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Francais: Hrant Dink assasiné, Revue de Press
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 PostPosted: Fri Jan 19, 2007 3:50 pm    Post subject: Francais: Hrant Dink assasiné, Revue de Press Reply with quote Back to top

19 Janvier 2007: Assassinat de Hrant Dink
Revue de Presse en Francais





=> Vue d'ensemble
=> Communiqués de Press de l'ASA
=> Revue de presse
=> Débat le 20 octobre à Paris avec Hrant Dink et Gérard Challiand
=> Appel pour une veillée - voir communiqués de press
=> Lettre à Hrant Dink
=> Discours de la veillée
=> Photos de la veillée
=>Voir aussi www.gfbv.ch, Wikipedia

=> Un an de prison pour le fils de Hrant Dink !


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 PostPosted: Fri Jan 19, 2007 4:03 pm    Post subject: CDCA|Communiqué: Turquie, assassinat de Hrant DINK Reply with quote Back to top

Le 19 janvier 2007 | CDCA | Paris

Turquie, assassinat de Hrant DINK : le CDCA scandalisé

Le Comité de Défense de la Cause Arménienne (CDCA) condamne avec la plus extrême fermeté le lâche l'assassinat du journaliste et écrivain Hrant Dink perpétré ce jour dans les locaux du journal arménien d’Istambul Agos. Le CDCA est scandalisé par ce meurtre dont les motivations politiques ne font pour nous, aucun doute.

Homme de dialogue, Hrant Dink avait à maintes reprises porté en Turquie la question de la reconnaissance du Génocide Arménien par le Gouvernement turc. Plusieurs fois assigné devant les tribunaux turcs pour ses prises de position en faveur de la vérité historique et de la défense des droits de l’Homme, il se savait menacer par les milieux extrémistes turcs.

Le Comité de Défense de la Cause Arménienne (CDCA) tient l’Etat turc pour responsable de l’assassinat de Hrant Dink.
Par sa politique de négationnisme d’Etat et son soutien aux milieux nationalistes, elle a encouragé ceux qui ont perpétré ce crime odieux en attisant la haine de l’Arménien et la haine des défenseurs des droits de l’Homme.

Devant le risque que la Turquie ne poursuive pas les odieux criminels de Hrant Dink, le CDCA exige de l’Union européenne et de la France en particulier, la mise en place d’une commission d’enquête internationale pour que toute la lumière soit faite sur ce crime et pour que au-delà d’eux, les commanditaires directs et indirects soient arrêtés et condamnés avec la plus grande fermeté.

Paris, 19 janvier 2007
 
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 PostPosted: Fri Jan 19, 2007 4:12 pm    Post subject: LeMonde|Hrant Dink assassiné à Istanbul Reply with quote Back to top

Le 19 janvier 2007 | Le Monde | Paris

Le journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink assassiné à Istanbul


Le journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink, plusieurs fois poursuivi par la justice turque et devenu la cible des cercles nationalistes, a été tué par balles, vendredi 19 janvier, à Istanbul. "On lui a tiré dessus devant le siège du journal, il est mort", a déclaré en pleurs une salariée de l'hebdomadaire Agos, dont M. Dink était rédacteur en chef.

Selon les chaînes de télévision turques, quatre balles l'ont touché, dont deux à la tête, le tuant sur le coup. La police recherchait un jeune homme de 18-19 ans portant un béret blanc et une veste en jean, a annoncé la chaîne d'information NTV.
Hrant Dink était devenu la bête noire des nationalistes turcs : il a été poursuivi plusieurs fois en justice pour avoir qualifié de génocide les massacres organisés d'Arméniens commis sous l'empire ottoman. En septembre, il avait de nouveau été poursuivi et il risquait trois ans de prison pour avoir affirmé : "Bien sûr je dis que c'est un génocide. Parce que le résultat identifie ce que c'est et lui donne un nom. Vous pouvez voir qu'un peuple qui a vécu sur ces terres pendant 4 000 ans a disparu."

Le journaliste était poursuivi au titre de l'article 301 du code pénal, qui a servi de base à des procédures judiciaires contre de nombreux intellectuels critiquant la thèse officielle sur la question arménienne.

Le Monde 2007 avec AFP
 
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 PostPosted: Fri Jan 19, 2007 4:58 pm    Post subject: FEAJD|Communiqué: La Turquie assassine Hrant Dink Reply with quote Back to top

FEDERATION EURO-ARMENIENNE
pour la Justice et Démocratie
Avenue de la Renaissance 10
B-1000 Bruxelles
Tel. : +32 (0) 2 732 70 26
Tel. / Fax. : +32 (0) 2 732 70 27
E-mail : contact@eafjd.org


COMMUNIQUE DE PRESSE
19 janvier 2007
Contact : Varténie ECHO


LA TURQUIE ASSASSINE HRANT DINK

Hrant Dink, le rédacteur en chef d’Agos, journal arménien de Turquie, vient d’être assassiné devant les locaux de son quotidien. Les circonstances du crime ne sont pas encore élucidées mais on sait qu’au moins une personne – en fuite – est impliquée. M. Dink a été atteint de deux balles dans la tête, deux dans l’abdomen et six douilles ont été retrouvées à proximité.

Hrant Dink s’était fait connaître par les critiques modérées qu’il avait formulées envers son pays, notamment en raison du traitement des minorités et de la liberté d’expression en Turquie. Il était perçu en Occident comme un partisan de la modernisation et de l’européanisation de son pays.

« Nous sommes bouleversés et horrifiés par cette intolérable mise à mort » a déclaré Hilda Tchoboian la présidente de la Fédération Euro-Arménienne.

« Quand on éduque sa population à la haine de l’autre, quand depuis plus d’un siècle on enseigne aux enfants la supériorité de la race turque, quand jusqu’aujourd’hui on autorise et on honore les formations d’extrême-droite sur son territoire, alors on ne peut s’étonner que de tels actes viennent ainsi cibler un Arménien. Cet assassinat ignoble prouve une fois encore que la racisme a des racines profondes en Turquie » a poursuivi la présidente de la Fédération Euro-Arménienne.

La Fédération remarque que parmi la dizaine de « dissidents » à la ligne étatique de la Turquie, c’est précisément celui d’origine arménienne qui a fait l’objet de ce meurtre. Elle considère que, quelles que soient les circonstances que l’enquête établira, l’Etat turc porte une responsabilité écrasante dans cet assassinat. Elle condamne ces autorités pour leur incapacité à assumer la sécurité des journalistes et des intellectuels.

« Cet acte délibéré vise à maintenir la communauté arménienne dans un climat de terreur afin de bien montrer à tous qu’il est des lignes à ne pas franchir en matière de liberté d’expression et d’affirmation du génocide des Arméniens » a ajouté Hilda Tchoboian.

« Toute tentative de capitalisation politique que le gouvernement turc pourrait être amené à échafauder afin de promouvoir une image libérale à travers des manifestations de sympathie publique ne pourrait que constituer la marque de son cynisme. Les autorités d’Ankara seraient bien avisées de s’abstenir de telles démarches opportunistes qui seraient interprétées négativement en Europe » a conclu la présidente de la Fédération Euro-Arménienne.


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 PostPosted: Fri Jan 19, 2007 11:34 pm    Post subject: Reply with quote Back to top




ASSASSINAT de HRANT DINK, ce matin, DEVANT les locaux de son JOURNAL AGOS.

Publié le : 19-01-2007


Ce n’est pas la bêtise qui a assassiné Hrant Dink, c’est la Bête. Celle que l’Europe a voulu oublier est sortie de son passé génocidaire pour ne faire qu’une bouchée du courageux défenseur d’une réconciliation des peuples et des consciences.


Cette mort violente est la preuve que la violence est toujours là en Turquie pour régler son compte à la démocratie. Violente contre l’autre, contre la parole juste, contre la parole de justice, d’une parole qui rappelle, rappelle, rappelle encore et toujours rappelle à l’ordre de l’humanité des hommes qui ne veulent pas se rappeler que leurs pères ont éliminé de mort violente d’autres hommes, en l’occurrence des Arméniens, des Assyro-Chaldéens, des Grecs…

À l’instar du génocide même, sa négation a soif encore du sang des Arméniens. Et le combat des Arméniens pour la reconnaissance du génocide ne se fera pas sans que les Arméniens ne risquent leur vie. Hrant Dink n’est pas le premier d’une liste de fils et de filles de survivants qui ont accepté que leur parole soit entendue comme une insulte alors qu’elle n’était inspirée que par le droit à une réappropriation de leur mémoire et de leur humanité.

Il est clair en tout cas que cet assassinat est le signe que la démocratie à la turque est malade de ses mensonges. Il est clair que le génocide des Arméniens commence à travailler en profondeur la société turque. Que la Turquie ne pourra pas se relever de cet attentat contre elle-même. Désormais, la mort de Hrant Dink va essaimer partout sur le territoire comme un fait sur lequel chaque Turc aura à se prononcer, c’est-à-dire à s’informer, à débattre et par voie de conséquence à choisir son camp, celui du non-droit tel qu’il a été exercé et entretenu depuis plus d’un siècle contre les Arméniens ou celui de la transparence exigée par l’Europe.

La mort de Hrant Dink aujourd’hui est un acte qui lui donne déjà raison, à savoir que les Arméniens ne voudraient pas de terre, mais seulement dormir sous la terre où leurs ancêtres avaient vécu des millénaires durant.

Mais aussi, ce soir et demain, des Turcs choqués vont comprendre la gravité de cette disparition pour eux. Ils viendront, ils oseront venir devant les locaux du journal Agos qui déposer des fleurs, qui allumer une bougie. Prolongeant par leur vie même la vie de celui qui l’a perdue.



L'équipe de Yevrobatsi
 
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 PostPosted: Mon Jan 22, 2007 12:28 am    Post subject: Reply with quote Back to top

IN MEMORIAM: HRANT DINK, 1954-2007
Publié le : 21-01-2007

par Fatma Muge Gocek
traduction Didier Torossian et yevrobatsi


Tandis que je suis assise devant mon
ordinateur et que je tape à la machine le premier éloge de ma vie avec des larmes coulant le long de mon visage, je réalise que ce qui me manquera le plus chez mon ami Hrant Dink qui a perdu la vie de façon inattendue, ce sont les énormes étreintes qu'il me donnait à moi, à nous, à tous ses amis, à l'humanité dans son ensemble, ces chaudes et réconfortantes étreintes… Je regrette de ne plus jamais sentir cette vague de bonheur au fond de moi et son visage que j'aurais vu s'éclairer à notre prochaine rencontre, il ne dira plus "Chère Muge !" et ne courra plus vers moi avec ses bras ouverts pour me donner cette merveilleuse étreinte. La dernière image au fond de mon âme sera malheureusement ce grand corps sans vie gisant recouvert sur le pavé, assassiné en plein jour, sans aucun regret, par un homme armé, devant son journal à Istanbul, le 19 janvier 2007.

J'ai pu connaître Hrant de près en 2002 quand il est venu à Ann Arbor, Michigan, pour assister au meeting annuel d'intellectuels turco-arméniens que mes collègues Ronald Grigor Suny, Gerard Libaridian et moi-même avons suivi à l'Université du Michigan cette année. Après le premier meeting de l'Université de Chicago en 2000, nous avons décidé d'inviter des journalistes en tant qu'observateurs et lui, en tant qu'éditorialiste et rédacteur en chef du journal turco-arménien Agos était parmi les invités. Hrant fut aussi surpris que nous quand il s'est vu délivrer un passeport par l'Etat turc pour pouvoir assister au meeting alors qu'il s'était vu refuser cela pendant vingt ans. Au meeting, il a stupéfait tous les participants en faisant de nombreuses contributions originales, particulièrement par son point de vue articulé sur son statut d'Arménien vivant en Turquie, par sa critique des politiciens nationalistes de la Diaspora, et par sa vision pacifique de l'avenir des relations turco-arméniennes.

Lors de notre première rencontre, je fus personnellement frappée par une chose particulière au sujet de Hrant Dink. A cette époque, je travaillais énormément sur le nettoyage ethnique des Arméniens en 1915 et le simple fait de lire des textes concernant les événements historiques me mettait en colère et me blessait aussi bien en tant qu'être humain qu'en tant que turque. J'étais née moi aussi en Turquie et j'y avais vécu durant 24 ans avant d'arriver aux États-Unis, de sorte que j'étais au courant des vexations et des discriminations subies par les minorités qui devaient affronter la rage nationaliste, ce qui me blessait profondément en tant que citoyenne turque. Tandis que pour ma part, je ne réussissais pas à surmonter ma colère, et que les Arméniens de la Diaspora que j'ai rencontrés aux États-unis luttaient avec plus ou moins de succès contre leur colère et leur souffrance, comment Hrant Dink pouvait-il gérer cette colère destructrice, dangereuse, qui vous dépasse, pour la remplacer par autant d'amour et d'espoir pour l'humanité, pour la société turque, pour la réconciliation des Turcs et des Arméniens ? Comment pouvait-il agir ainsi en dépit du souvenir de 1915 et malgré les vexations discriminatoires qu'il a dû subir en Turquie ?

C'est cette qualité particulière qui a fait de Hrant Dink un homme remarquable et un modèle à suivre. Son indéfectible croyance en la bonté fondamentale de tous les êtres humains, sans distinction de race, d'origine ethnique, indépendamment de leur vécu personnel ou collectif ; son indéfectible vision que nous, en Turquie, serions peut-être capables un jour finalement de confronter notre passé et d'en finir avec nos fautes, nos erreurs et la violence, tout autant qu'avec nos vertus tant célébrées, son indéfectible confiance dans le fait que nous pourrons vivre un jour ensemble et en paix.

Hrant était très emballé par nos recherches jusqu'à devenir un de nos fervents supporters. "Vous, les intellectuels, vous êtes ceux qui allez définitivement régler ce problème !" Il n'a pas arrêté de le dire, encore et encore. Au printemps dernier, pendant qu'il visitait les États-Unis, j'ai reçu un coup de fil de sa part pour me dire qu'il était en route pour Ann Arbor afin de me rencontrer : "Maintiens le dialogue entre les intellectuels turcs et arméniens, car c'est la chose la plus importante à conserver pour trouver une solution à ce problème et, peu importe ce qui se passera, ne laisse pas les choses se politiser," me dit-il au cours d'une longue rencontre autour d'un café. Il était conscient que, comme beaucoup d'entre-nous aux États-Unis, en Europe, en Turquie et partout dans le monde, qui appartenons à notre réseau turco-arménien, la solution à ce problème réside dans la coopération, le dialogue et la réconciliation. Il était conscient que nous devions régler ce problème en tant que communauté d'intellectuels qui, comme lui, croient en cette ultime bonté de l'humanité, et qui, comme lui, espèrent fiévreusement et luttent au quotidien pour faire avancer ce dialogue et permettre une possibilité de réconciliation. En suivant son exemple, nous pourrons essayer de surmonter cette colère profonde que nous ressentons après son assassinat, d'aller au-delà du confinement de notre ethnie, de notre identité nationale pour atteindre notre élément commun d'humanité, afin que nos enfants, que les enfants de Hrant et ses magnifiques petits enfants puissent vivre dans des sociétés remplies d'amour plutôt que de haine.

Mon cher ami Hrant, je te promets que je continuerai, avec l'aide de la communauté d'amis et d'intellectuels que nous avons créée autour de nous, pour continuer d'avancer avec ce même amour, cette chaleur et cet espoir que tu nous a à tous transmis, et j'essaierai de porter le même message. Et pendant que tu reposes en paix sur la terre de tes ancêtres, que tu aimais tant et que tu as chérie à en mourir, tu seras pour toujours parmi nous dans notre esprit.



“IN MEMORIAM: HRANT DINK, 1954-2007”

By Fatma Muge Gocek


As I sit in front of my computer and type in this first eulogy of my life with tears streaming down my face, I realize that what I will miss the most about my dear friend the journalist Hrant Dink’s unexpected departure from this life are the big hugs he used to give me, to us, to all his friends, to humanity as a whole, those warm, comforting, loving hugs… I mourn that I will no longer feel that happiness surge within me as I saw his face light up on our next encounter, he will not say “Dear Muge!” and rush to me with his arms open to give me one of his wonderful hugs. The last image in my minds’ eye will unfortunately be his tall, lifeless body lying covered on a pavement, mercilessly assassinated by a gunman in broad daylight in front of his newspaper in Istanbul on January 19th 2007.

I got to know Hrant closely in 2002 when he came to Ann Arbor, Michigan to attend the annual meeting of the Turkish Armenian Workshop of Scholars that my colleagues Ronald Grigor Suny, Gerard Libaridian and I held at the University of Michigan that year. After the initial meeting at the University of Chicago in 2000, we had decided to invite journalists as observers and he, as the columnist and editor-in-chief of the Turkish-Armenian Agos newspaper, was among the invitees. Hrant was just as surprised as we were when he was issued a passport by the Turkish state to attend the workshop as he had been refused one for the last twenty years. At the workshop, he stunned all the participants by making several original contributions, specifically by his articulate standpoint as an Armenian living in Turkey, by his criticism of nationalist Diaspora politics, and by his peaceful vision of the future of Turkish-Armenian relations.

During our first meeting, I was personally struck by one thing in particular about Hrant Dink. At the time, I had been working intensely on the ethnic cleansing of the Armenians in1915 and even just the mere act of reading about the historical events had made me so angry and hurt as a human being and as an ethnic Turk. I had also been born and raised in Turkey for twenty-four years prior to my arrival in the United States and therefore knew and was likewise very upset as a Turkish citizen about the prejudice and discrimination the minorities still faced in Turkey due to rabid Turkish nationalism. When I could not overcome my anger, when the Diaspora Armenians I met in the United States likewise struggled so much -- sometimes successfully and at other times unsuccessfully -- with their anger and hurt, how had Hrant Dink achieved, how had he managed to overcome that ever-consuming, destructive, dangerous anger to fill himself instead with so much love and hope for humanity, for Turkish society, for Turkish-Armenian reconciliation? How could he have done so in spite of the memory of 1915 and in spite of the subsequent prejudice and discrimination he faced in Turkey?

It was for me that particular quality which made Hrant Dink a great human being and a great role model: his unwavering belief in the fundamental goodness of all humans regardless of their race, ethnic origin, regardless of what they had personally or communally experienced; his unwavering vision that we in Turkey were going to one day be able to finally confront our past and come to terms with our faults, mistakes and violence as well as our so brandied about virtues; his unwavering trust that we all would manage to live together in peace one day.

Hrant was very excited about our scholarly activities and became our fervent supporter from then on. “You scholars are the ones who are ultimately going to solve this issue!” he kept saying over and over again. Last spring, when he was visiting the United States, I suddenly got a phone call from him to find out that he was on his way to Ann Arbor to especially meet with me: “Keep the dialogue between the Armenian and Turkish scholars going, that is the most significant endeavor we have for the solution of this problem and, no matter what happens, do not let things get politicized,“ he told me during our long meeting over coffee. He was aware, like many of us in the United States, Europe, Turkey and all over the world who belong to our Turkish Armenian network, that the solution to this problem lies in cooperation, in dialogue, and in reconciliation. He was aware that we need to tackle this issue as a community of scholars who, like him, believe in the ultimate goodness of humanity, and who, like him, fervently hope and strive on a daily basis to move that dialogue, the possibility of that reconciliation forward. Following his example, we shall attempt to overcome the deep anger we feel over his assassination, attempt to move beyond the narrow confines of our ethnic, national identities to reach for our common element of humanity so that our children, so that Hrant’s children and beautiful grandchildren live in a world, in societies filled with love rather than hatred.

My dear friend Hrant, I promise you that I will continue, with the help of the community of friends and scholars that we have built around us, to keep reaching out with the same love, warmth and hope that you hugged all of us, and I will try to deliver the same message. And, while your rest in peace within the soil of your ancestors you so loved and cherished to death, you will nevertheless also be there alongside us in spirit.
 
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 PostPosted: Tue Jan 23, 2007 5:55 pm    Post subject: Reply with quote Back to top



Par Vicken Cheterian
Journaliste, Genève

Qui a tué Hrant Dink ?

Le 19 janvier 2007, Hrant Dink, le directeur de publication de l’hebdomadaire turco-arménien bilingue Agos, a été froidement abattu de trois balles dans la tête alors qu’il quittait son bureau à Istanbul. Cet assassinat commis de sang-froid a suscité la consternation et une vague de condamnations en Turquie, au sein de la communauté arménienne, et dans le monde. La photo du corps de Hrant Dink enveloppé d’un drap blanc maculé de sang est immédiatement apparue sur les premières pages des sites Internet, et a fait la une des journaux télévisés et des principaux quotidiens turcs. Le premier ministre Tayyip Erdogan a de son côté déclaré que c’était la « liberté d’expression en Turquie » qui était visée par ce crime. Plusieurs centaines de manifestants se sont spontanément rassemblés sur les lieux du meurtre et ont scandé : « Nous sommes tous Hrant Dink » et « Etat assassin ».

Né à Malatya il y a cinquante-deux ans de parents arméniens, Hrant Dink était arrivé à l’âge de 7 ans à Istanbul, où il avait poursuivi ses études universitaires et s’était engagé dans des cercles politiques de gauche, ce qui lui valut d’être emprisonné à trois reprises. Le journaliste d’origine arménienne appartenait à cette nouvelle génération courageuse de Turco-Arméniens désireux de faire connaître au grand public les opinions, difficultés et souffrances des minorités turques, et plus particulièrement de la communauté arménienne. En 1996, avec un groupe de proches partageant les mêmes convictions, il fonda l’hebdomadaire bilingue turco-arménien Agos, dont l’influence allait s’étendre bien au-delà des 6 000 exemplaires diffusés chaque semaine.

Hrant Dink ne s’est pas contenté de défendre les valeurs de la démocratie et de la liberté d’expression, il les a également mises en pratique dans un contexte général plutôt austère. Il a été le premier Arménien de Turquie à qualifier le massacre d’Arméniens de 1915 de « génocide ». Ses prises de position courageuses se sont heurtées à l’hostilité de l’Etat turc et du ministère public. Il a été victime d’une campagne massive orchestrée par des hommes politiques et des organes de presse de la mouvance nationaliste dominante.

En vertu du tristement célèbre article 301 du code pénal turc, un tribunal d’Urfa l’a poursuivi en justice pour avoir déclaré au cours d’une conférence « Je ne suis pas Turc, mais un Arménien de Turquie », et il a été condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir tenu dans une chronique de son journal des propos qualifiés d’« insulte à l’identité turque ». Cette campagne de calomnies sponsorisée par l’Etat contre une frange d’intellectuels turcs qui ont osé briser le dogme officiel a été si loin que des ministres ont qualifié les agissements du journaliste de « coup de poignard dans le dos » et que des médias l’ont accusé de « traître ». Dans sa dernière chronique publiée dans Agos, Dink avait exprimé sa profonde tristesse de voir son ordinateur saturé de messages de haine et de menaces, et il envisageait de quitter le pays « tout comme le firent nos ancêtres en 1915… Sans savoir où nous allions… Marchant sur les mêmes routes qu’ils avaient autrefois parcourues… subissant les mêmes supplices et connaissant les mêmes souffrances… ».

Mais Hrant Dink souhaitait rester en Turquie, dans le pays où étaient nés ses ancêtres, et il nourrissait l’espoir que la Turquie rejoindrait un jour l’Europe. Pour lui, la reconnaissance du passé de la Turquie — avec, en première ligne, la reconnaissance officielle du génocide arménien — ne pouvait se faire qu’à travers un processus douloureux de démocratisation de la société turque. Dans tous les forums arméniens auxquels il a participé, il a toujours mis l’accent sur le processus de démocratisation de la société turque plutôt que sur la reconnaissance du génocide par les Etats étrangers.

Hrant Dink était à la fois une figure prépondérante de la communauté arménienne de Turquie et une passerelle entre les communautés turque et arménienne, entre la Turquie et l’Arménie. Il faut rappeler également que depuis treize ans, la Turquie rejette toute relation diplomatique avec l’Arménie, et refuse d’ouvrir ses frontières avec ce petit Etat isolé.

La police turque a arrêté un adolescent qui a déjà avoué son crime. Mais des proches du journaliste soutiennent qu’il n’est pas le seul coupable ; ce sont aussi les constantes persécutions, les procès et campagnes de dénigrement contre Dink qui ont créé l’atmosphère de haine propice à ce meurtre.

De très nombreux manifestants se sont rassemblés à Istanbul — où jusqu’à dix mille personnes ont défilé la nuit du meurtre — ainsi qu’à Ankara et dans plusieurs villes turques pour condamner ce meurtre.

Durant ces quinze dernières années, dix-huit autres journalistes ont été assassinés en Turquie, et douze sont actuellement emprisonnés.



http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2007-01-23-Qui-a-tue-Hrant-Dink - janvier 2007
 
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 PostPosted: Sat Jan 27, 2007 11:43 pm    Post subject: Arm.Radio&VAN| Déclaration de Taner Akçam Reply with quote Back to top


Taner Akcam: "Les vrais meurtriers appartiennent aux cercles influents de Turquie"
Publié le : 26-01-2007

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org -

Le Collectif VAN vous propose une traduction de la déclaration de Taner Akçam, diffusée par Arm.Radio :

ArmRadio.am
24.01.2007 15:13

"La mort de Hrant n’était pas accidentelle. Il a été choisi comme cible en cette période. De plus, Dink est devenu une cible parce qu’il était Arménien," a déclaré le Professeur de l’Université du Minnesota, l’historien turc Taner Akcam, lors du service commémoratif dédié à Hrant Dink à San Francisco.

L’historien a également déclaré que les vrais meurtriers appartiennent aux cercles influents du pays. Concernant le discours du Premier ministre turc condamnant l’acte, Akcam a dit : « Qu’il ne pleure pas des larmes de crocodile. Ceci est le point culminant de la politique constante de la Turquie ».

"La presse, le gouvernement, l’armée, tout le monde est responsable de cet assassinat," a déclaré l’historien turc. Taner Akcam a dit aux participants que Dink avait récemment été averti par les autorités d’Istanbul "de restreindre ses écrits, car il y a dans les rues de nombreux jeunes qui sont fous." "Le détenu ressemble vraiment à l’un de ceux qu’ils décrivaient," a-t-il ajouté.

Cela vaut la peine de mentionner le fait que Taner Akcam a été le premier scientifique turc à écrire sur le Génocide arménien de 1915.

© Traduction C. Gardon pour le Collectif VAN 2007

TITRE ORIGINAL : Taner Akcam: The real murderers are among the leading circles of Turkey
 
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 PostPosted: Thu Feb 01, 2007 12:24 pm    Post subject: La communauté arménienne d’Italie se souvient de Hrant Dink Reply with quote Back to top

La communauté arménienne d’Italie se souvient de Hrant Dink
Publié le : 28-01-2007
(traduction Georges Festa)




Une cérémonie historique sur la place du Capitole à Rome


C’est dans le cadre suggestif de la place du Capitole à Rome, prêtée à titre exceptionnel par l’administration, que s’est déroulée une cérémonie à la fois simple et émouvante en souvenir du journaliste Hrant Dink, assassiné le 19 janvier dernier à Istanbul.


L’appel lancé par les organisateurs pour une manifestation au nom du dialogue et de la tolérance, conforme aux leçons de la vie et de l’œuvre de Hrant, fut entendu, non seulement par les nombreuses adhésions venues des secteurs les plus divers de la société italienne, les partis, les associations, les syndicats, mais aussi et surtout par cette solidarité et le partage de cette peine qui se sont réunis sur cette monumentale place romaine, où, face à la photographie de Dink, se sont retrouvés de nombreux Arméniens et Italiens, mais aussi des représentants d’associations turques et kurdes.

Ont tenu à honorer de leur présence cette manifestation : la vice-présidente de la Chambre des Députés, Mme Giorgia Meloni, l’Adjoint à la politique de la Jeunesse, le docteur Jean Touadi, représentant le Maire de Rome, M. Walter Veltroni, M. l’ambassadeur de la République d’Arménie en Italie, M. Ruben Shugarian, M. l’ambassadeur de la République de Turquie, M. Ugur Ziyal.

Lors de cette cérémonie furent retracés la vie du journaliste disparu et son engagement politique, puis une lecture de son dernier éditorial, paru dans l’hebdomadaire dont il était directeur, Agos.

L’association Reporters sans Frontières a rappelé les nombreux journalistes qui en 2006 ont sacrifié leur vie pour le droit d’expression.

Une minute de silence fut observée, à la veille de la Journée de la Mémoire, qui est aussi un hommage aux victimes de tous les génocides et holocaustes. Puis l’on déposa une gerbe devant le portrait de Dink.
La manifestation se conclut en rappelant ce qu’avait récemment écrit le journaliste arménien : « Ce que je désire, c’est voir les Turcs parler de ce qui est arrivé. Il faut que les Turcs et les Arméniens commencent à dialoguer. Il n’y a qu’un seul chemin devant nous ; celui du dialogue. Toujours. »

Et c’est avec le souhait et l’invitation des organisateurs pour que le chemin du dialogue et de la compréhension indiqué par Hrant Dink puisse triompher de l’intolérance et de l’extrémisme – encore persistant dans certaines couches extrémistes de la Turquie – que la cérémonie a pris fin.

Nous voulons considérer Hrant Dink comme le FONDATEUR DE LA TURQUIE MODERNE, où le dialogue, la tolérance, le respect, la compréhension, la vérité et la justice seraient les bases d’une coexistence entre les peuples.

Au revoir, Hrant !

Tu resteras à jamais dans nos pensées …

________________________________________________________________________




Comunicato 27.01.07: La Comunità armena in Italia ricorda Hrant Dink

Storica cerimonia in piazza del Campidoglio a Roma
DINK: Fondatore della Tuchia moderna


Nella suggestiva cornice di piazza del Campidoglio a Roma, concessa in via straordinaria dall’amministrazione capitolina, è stata celebrata una semplice e commovente cerimonia a ricordo del giornalista Hrant Dink assassinato lo scorso 19 gennaio ad Istambul.


L’appello lanciato dagli organizzatori per una manifestazione all’insegna del dialogo e della tolleranza, secondo l’insegnamento di vita e di lavoro di Hrant, è stato raccolto: non solo con le numerose adesioni pervenute dai più diversi settori della società italiana, partiti, associazioni, sindacati; ma anche e soprattutto con quella solidarietà e compartecipazione al dolore che ha trovato convergenza nella monumentale piazza romana dove, di fronte alla foto di Dink, si sono ritrovati oltre a numerosi armeni ed italiani, anche rappresentanti di associazioni turche e curde.

Hanno presenziato alla manifestazione il vice Presidente della Camera dei Deputati on. Giorgia Meloni, l’Assessore alle politiche giovanili dott. Jean Touadì in rappresentanza del Sindaco on. Walter Veltroni, l’Ambasciatore della repubblica armena in Italia dott. Ruben Shugarian, l’ambasciatore della repubblica turca in Italia dott. Ugur Ziyal.

Nel corso della cerimonia è stato tracciato un profilo dello scomparso giornalista e del suo impegno politico ed è stato letto l’ultimo editoriale apparso sul settimanale da lui diretto, Agos.

L’associazione “Reporter senza frontiere” ha ricordato i molti giornalisti che nel 2006 hanno sacrificato la loro vita per il diritto di cronaca.

E’ stato osservato un minuto di silenzio, alla vigilia della giornata della memoria, anche in omaggio alle vittime di tutti i genocidi ed olocausti al termine del quale è stato deposto un mazzo di fiori sotto la foto di Dink.

La manifestazione si è conclusa ricordando quanto recentemente scritto dal giornalista armeno: «Quello che voglio è vedere i turchi che parlano di quanto è successo. Bisogna che turchi e armeni inizino a dialogare. C'è una sola strada percorribile ed è quella del dialogo. Sempre».


E con l’augurio e l’invito degli organizzatori affinché la via del dialogo e della comprensione indicata da Hrant Dink possa sconfiggere l’intolleranza e l’estremismo persistente in alcune frange estremiste della Turchia, la cerimonia ha avuto termine.


Vogliamo considerare Hrant Dink

"FONDATORE DELLA TURCHIA MODERNA"

dove dialogo, tolleranza, rispetto, comprensione, verità e giustizia siano la base per una convivenza tra i popoli.

Ciao Hrant. Rimarrai sempre nei nostri pensieri...
 
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 PostPosted: Mon Feb 05, 2007 2:43 am    Post subject: Reply with quote Back to top

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Le Figaro, France
03 février 2007

Les journalistes d'« Agos » poursuivent le combat


DES PANCARTES brandies au cours des funérailles de Hrant Dink qui ont
rassemblé 100 000 personnes à Istanbul, sont encore entassées dans
l'entrée. Les locaux exigus de l'hebdomadaire Agos sont plongés dans
le deuil. Entourés de bouquets et de portraits de leur rédacteur en
chef, les journalistes se noient dans le travail. Les derniers exemplaires en partance pour l'Australie, la France ou les États-Unis
sont empaquetés à la hte.


Le numéro spécial de l'hebdomadaire qui rend hommage à son fondateur
a été imprimé à 40 000 exemplaires, dix fois plus que le tirage
ordinaire. Ils ont quasiment tous été vendus, de quoi donner un peu
de courage à l'équipe pour continuer le combat mené par le « Baron
Hrant », comme elle le surnommait affectueusement. Deux semaines
après cet assassinat, le journal de la modeste communauté arménienne
de Turquie - 60 000 membres -, est en état de choc et s'interroge sur
son avenir. Barricadé dans le bureau du défunt, Etyen Mahçupyan
refuse de se laisser distraire, termine son éditorial, se tient
informé de l'évolution de l'enquête.

Ce journaliste qui est l'autre grand intellectuel arménien du pays, a pris les rênes d' Agos, rattrapé malgré lui par son identité. « Sa mission sera de poursuivre le travail entrepris par Dink pour la démocratie turque,
abordée via la question de la reconnaissance du génocide arménien »,
explique son compagnon de route, le sociologue Ali Bayramoglu. « Ces
derniers temps, il souhaitait peser davantage dans la vie politique,
s'ouvrir aux autres communautés. Il faudra essayer d'être à la
hauteur de son rêve. » La tche sera ardue. Disponible en France «
Hrant était la colonne vertébrale du journal, il lui donnait vie », résume l'éditorialiste Aydin Engin.

Cet ancien journaliste deCumhuriyet, le quotidien kémaliste dont il a claqué la porte pour contester sa dérive nationaliste, avait l'habitude de travailler chez lui, ne passant à Agos que « pour boire des verres de raki avec Hrant ». Désormais, Aydin Engin y viendra « pour combler ce vide ». Boucler le journal dans les temps, assurer sa présence dans les
kiosques le samedi, ne surtout pas interrompre la publication malgré
la douleur : la petite rédaction d' Agos est tendue vers cet objectif.

Pour la soutenir, journalistes et intellectuels stambouliotes sont là en renfort. Cengiz Candar, chroniqueur vedette de la presse turque, a même accepté d'être relégué en cuisine pour préparer le thé. Les universitaires francophones apportent les dernières corrections à la version d' Agos qui sera disponible en France la semaine prochaine. Sur les lieux du crime, sur le trottoir, il ne reste quasiment aucune trace de l'exécution de Hrant Dink, abattu de trois balles dans la tête. Seuls quelques oeillets rouges
accrochés à la porte rappellent la tragédie.

Dans le hall de limmeuble, trois plantons de la police se frottent les mains devant un radiateur. Une protection bien tardive.
 
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 PostPosted: Mon Feb 05, 2007 2:52 am    Post subject: Reply with quote Back to top

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WORLD BRIEFINGS
By Andrew Borowiec
THE WASHINGTON TIMES
February 4, 2007

Turkey faces world jury after editor's killing


NICOSIA, Cyprus -- The bullet that killed a Turkish-Armenian
newspaper editor last month has put Turkey and its legal system
before a world jury.


Hrant Dink, editor of the Agos weekly, died because an unemployed
17-year-old boy, Ogun Samast, claimed the editor had insulted
"Turkishness," a concept that enshrines as sacrosanct the country's
identity, state institutions and its army.
Critics of the concept are treated as criminals under Article 301
of Turkey's criminal code. Prominent writers, including Nobel Prize
winner Orhan Pamuk, have been tried under the article.
The young assassin apparently acted according to the principles
of patriotism instilled in him and in millions of others. His victim
was a critic of some of the acts protected by a system he judged to
be unjust and was a member of the Armenian minority all but extinct
in Turkey.
Turkish liberals, international human rights organizations and
European editorial writers demand a change in Article 301, which, if
retained in its current form, is likely to keep Turkey out of the
European Union. Turkey's EU membership negotiations are now stalled.
EU entry at risk
At Mr. Dink's funeral under the gray January sky of Istanbul,
mourners carried placards denouncing the "301 Killer."
In Strasbourg, France, the Parliamentary Assembly of the Council
of Europe, an advisory body, formally asked for changes in Turkey's
criminal code, saying it "judicially limits freedom of expression and
validates legal and other attacks against journalists."
Under the pressure of Mr. Dink's assassination, liberals hope for
evolution in Turkish attitudes and laws, but rising nationalism
across the country and the issues involved in parliamentary and
presidential elections this year appear to preclude a change in the
foreseeable future.
The country has become steeped in chauvinism, with schoolchildren
reciting one of the favorite slogans of Mustafa Kemal Ataturk,
founder of the Turkish Republic: "Lucky is he who can say, 'I am a
Turk,' " and troops on parade roar, "One Turk is worth the whole
world."
Although Prime Minister Recep Tayyip Erdogan promised to submit a
review of Article 301 to parliament, his absence at the funeral that
drew about 100,000 mourners was seen as less than encouraging.
"Evidently, the prime minister is unwilling to lose nationalist
votes," commented the daily Kathimerini in Athens.
 
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 PostPosted: Tue Feb 06, 2007 8:32 am    Post subject: Libé| Après l'assassinat de Hrant Drink Reply with quote Back to top


MondePar Marc SEMO
QUOTIDIEN : mardi 6 février 2007
Ankara envoyé spécial


Après l'assassinat de Hrant Drink, les menaces ultranationalistes se multiplient.


Intellectuels turcs, le retour de la peur



Les menaces sont arrivées par mail, accompagnées d'insultes sur sa mère et ses aïeux. Des avertissements explicites aussi bien contre lui que contre d'autres intellectuels «traîtres» comme le romancier et Prix Nobel Orhan Pamuk que «rien ni personne ne pourra protéger quand nous voudrons le tuer». Professeur de sciences politiques à Ankara et coauteur en 2004 d'un rapport officiel dénonçant «le climat de paranoïa» entourant les droits des minorités en Turquie, Baskin Oran est habitué à recevoir ce genre de messages d'intimidation. Mais depuis l'assassinat le 19 janvier par un jeune chômeur ultranationaliste de Hrant Dink, journaliste symbole des Arméniens de Turquie, il est réellement inquiet.

Les autorités lui ont finalement attribué un garde du corps, comme à quelques dizaines d'autres intellectuels ou activistes des droits de l'homme considérés comme autant de cibles potentielles. Certains, comme le romancier Orhan Pamuk, ont néanmoins préféré quitter le pays au moins pour quelque temps.



* Policiers et gendarmes sanctionnés


«Irrationnel». «Il y a un climat général de lynchage encore plus préoccupant qu'un complot organisé : il s'agit d'un phénomène irrationnel, incontrôlable, avec des dizaines de milliers de jeunes paumés ultranationalistes prêts à tout contre ceux qu'ils considèrent être une cinquième colonne de l'étranger et des gaiours [infidèles, ndlr]», explique Baskin Oran, indigné que les deux plaintes déposées les années précédentes après des menaces de mort n'aient jamais abouti. «Pour la première fois depuis des années, je ne me sens plus en sécurité, et j'avais ce sentiment avant même l'assassinat de Hrant Dink», renchérit Yavuz ÷nen, président de la Fondation pour les droits de l'homme, pourtant habitué à devoir faire face aux procès à répétition : «Nous nous trouvons là face à quelque chose de beaucoup plus dangereux, car plus impalpable et diffus.» Le bonnet blanc que portait Ogün Samast, le jeune tueur de Hrant Dink, est devenu un objet culte dans la mouvance des groupes les plus radicaux héritiers des Loups gris, les bandes d'extrême droite qui s'illustrèrent tout au long des années 80. Une situation d'autant plus inquiétante qu'il y a entre 5 et 7 millions d'armes à feu illégales en circulation dans le pays.

Brandissant des pancartes «Nous sommes tous arméniens», plus de 100 000 personnes ­ turcs, kurdes ou arméniens ­ défilèrent à Istanbul pour les obsèques de Hrant Dink, qui se transformèrent en une immense manifestation pour une Turquie plurielle. «C'était bouleversant, mais il s'agit d'un feu de paille. C'est le groupe qui fait bloc quand un de ses membres tombe, mais cette partie du pays ouverte et libérale qui s'est mobilisée reste malheureusement minoritaire, d'autant qu'il n'y a aucune force politique organisée à même de relayer son appel», analyse Cengiz Aktar, universitaire spécialiste des questions européennes, soulignant que «tous les partis ont protesté contre cet assassinat. Aussi bien l'AKP, du Premier ministre Erdogan issu du mouvement islamiste, et plus encore l'opposition de gauche, qui se réclame de Mustapha Kemal, veulent capitaliser à leur profit le nationalisme montant».

Paranoïa. Celui-ci se nourrit des frustrations face à l'Union européenne, accusée de ne pas traiter la Turquie comme les autres pays candidats et soupçonnée de vouloir démanteler le pays par ses pressions en faveur des droits des minorités. La mobilisation, notamment en France, pour exiger des autorités turques une reconnaissance de la réalité du génocide arménien de 1915-1917 a encore accru la paranoïa dans une partie de l'opinion turque. A cela s'ajoute un antiaméricanisme, qui a explosé depuis la guerre en Irak, accusant Washington de jouer ouvertement la carte kurde au risque d'encourager le séparatisme des Kurdes turcs (13 millions de personnes sur 70 millions de citoyens). Ce nationalisme représente un mouvement de fond qui explique aussi l'arrêt depuis 2004 des réformes exigées par l'Union européenne. Ainsi, malgré les pressions de Bruxelles et les appels des ONG, le gouvernement refuse toujours d'abroger l'article 301 du nouveau code pénal sanctionnant «les insultes à la nation turque», qui, sur plaintes d'associations nationalistes, ont valu des poursuites à plus d'une soixantaine d'intellectuels et une condamnation de Hrant Dink à six mois de prison avec sursis.

«L'inquiétude est d'autant plus forte que les ultranationalistes disposent aussi d'évidentes complicités au sein de certains secteurs de l'Etat», assure Baskin Oran, qui se refuse à croire que cet assassinat a été «un acte isolé», comme l'affirment les autorités.

«Gangs infiltrés». Peu après l'arrestation du jeune tueur, des affiches avec son portrait sont apparues posant sur fond de drapeau turc avec le slogan de Mustapha Kemal : «La terre de la patrie est sacrée, elle ne peut être abandonnée à son destin.» La photo avait été mise en scène par les policiers apparemment admiratifs du geste d'Ogün Samast lors de son arrestation, comme le prouve une vidéo pirate (lire ci-dessous). L'enquête a aussi permis de découvrir que l'un des chefs du petit groupe ultranationaliste de Trabzon, où évoluait le tueur, avait par quatre fois informé la police du projet d'un assassinat de Dink. Mais aucune mesure ne fut prise.

Le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a fini par admettre lors d'une conférence de presse la réalité, déjà depuis l'époque ottomane, de «l'existence d'un Etat profond que l'on pourrait décrire comme des gangs infiltrés au sein de l'organisation étatique». Il reconnaissait, amer : «Notre nation a déjà payé très cher dans le passé le fait de n'avoir pu éradiquer de tels réseaux.» Mais il est resté muet sur la montée de cet ultranationalisme qui alimente la haine contre les intellectuels libéraux et les minorités.
 
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 PostPosted: Tue Feb 06, 2007 2:57 pm    Post subject: Reply with quote Back to top

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COMMUNIQUE DE PRESSE
Mardi 6 février 2007
TURQUIE

FACE AUX DÉRIVES AU SEIN DES FORCES DE SÉCURITÉ,
LES AUTORITÉS TURQUES DOIVENT RÉAGIR


Depuis le 19 janvier 2006, huit personnes ont été
inculpées pour l'assassinat du journaliste turc
d'origine arménienne, Hrant Dink. Les négligences
dont les autorités ont fait preuve et les
sympathies des forces de sécurité pour le
meurtrier, mises à jour par une vidéo rendue
public la semaine dernière, rendent nécessaires
des sanctions et des mesures assurant la sécurité
des journalistes dans le pays.



« Alors que l'enquête sur l'assassinat de Hrant
Dink se poursuit, de récents développements
rendent plus que nécessaire l'engagement des
autorités turques dans une lutte active contre
les groupes ultranationalistes, également
présents au sein des forces de sécurité, qui
représentent en elles-mêmes une menace pour la
sécurité des journalistes. Les images présentant
des policiers posant aux côtés d'Ogün Samast, le
meurtrier de Hrant Dink, sont un scandale. Les
apparentes négligences dont la police aurait fait
preuve face à des renseignements transmis il y a
plus d'un an sur un complot visant Hrant Dink,
sont également choquantes. Il est urgent que le
gouvernement sanctionne les responsables », a
déclaré Reporters sans frontières.

Le 1er février 2007, la chaîne privée TGRT a
diffusé des images montrant Ogün Samast, peu de
temps après son interpellation à Samsun
(Nord-Est), dans la nuit du 20 janvier. On le
voit tenant un drapeau turc en compagnie de
membres de la police et de la gendarmerie locale
posant pour des « photos souvenirs ». A l'arrière
plan, on peut apercevoir un calendrier sur lequel
figure une citation de Mustapha Kemal Atatürk :
« La terre de la mère patrie est sacrée. Elle ne
peut être abandonnée à son sort. » Ses images ont
entraîné des réactions virulentes dans la presse
turque. Le journal Radikal a indiqué qu'il ne
manquait plus qu'on "vienne baiser le front de
l'assassin", ajoutant que ces images traduisaient
l'état d'esprit qui a conduit à l'assassinat de
Hrant Dink. Son rédacteur en chef, Ismat Berkan a
déclaré : « Cette vidéo prouve que le meurtrier
et ses complices ne sont pas seuls et que leurs
soutiens ont pénétré toutes les couches de
l'Etat. » Le journal populaire Sabah titrait «
Epaule contre épaule avec l'assassin », pendant
que le quotidien Vatan affirmait que ces images
étaient « aussi graves que l'assassinat lui-même
».

En réponse, le procureur de la ville portuaire de
Samsun, Ahmet Gökçinar, a déclaré qu'une enquête
sur cet incident avait été ordonnée et le
ministère de l'Intérieur a fait savoir que huit
officiers de police avaient dores et déjà été
démis de leurs fonctions. La chaîne TGRT, quant à
elle, s'est vue retirée son accréditation par
l'Etat major turc pour avoir diffusé la vidéo.

Ces images sont venues alimenter les critiques
déjà vives à l'encontre des forces de sécurité.
D'une part, il leur est reproché d'avoir failli à
protéger Hrant Dink, bien que celui-ci ait fait
mention dans les pages d'Agos, des menaces et des
emails haineux qu'il recevait. Le 30 janvier,
plusieurs journaux ont fait état des accusations
portées par un informateur de la police, Erhan
Tuncel, écroué dans le cadre de l'enquête. En
février 2006, ce dernier aurait alerté la police
de Trabzon (Nord-Est) de projets d'assassinat
visant le journaliste et aurait désigné Yasin
Hayal - lui aussi inculpé - comme l'assassin
potentiel. La police aurait procédé à des
vérifications, avant d'abandonner cette piste,
qui allait malheureusement se confirmer.

A ce jour, huit personnes ont été inculpées de
l'assassinat de Hrant Dink, survenu le 19 janvier
2007 devant les locaux du journal qu'il dirigeait
à Istanbul : Ogün Samast - le tireur -, Yasin
Hayal, ainsi qu'Ahmet Iskender, Ersin Yolcu,
Zeynel Abidin Yavuz, Tuncay Uzundal et Erhan
Tuncel.

Journaliste célèbre et respecté dans le milieu du
journalisme, Hrant Dink avait été plusieurs fois
poursuivi par la justice turque en raison de ses
positions sur les massacres d'Arméniens commis de
1915 à 1917. Condamné en 2005 à six mois de
prison avec sursis pour "humiliation de
l'identité turque", il avait été de nouveau
poursuivi en septembre 2006 pour avoir qualifié
de "génocide" les massacres commis en Anatolie
pendant la Première Guerre mondiale, dans un
entretien avec l'agence Reuters. Il risquait
trois ans de prison.Hrant Dink devait comparaître
les 22 mars et 18 avril 2007 devant les tribunaux
d'Istanbul.


5 rue Geoffroy-Marie - 75009 Paris - Tel : 33 1
44 83 84 67 - Fax : 33 1 45 23 11 51
europe@rsf.org - Plus d'informations  www.rsf.org
--
Sophie Lemière

Secrétariat international de Reporters sans frontières
5, rue Geoffroy Marie
75009 Paris

Bureau Europe/ Europe Desk
Tél. 00 33 (0)1 44 83 84 65
europe2@rsf.org
 
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 PostPosted: Sat Feb 10, 2007 11:40 am    Post subject: Reply with quote Back to top

Quote:
Rapport sur la mission, en tant que représentant du Parlement européen,relative aux funérailles du journaliste arménien Hrant Dink à Istanbul les 18 et 19 janvier 2007

Rapporteur : Joost Lagendijk
Hrant Dink, directeur de la publication et rédacteur en chef de l'hebdomadaire arménien/turc AGOS paraissant à Istanbul, a été tué par balles le vendredi 19 janvier 2007 devant sa maison d'édition. Il est mort sur place des blessures liées à trois balles tirées dans la tête.


La nouvelles'est répandue dans le monde entier en quelques minutes et a suscité un grand sentiment d'horreur chez les gens en Turquie et en Europe. Le meurtrier provient des cercles ultranationalistes de la ville de Trabzon. Il s'agit d'un jeune de 17 ans. Ses commanditaires directs ont certes été arrêtés entre-temps. Beaucoup de questions sans réponse sont encore associées à ce crime. Le présent rapport décrira également, en plus des funérailles et de la visite à la famille et à la rédaction du journal AGOS, les dessous du crime et la signification du travail de Hrant Dink dans le rapprochement arméno-turc. Voici d'abord une brève biographie de Hrant Dink:


Hrant Dink

Hrant Dink provient d'une famille arménienne de la ville de Malatya dans l'Est de la Turquie. Le patriarche Mesrob II d'Istanbul décrit son parcours et sa personnalité avec les mots suivants :

«La vie difficile et remplie de combats de Hrant Dink a modelé sa personnalité courageuse, sensible et décidée. C'est pourquoi il est devenu un défenseur et un symbole de la justice, de la liberté religieuse et des droits de l'homme. Il s'est engagé en faveur de ses opinions et de ses
idées sans se soucier des conséquences possibles. Il faisait les choses de manière tout aussi décidée quand il était convaincu de la nécessité de leur réalisation.

Hrant était autant lié à sa patrie qu'à son origine ethnique. Il aimait son lieu de naissance, son pays et les gens de son pays, sans trahir ses valeurs d'origine. Sa conduite courageuse était l'expression de son idée de l'homme anatolien, pleine d'altruisme, sans distinction de religion,
de race et d'origine. Hrant suivait ainsi le commandement de Dieu.»
Le patriarche Mesrob II a par ailleurs exprimé sa joie d'avoir appris, pendant sa visite de condoléances à Madame Dink, que Hrant croyait en Jésus et le vénérait comme notre Sauveur.

Le fait que le patriarche Mesrob II n'ait appris qu'après la mort de Hrant que celui-ci, un membre important de sa petite communauté, était un chrétien croyant donne une indication importante sur l'action de Hrant en Turquie. Avec ses convictions libérales de gauche, il se situait non seulement dans l'opposition dans son pays mais il était également dans l'opposition dans la petite communauté arménienne, laquelle est dominée par l'église arménienne. Il reprochait en particulier aux dirigeants de la communauté de trop se plier aux rapports en place et de ne pas s'exprimer de manière suffisamment forte contre les nombreuses discriminations vis-à-vis des minorités en général et de la communauté arménienne en particulier.

Malgré cela, ou peut-être justement grâce à cette critique et à ce courage, il était aimé de sa communauté.
DV\651100FR.doc
Traduction externe
FR
FR
Hrant Dink, récompensé par de nombreux prix pour son travail de journaliste, occupait également une place solidement établie dans la société turque. Le journal AGOS, édité par ses soins, et qui paraît également en turc contrairement à d'autres journaux arméniens, est aussi
apprécié par son lectorat turc. Le dialogue arméno-turc ainsi que le rapprochement et la promotion des relations entre la Turquie et l'Arménie étaient ses leitmotivs.

Hrant était convaincu que le passé ne pouvait être assumé et compris que dans la perspective des relations futures. La douloureuse histoire arménienne ne l'occupait pas moins que la diaspora arménienne. Il avait cependant un autre rapport, peut-être plus efficace, avec le débat sur le
génocide des Arméniens en 1915 que celui qui prévaut habituellement dans la Turquie actuelle.

Dans ses discours et ses écrits, il essayait de contourner le terme «génocide». Il informait ses lecteurs et auditeurs, il décrivait les événements de 1915 en leur laissant leur soin de la définition
et les priait de trouver eux-mêmes le terme approprié. Hrant était également apprécié par ses amis turcs car il avait également été poursuivi, comme beaucoup dans ce pays, pour son travail critique de journaliste. De nombreuses procédures étaient en cours contre lui. Il avait été condamné de manière exécutoire à six mois d'emprisonnement «pour insulte à l'identité turque» conformément à l'article 301 du Code pénal.

Dans son dernier article, il analysait de manière très fine pourquoi les procédures contre des écrivains «turcs», comme par exemple Orhan Pamuk, Elif afak, etc. avaient été suspendues alors que lui avait en revanche été condamné. Il savait comme aucun autre se rebeller contre
l'exclusion et l'injustice sans pour autant devenir un quémandeur et tirer de la joie de sa résistance. Sa condamnation l'avait peiné non seulement parce qu'il la considérait comme injuste mais aussi parce qu'il se sentait blessé dans sa conviction profonde en tant qu'antiraciste. Cela
faisait de lui un journaliste unique en son genre, aimé et apprécié en Turquie.

Sa mort signifie à coup sûr une grande perte pour la Turquie et pour la communauté arménienne dans la monde. Un événement politique, l'enterrement L'enterrement de Hrant Dink a été l'une des plus grandes manifestations de masse de la ville d'Istanbul. On attendait certes des milliers de gens pour dire adieu à Hrant Dink mais même les plus optimistes n'attendaient pas une foule de plus de cent mille personnes. Mardi 23 janvier, à 10 heures, quand nous
1
sommes arrivés devant la rédaction d'AGOS, des milliers de personnes
étaient déjà rassemblées là pour la manifestation qui devait commencer une heure plus tard.

Nous avons vu une marée humaine converger de tous les quartiers de la ville vers la rédaction d'AGOS jusqu'à l'ouverture de la manifestation qui a commencé par le discours de Madame Dink, «Lettre à mon bien-aimé»
2
. Le discours de Madame Dink, une déclaration d'amour, a non
seulement rempli les gens d'une profonde tristesse mais il contenait également un appel à accompagner Hrant dans son dernier voyage sans slogans et en «silence». Ce voeu a été respecté.

Il n'était pas facile d'embrasser du regard cette foule de manifestants jeunes et âgés issus manifestement de toutes les couches de la société. Nous nous trouvions comme pris dans une mer et ne pouvions voir que les vagues de personnes. Impossible de voir l'ensemble de la foule.

La famille et les invités ont quitté la manifestation après quelques kilomètres pour arriver à la messe prévue dans l'église de la vierge Marie. Cela n'a pas été simple. Non seulement les invités
1
Madame Hélène Flautre, présidente de la sous-commission des droits de l'homme, s'est également déplacée à Istanbul pour l'enterrement
2
voir annexe en EN
2/5
DV\651100FR.doc
FR
ont été gênés par la circulation automobile paralysée elle-même par la manifestation mais aussi par la seule masse des gens autour de l'église. Toutes les rues autour de l'église de la vierge Marie, siège du patriarcat, étaient bloquées par la foule. Non seulement les ambassadeurs de
plusieurs pays, dont les États-Unis, les Pays-Bas, l'Allemagne, avaient fait le déplacement depuis Ankara mais le gouvernement était lui aussi représenté par deux ministres. La presse, des représentants d'associations patronales, de syndicats, de partis, le maire de la ville d'Istanbul
ainsi que des représentants des communautés arméniennes du monde entier étaient rassemblés dans l'église.

Lors de la messe, le patriarche a fait montre d'une grande retenue. Il n'a effectué aucune analyse politique du crime ni élevé aucune accusation ni fait aucun commentaire vis-à-vis des organes de sécurité pour avoir négligé la protection de Hrant Dink. Néanmoins, deux revendications
importantes pouvaient clairement être entendues. Le patriarche a prié le gouvernement turc d'instaurer concrètement une liberté d'opinion complète en Turquie et de ne pas permettre que des gens soient inculpés, condamnés et encore moins assassinés pour cette raison. La deuxième
revendication concernait la discrimination subie par la communauté arménienne en Turquie.

Le patriarche a demandé la reconnaissance du fait que «les Arméniens sont des ressortissants turcs, vivent dans ce pays depuis des milliers d'années et ne doivent plus être considérés comme un corps étranger ou une menace». La déconstruction de cette image d'ennemi devrait commencer par un remaniement des livres scolaires.

La messe a été accompagnée et conclue par de la musique et des chants grégoriens. Les participants à la cérémonie et les manifestants se sont réunis à nouveau au cimetière.

La famille et la rédaction d'AGOS

Nous avions déjà rendu visite à la famille le 22 janvier peu de temps après notre arrivée pour transmettre nos condoléances ainsi que celles du Président du Parlement. Le petit appartement modeste du quartier de Bakirköy à Istanbul était envahi par des parents et amis de Hrant Dink.
Des représentants de partis politiques étaient dans la salle. La plus jeune de ses filles était auprès de sa mère. Madame Dink dégageait une impression de calme sans pouvoir cependant dissimuler sa peine. Ce flot de visiteurs était certainement une charge mais soulageait aussi la douleur de la famille. Le ministre de l'intérieur est entré au moment où nous quittions l'appartement. Deux jours plus tard, la visite du Premier ministre a été commentée dans la presse. Monsieur Erdogan est resté plus d'une heure auprès de la famille. Sa visite semble avoir été davantage qu'une
simple visite de courtoisie, comme certains communiqués de presse le laissaient entendre.

La situation économique de la famille semble être stable grâce à la librairie créée par Hrant Dink dans le quartier de Bakirköy. Avant son assassinat, il était sur le point de construire une nouvelle maison pour réduire la charge du loyer élevé de la librairie. Néanmoins, il ne sera pas facile pour
la famille de remplacer le travail et le réseau personnel de Hrant Dink. Ses enfants sont encore trop jeunes et n'ont pas terminé leurs études.
La famille devra également supporter le poids de son héritage politique qui a encore grandi en raison de son assassinat. Non seulement le journal AGOS, qui était cofinancé en partie par Hrant Dink, devra être soutenu mais la famille devra également canaliser de nombreuses initiatives qui
souhaitent maintenir en vie les idées de Hrant Dink via des fondations et diverses activités culturelles et politiques, ce qui n'est pas simple à organiser.
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Le journal AGOS, sa plate-forme politique et culturelle, a montré lors de l'organisation de la manifestation que la vingtaine de personnes qui travaillent pour ce journal sont capables de continuer à assurer la réussite d'AGOS. L'ami le plus proche de Dink, le journaliste Etyen Mahçupyan, prend provisoirement en charge la rédaction et soutiendra la famille en tant que directeur de la publication. Même si la situation financière n'est pas très stable, il semble que le journal soit quand même en mesure de s'autofinancer.

Cela serait une grande perte pour la Turquie si elle devait perdre AGOS en même temps que Hrant Dink. Nous avons rendu visite
deux fois à la rédaction et nous l'avons assurée de notre soutien.
Les meurtriers et la liberté d'opinion en Turquie Le meurtrier, un jeune de 17 ans originaire de la ville de Trabzon, a été arrêté relativement vite
deux jours après les faits. L'assassinat un an auparavant d'un prêtre italien dans la ville de Trabzon, également par un adolescent de 16 ans, avait attiré l'attention de la presse non seulement sur cette ville mais aussi sur le fait que des mineurs fanatisés étaient utilisés pour des meurtres politiques. Jusqu'à présent, sept instigateurs issus des cercles ultranationalistes ont été arrêtés et sont actuellement interrogés. Ce sont eux aussi de jeunes hommes dans les 25 ans.


Deux théories sont débattues dans la presse turque.
Certains supposent que les commanditaires utilisent les mêmes méthodes que les auteurs d'attentats suicides et emploient délibérément des mineurs pour leurs crimes. Fanatisés par le nationalisme et l'intégrisme, ces jeunes sont déployés contre les journalistes, les écrivains et les
hommes politiques critiques. L'un des jeunes déclarait, après son arrestation, qu'il voulait tuer l'écrivain Orhan Pamuk, également mis en accusation au titre de l'article 301 du Code pénal, qui a été distingué l'an dernier par le prix Nobel de littérature. La thèse soutenue est que les
instigateurs font partie des partis politiques et entretiennent des liens avec certaines composantes des forces de sécurité.

La deuxième thèse s'appuie sur une théorie selon laquelle les meurtriers sont des bandes de jeunes fanatisés via Internet. Les premiers indices montrent que les jeunes sont reliés les uns aux autres via Internet et communiquent avec d'autres cercles ultranationalistes. Cette version serait la plus dangereuse car on peut supposer qu'il existe des centaines de ces bandes de jeunes dans toute la Turquie.

Quoi qu'il en soit, dans tous les cas, tous les journalistes, écrivains et hommes politiques critiques qui ont été inculpés ou condamnés au titre de l'article 301 sont menacés. Presque tous les journalistes et écrivains inculpés au titre de l'article 301 sont sous la protection de la police.
Avec raison car le dernier article de Hrant Dink
1
, publié en deux parties les 12 et 19 janvier dans
AGOS, révèle le lien entre l'emploi de cet article et la menace qui pèse sur les journalistes. Hrant se plaint dans cet article que ses accusateurs l'aient condamné à six mois d'emprisonnement malgré l'expertise demandée par le tribunal et contre l'avis du procureur.

Hrant souffre de ce jugement car il le condamne de manière exécutoire et à tort pour«dénigrement de l'identité turque». Il décrit en outre comment il a été érigé en cible par les
1
voir annexe «
The `pigeon skittishness' of my soul», AGOS, 12 et 19 janvier 2007
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cercles ultranationalistes. Cette méthode souvent réitérée en ce qui concerne l'article 301 est importante pour le débat que nous allons engager peu après.

Hrant avait rapporté le 6 février 2004 dans un article que la fille adoptive d'Atatürk, Madame Sabiha Gökçen, était d'origine arménienne et qu'Atatürk l'avait adoptée dans un orphelinat. Il publiait comme preuve dans l'article en question son entretien avec des membres de la famille de
cet enfant. L'un des plus grands journaux du pays a fait de ce rapport l'un de ses grands titres le 21 février 2004 et a déclenché ainsi une avalanche de commentaires positifs et négatifs. La position la plus dure venait cependant de l'état-major de l'armée qui a classé l'article de Hrant
comme un délit. Il a ainsi été conduit le jour suivant au bureau du gouverneur et mis en garde.

Hrant Dink s'est efforcé d'expliquer de son côté que pour lui, en tant que journaliste, le fait d'apprendre que l'enfant adoptif d'Atatürk était une jeune fille arménienne était une information absolument fondamentale. Il avait donc voulu «discuter de la question arménienne non pas seulement en ce qui concerne les morts mais aussi les vivants et les survivants».

Hrant Dink
remarquait à ce sujet : «....je vois cependant qu'il est encore plus difficile de discuter des survivants». AGOS est la cible de manifestations des ultranationalistes dans les jours qui suivent. Ses discours et ses écrits sont examinés à la loupe. Une «grande association de juristes», également
ultranationaliste, porte plainte contre lui. Elle utilise pour cela une phrase d'un article paru dans AGOS le 13 février 2004 et sortie de son contexte. Le ministère public est saisi sur la base de l'article 301. Hrant Dink est condamné par toutes les instances et en l'absence de tout bon sens
juridique.

Les procédures auprès de toutes les instances juridiques et la nécessité de devoir se tourner vers la Cour européenne des droits de l'homme tourmentaient beaucoup Hrant Dink. Il se sentait persécuté et menacé. Il disait à ses amis qu'il avait peur. Son dernier article donne une bonne
idée de ce qu'il a dû ressentir au cours des derniers mois de sa vie.
La mort de Hrant Dink a placé deux questions importantes en Turquie dans la conscience collective: la liberté d'opinion menacée et la question arménienne. Les condoléances et les foules qui ont dit adieu à Hrant Dink nous obligent également, dans les mois et années à venir, à mettre
ces deux questions au coeur de notre travail.

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 PostPosted: Wed Jul 04, 2007 2:40 pm    Post subject: Intervention de Rakel Dink lors du procès des meurtriers Reply with quote Back to top

4 juillet 2007 | armenews | Stéphane

TURQUIE

L’intervention de Rakel Dink lors du procès des présumés meurtriers de son mari

Mon histoire commence par la tribu arménienne de Varto qui est un des restes de 1915. Je suis né en 1959 dans la tribu arménienne de Varto qui se trouvait à la frontière de Mardin ; maintenant dans le district de Sirnak. Aujourd’hui la ville est appelée Yolagzi. Le nom Varto est le nom de mon grand grand-père, Vartan.

Pour subsister la tribu a migré à Istanbul en 1978. Jusqu’à la migration, leur vie dans le village et ensuite dans la ville a passée à lutter devant les tribunaux contre les actes de fraude que les propriétaires des villages voisins fabriquaient. Ces villages voisins ont été construits sur nos pays.

Ils ont été battus, blessés et ont réchappé miraculeusement à des tentatives de meurtre. Mon père a vécu une vie honorable sans nier ses racines et sa religion. Il est décédé à Bruxelles il y a trois ans, avec son esprit et son âme inquiétés au sujet de sa terre, dont les procès continuent toujours . Ses enfants lui ont promis qu’ils continueraient la lutte. Il n’a jamais agi en lâche, n’était pas paresseux, n’a jamais mis un mauvais oeil sur le travail de l’autre et ne nous a jamais imposé avec l’animosité.

J’ai rencontré mon tendre mari aimé, que j’ai eu l’habitude d’appeler Çutag, Hrant Dink dans une pension nous avons grandi ensemble, nous nous sommes mariés. Ils nous ont dépouillé de notre pension. Avec l’aide de Jésus Christ nous avons surmonté tous les obstacles, les privations. Nous nous sommes inquiétés ensemble des problèmes de notre pays. Et maintenant, je pleure avec une tristesse profonde.

Jusqu’à aujourd’hui nous n’avons été menacés, humiliés, insultés d’être des Arméniens ; nous avons entendu les gens considérés les Arméniens comme une malédiction. Nous l’avons entendu et nous l’entendons toujours dans les journaux, la télévision, des bureaux d’enregistrement des naissances ; des fonctionnaires aux autorités les plus hautes. Parfois nous avons été traités comme si nous n’étions pas des citoyens de ce pays, mais des migrants d’ailleurs. Nous sommes toujours témoin de tout ceux-ci et cette structuration et cette compréhension ; cette obscurité continuent à transformer des bébés en meurtriers.

Le verset 21:3 dit « Dieu souhaite la légitimité et la justice plutôt que des sacrifices ». Aujourd’hui, nous voyons ici des bébés qui sont devenus des meurtriersi ; où est l’obscurité qui les a crée ?

L’obscurité que j’indique n’est inconnu de personne. Vous pouvez trouver les pièces de cette obscurité dans des fonctions de gouverneur, dans la Gendarmarie, dans des Forces Armées, dans le Service National de Renseignementsl, dans la Police, dans le Gouvernement, dans les partis d’opposition, dans les partis qui n’ont pas de siège dans le Parlement et même dans les médias et les organisations non gouvernementales. Leurs noms, leurs position sont connu. Ils créent continuellement des meurtriers à partir de bébés et ils le font pour servir la Turquie.

Nous les avons vus devant le front d’AGOS après l’article sur Sabiha Gokcen et devant les tribunaux où mon mari était poursuivi. Mais pour quelque raison, la justice et le pouvoir judiciaire ne peuvent pas s’étendre sur eux, ne veulent pas s’étendre à eux. Parce que, ils savent que s’ils creusent plus loin ils verront que cette obscurité existe dans eux aussi.

Donc, si vous n’êtes pas de cette obscurité et que vous ne l’approuvez pas, ne soyez pas avec eux soyez assez courageux pour aller plus profondément et démolissé toutes les barrières qui ont été mises dans ce procès. Soyez l’instrument de la justice de Dieu ; pour que la Turquie puisse être heureuse et que cela devienne le point de départ de jours brillants pour la Turquie.

Votre honneur, mon mari a été poursuivi pour ce qu’il a écrit, pour ce qu’il a pensé et parlé. En tant qu’innocent, dû à cet arrangement de l’Etat il a été déclaré coupable. Je crois que les expressions de l’Etat : soutient le séparatisme, insulte, dégradation ; encourage et multiplie les bébés meurtriers. En bref, la source de ce printemps est la perception et le discours. Je suis contre ce discours et ceux qui le parlent dehors.

Moi, comme un membre du peuple qui vit sur ce sol depuis Noah, veut sentir et voir mes enfants et moi-même comme des citoyens turcs d’origine arméniennes, comme des citoyens égaux.

Notre proverbe dit « Celui qui refuse son origine est perdu ». À quoi vous attendriez-vous de celui qui nie ou cache son origine ? Comment pouvez-vous établir une construction forte, un bon caractère sur une base défectueuse ? Je vous le demande, pouvez-vous avoir confiance en lui ? Signifie-t-il que nous sommes des ennemis parce que nous n’avons pas nié nos origines ?

Mon mari bien aimé a travaillé dur, n’a jamais menti, n’a jamais agi injustement, n’a jamais dit un mot contre son pays ici ou à l’étranger. Il était un défenseur de la vérité et il a vécu comme un vrai fils et un vrai citoyen. En retour il a reçu la balle de traîtres.

Indépendamment de la justice vous verrez comme convenable, elle ne me rendra pas mon mari. Aucune des décisions ne sera aussi équivalente à la perte de mon mari. Si la justice est la base de la terre donc je suis à la recherche de cette justice. Je veux que la Turquie construise sur cette base. Je veux le voir pas uniquement dans des mots, je veux le voir dans la vie quotidienne, dans le discours. Donc, je demande que tous les responsables et les autorités déclarent : « nous ne pouvions pas, nous ne voulions pas protéger votre mari, notre citoyen. Nous reconnaissons avoir commis un crime et nous nous excusons ».

Je demande de l’honorable cour qui est la représentante de l’état que tous les criminels reçoivent la punition qu’ils méritent. Je ne sens aucune haine vis-à-vis de n’importe lequel d’entre eux ; au contraire je les trouve tous malheureux et je sens de la pitié pour eux. . Je prie avec miséricorde pour eux avec l’amour et la justice de Jésus Christ, celui qui sait tout, voit tout. Je souhaite qu’avec l’aide de l’Esprit Saint, ils puissent estimer qu’ils ont besoin de cette pitié. Et je demande que vous agissiez et décidiez en accord avec vos responsabilités.

Avec tout mon respect.

Rakel Dink
 
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