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Turquie-EU: Revue de Presse
 

051004|LeTemps-AFP| Ankara applaudit mais le doute subsiste
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Ankara applaudit les négociations avec l'UE, mais le doute subsiste

AFP - 05.10.2005, 07:47


ANKARA (AFP) - La Turquie célébrait mardi le lancement de négociations d'adhésion avec l'Union européenne, mais le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a prévenu que le plus dur restait à faire tandis que les sceptiques faisaient part de leurs doutes sur l'avenir européen du pays.



Le lancement officiel des pourparlers, attendu depuis quatre décennies par les Turcs, a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi à Luxembourg après d'âpres discussions sur les termes du cadre de négociation, l'Autriche insistant pour qu'une option autre que l'adhésion sont offerte à la Turquie.

"Le rêve de l'UE est devenu réalité", claironnait le quotidien populaire Aksam, tandis que le journal libéral Milliyet proclamait: "Une nouvelle Europe, une nouvelle Turquie". "La Valse viennoise", titrait le quotidien à grand tirage Hürriyet, raillant le va-et-vient de l'Autriche entre son intransigeance initiale et l'abandon final de ses prétentions.

"La Turquie, qui, à deux reprises dans l'histoire est allée jusqu'aux portes de Vienne, entre maintenant dans l'Europe par la voie de la paix et de l'union", poursuivait le journal, faisant référence à l'échec des deux sièges de la capitale autrichienne par les troupes ottomanes, en 1529 et 1683. Le Premier ministre a toutefois tenu à rappeler que si le but ultime d'une pleine adhésion n'était pas "un rêve impossible", le processus d'accession serait difficile.

"Le vrai travail vient juste de commencer", a dit M. Erdogan devant des députés de son parti AKP (parti de la Justice et du développement). "L'application (des réformes démocratiques) en particulier nous mettra à l'épreuve, et il y aura une grande bataille pour appliquer complètement les lois d'harmonisation" avec l'acquis communautaire, a-t-il précisé, ajoutant que le gouvernement poursuivrait sa route "avec la même détermination". M. Erdogan faisait référence à un ensemble de lois passées au cours des dernières années pour répondre aux critères d'adhésion fixés par l'UE.

La Turquie a exprimé dès les années 1960 le désir de rejoindre le bloc européen, mais sa candidature a fait l'objet de réticences croissantes dans le camp européen, en particulier depuis le rejet de la constitution européenne par la France et les Pays-bas lors de référendums ce printemps, un échec attribué pour partie à l'hostilité des opinions publiques de ces pays à l'adhésion turque. "La Turquie n'est pas Malte. Notre entrée dans l'UE va créer des turbulences", a affirmé le député AKP Mehmet Dulger, reflétant l'opinion générale sur les difficultés à venir.

Plus incisifs, les sceptiques affirmaient mardi qu'Ankara s'était vu offrir une carotte qui ne mènerait jamais à une pleine adhésion mais la contraindrait à de nouvelles concessions nuisant aux intérêts nationaux. Le cadre de négociation prévoit que les pourparlers auront une issue ouverte, se réfère à la "capacité d'absorption" de l'UE, permet des restrictions permanentes à la libre circulation des travailleurs turcs et ne garantit pas qu'Ankara pourra bénéficier des subventions agricoles de l'Union.

Le principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), a accusé l'UE de ne pas être sincère, estimant que la référence à sa propre "capacité d'absorption" pourrait être utilisée pour débouter les Turcs même s'ils remplissent toutes les conditions. "Ce que l'UE a en fait dit à la Turquie, c'est qu'une bonne Turquie est une Turquie qui reste une éternelle candidate à l'adhésion", a asséné Deniz Baykal, le président du CHP.

"Envisager de telles restrictions sur des piliers de l'UE tels que la libre circulation équivaut à un statut particulier" en-deçà de la pleine adhésion, argumentait le quotidien Cumhuriyet, défavorable au gouvernement. La communauté financière n'a pas semblé affectée par ces doutes, la bourse d'Istanbul enregistrant son deuxième record historique consécutif mardi soir fermant sur une sur une hausse de 3,8% par rapport à la veille, à 35.624 points.

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