comme avant. Pas nous."

Or pour M. Sarkozy, le résultat du référendum repose la question de "l'identité et donc des frontières de l'Europe" . Le président de l'UMP, qui a aussi invité les souverainistes de son parti à s'exprimer, estime que la nature de la construction européenne a changé. Partisan d'une "Europe moins uniforme" , il souhaite généraliser l'usage des coopérations renforcées (dans les domaines de la sécurité ou de la fiscalité), et doper le moteur franco-allemand en associant plus étroitement l'Espagne, la Grande-Bretagne, l'Italie et la Pologne. "Il ne faut pas donner l'impression que certains pays sont en deuxième division" , plaide M. Fillon.

Reste la question de la Constitution, refusée par les Français. L'UMP souhaiterait la "désosser" pour n'en garder que ce qui, selon M. Fillon, autrefois proche de Philippe Séguin, "permettrait une meilleure gouvernance" . Le sénateur précise encore : "De toutes les manières, aujourd'hui, seule l'élection présidentielle permettra d'avoir une position tranchée sur cette question."

[Article ici] © www.lemonde.fr 2005

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