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Guerre Ossetie - Géorgie: le conflit jour après jour

 
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 PostPosted: Tue Aug 12, 2008 3:15 pm    Post subject: Guerre Ossetie - Géorgie: le conflit jour après jour Reply with quote Back to top

Le conflit en Géorgie, jour après jour

12 août 2008 | Le Monde

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Lundi 11 août : La Géorgie accuse la Russie de l'envahir

Tbilissi accuse Moscou d'envahir son territoire. La Géorgie, qui avait décrêté un cessez-le-feu en Ossétie du Sud dimanche, n'a pas mis ces promesses à exécution, selon Moscou. Et un journaliste de Reuters à Tskhinvali, la capitale sud-ossète, a pu voir lundi six hélicoptères de combat géorgiens bombarder des cibles aux abords de la ville désormais contrôlée par l'armée russe. La Russie a tiré prétexte de ces tirs pour ne pas se soumettre au cessez-le-feu demandé par la communauté internationale. Elle a au contraire accru ses opérations en Géorgie, et selon un correspondant de Reuters, ses soldats, chars et lances-roquettes multiples continuaient d'affluer vers l'Ossétie du Sud. Des témoins ont confirmé une partie des raids aériens russes nocturne dénoncés par Tbilissi, visant la banlieue de la capitale géorgienne, Gori et Poti.


Moscou a reconnu compter désormais plus de 9 000 hommes et 350 blindés en Abkhazie, l'autre région sécessionniste géorgienne alliée à Moscou, et avoir pris position autour la ville géorgienne de Senaki, à 50 km de l'Abkhazie, afin d'empêcher les forces géorgiennes de se regrouper pour attaquer l'Ossétie du Sud. Mais Moscou a démenti occuper Gori, considérée comme un noeud stratégique entre l'est et l'ouest du pays, située près de l'Ossétie du Sud, à 90 km de Tbilissi.

Le président géorgien Mikheïl Saakachvili a annoncé dans la soirée que les forces russes occupent désormais "la majeure partie" du territoire géorgien, contraignant les troupes géorgiennes à se replier pour défendre la capitale, laquelle n'est toutefois pas menacée immédiatement. Il a aussi accusé la Russie de vouloir "remplacer le gouvernement à Tbilissi" et "contrôler les voies d'approvisionnement en énergie". Moscou a répondu n'avoir aucune intention de marcher sur Tbilissi.

Diplomatie. Bernard Kouchner a débuté dimanche soir à Tbilissi une médiation au nom de l'Union européenne, dont la France assure la présidence. Selon le chef de la diplomatie française, le président géorgien a "accepté à peu près toutes les propositions" du plan de paix de l'UE. Le premier vice-premier ministre russe Sergueï Ivanov a lui écarté les propositions de l'UE, estimant qu'il fallait un "engagement écrit signé d'un côté par la Géorgie et de l'autre par l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, de ne plus jamais recourir à la force à l'avenir". Avec son homologue finlandais Alexander Stubb, qui préside l'OSCE, M. Kouchner s'est ensuite rendu à Vladikavkaz, en Ossétie du Nord (sud de la Russie), et était attendu dans la soirée à Moscou. Paris a indiqué que Nicolas Sarkozy se rendra mardi dans la capitale russe, M. Saakachvili a dit l'attendre le même jour à Tbilissi. Washington a annoncé le départ d'un émissaire américain, Matthew Bryza, pour une mission de médiation avec l'UE dans la région.

La Commission européenne, Washington, Londres et les chefs de la diplomatie du G7 ont appelé Moscou à cesser les combats et à respecter l'intégrité territoriale de la Géorgie. Vladimir Poutine a dénoncé en retour le "cynisme" américain et sa "capacité à présenter l'agresseur en victime de l'agression", et accusé Washington de "gêner" les opérations militaires russes en aidant au rapatriement des soldats géorgiens d'Irak. Le président russe Dmitri Medvedev a indiqué dans la matinée qu'une "part importante" des opérations russes en Ossétie du Sud était terminée. Il s'est prononcé pour l'envoi d'une mission de l'OSCE en Ossétie du Sud en raison de la "catastrophe humanitaire" à la suite de "l'agression géorgienne". Le représentant permanent de la Russie auprès de l'OTAN a obtenu l'organisation mardi d'une réunion extraordinaire OTAN/Russie, jugeant que le président géorgien qui "n'est plus un homme avec qui nous pouvons avoir affaire".

Bilan. Le bilan des affrontements reste impossible à vérifier. La Russie, qui avait fait état de 2000 morts dimanche, parle désormais de 1 600 civils tués, et côté militaire, de 18 soldats tués, 52 blessés et 4 avions abattus. Mais selon la Géorgie, entre "80 et 90" avions militaires russes ont été abattus et "des centaines de soldats russes" tués. Tbilissi, qui avait fait état dimanche de 130 civils et militaires tués (dont 80 % de militaires) et 1 165 blessés, indique désormais que 90 % des victimes géorgiennes sont des civils. Un avion de combat géorgien a été abattu, selon les séparatistes ossètes.

La situation humanitaire en Ossétie du Sud et en Géorgie est "très grave", selon le Comité international de la Croix-Rouge qui souligne "l'augmentation des pertes parmi les civils" et se prépare à envoyer 15 tonnes de médicaments et de matériel médical. Près de 80 % des 50 000 habitants de Gori ont fui par peur des bombardements russes dans la zone, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

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Dimanche 10 août : la Géorgie décrète un cessez-le-feu, Moscou temporise

La situation sur le terrain. La Géorgie accuse Moscou d'avoir dépêché dix mille soldats russes supplémentaires en Ossétie dans la nuit, et de poursuivre ses raids, avec notamment des tirs, dans la matinée, sur un aéroport militaire proche de Tbilissi (ce que confirmera plus tard l'ONU), d'autres près de la frontièreabkhaze, et une bombe tombée en fin de journée à 200 mètres d'une piste de l'aéroport international de Tbilissi, ce que Moscou dément. Selon Tbilissi, la marine de guerre russe bloque son port de Poti, sur la mer Noire, empêchant des livraisons de carburant et de céréales. Moscou répond que ses navires ne bloquent pas les livraisons de pétrole mais se réserve le droit d'inspecter les bâteaux entrant et sortant du port.

Tbilissi commence à se retirer de l'Ossétie, conformément aux demandes internationales qui pressent également Moscou de quitter la région. Les troupes russes indiquent à la mi-journée avoir ainsi largement repris le contrôle de la capitale ossète, Tskhinvali. Elles confirment une amorce de retrait géorgien, tout en estimant Tbilissi dispose d'environ 7 400 soldats, cent chars et de pièces d'artillerie dans la région. Tbilissi accuse les forces russes de se diriger vers le sud, et la ville géorgienne de Gori. Dans la soirée, Moscou indique que les troupes géorgiennes se retirent bien de Tskhinvali.

La situation se tend à la frontière de l'Abkhazie. Le président de cette région séparatiste pro-russe de Géorgie, qui avait fait sécession en 1992 comme l'Ossétie du Sud, annonce avoir dépêché 1 000 soldats et mobiliser les réservistes contre les troupes géorgiennes, dans la seule vallée qu'elles contrôlent dans la province. Selon Tbilissi, Moscou a envoyé des soldats et des pièces d'artillerie pour épauler les Abkhazes. L'Abkhazie annonce plus tard que la Géorgie a concentré plus de 4 000 soldats le long de la frontière.

Des compagnies aériennes suspendent leurs liaisons avec la Géorgie, et plusieurs pays rapatrient leurs ressortissants qui se trouvent en Géorgie.

Bilans des morts et des déplacés. Deux journalistes géorgiens ont été tués en Ossétie du Sud, selon des médias russes. Le président russe, après d'autre responsables, dénonce à son tour un "génocide". Moscou parle de "plus de 2 000 morts" depuis le début du conflit, vendredi à l'aube. Tbilissi fait pour sa part état de quelque 80 morts, alors qu'il évoquait la veille 150 victimes. Environ 40 000 personnes ont été contraintes de quitter leur domicile en raison du conflit en Géorgie, selon la Croix-Rouge internationale.

L'appel de la Géorgie à un cessez-le-feu. Vers 16 h 30, heure française, Tbilissi annonce avoir ordonné à ses forces un cessez-le-feu immédiat en Ossétie du Sud et appelle la Russie à commencer des pourparlers pour mettre fin aux hostilités. Mais la diplomatie russe accuse la Géorgie de poursuivre les hostilités dans la république séparatiste. Berlin annonce un peu plus tard être parvenu à susciter un entretien téléphonique entre ses homologues russe et géorgienne. Lors de cette conversation, la partie russe demande "un retrait complet" des troupes géorgiennes. Le président russe Dmitri Medvedev réclame également un retrait sans condition, et aurait demandé que Tbilissi signe également un engagement à ne pas attaquer la province séparatiste.

Le vice-ministre des affaires étrangères russe, Grigori Karassine, accuse les pays et les médias occidentaux de parti pris pro-géorgien dans le conflit en cours. La Russie "n'a pas l'intention d'envahir la Géorgie", assure sur CNN le chargé d'affaires russe aux Etats-Unis, Alexandre Darchiev, tout en insistant sur la responsabilité de Tbilissi dans le conflit en cours. Environ 40.000 personnes ont été contraintes de quitter leur domicile en raison du conflit en Géorgie, a annoncé dimanche à l'AFP une porte-parole de la Croix-Rouge internationale.

Vers une résolution à l'ONU. Bernard Kouchner arrive dans la soirée à Tbilissi au nom de l'Union européenne, dont la France assure la présidence, accompagné du Finlandais Alexander Stubb, qui représente l'OSCE. Il se rendra probablement lundi à Moscou. Il défendra le plan de sortie de crise proposé samedi par la France, qui prévoit une cessation immédiate des hostilités, le "plein respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie", et le "rétablissement de la situation qui prévalait antérieurement sur le terrain, qui implique le retrait des forces russes et géorgiennes sur leurs positions antérieures, avec des formules d'accompagnement international".

L'Elysée annonce que la réunion d'urgence des ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept aura lieu mercredi à Bruxelles. Le chef de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski, suggère que l'UE envoie une force de stabilisation dans la région. Nicolas Sarkozy, qui a multiplié les contacts téléphoniques, estime qu'"il existe désormais de réelles perspectives pour parvenir rapidement à une sortie de crise" en Ossétie du sud, "après le retrait des forces géorgiennes" de cette république séparatiste. Il se rendra à Moscou en début de semaine prochaine, annonce le Kremlin.

Washington adresse sa plus forte mise en garde à Moscou depuis le début du conflit, prévenant du risque de conséquences "importantes" qu'auraient sur les relations avec les Etats-Unis la poursuite d'une "escalade dangereuse et disproportionnée" de la part de la Russie dans le conflit avec la Géorgie.

Le Conseil de sécurité de l'ONU débute sa quatrième réunion en trois jours pour tenter de se mettre d'accord sur un texte appelant à la fin du conflit. L'ambassadeur américain à l'ONU, Zalmay Khalilzad, accuse la Russie d'empêcher le retrait des forces géorgiennes de l'enclave séparatiste d'Ossétie du Sud et annonce qu'un projet de résolution demandant un cessez-le-feu immédiat entre la Russie et la Géorgie sera présenté dans les prochaines heures, et pense qu'il sera adopté. Il accuse Moscou de chercher à faire tomber le régime géorgien à travers la crise actuelle, ce que Moscou dément, tout en qualifiant de "complètement inacceptables" les accusations des Etats-Unis, selon lesquelles les militaires russes mèneraient une campagne de "terreur" en Géorgie.

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Samedi 9 août : nombreux raids russes en Géorgie, hors de la province ossète

La situation sur le terrain. La Russie envoie des renforts en Ossétie du Sud pour y appuyer les séparatistes, affirmant avoir "libéré" la capitale de la province, Tskhinvali, mais la Géorgie assure en garder le "contrôle complet". L'aviation russe intervient, multipliant les raids hors de la région ossète. La Géorgie accuse aussi l'aviation russe d'avoir visé, mais manqué, un oléoduc reliant l'Asie à l'Europe, et "complètement détruit" les installations du port de Poti, sur la mer Noire.

L'Abkhazie, autre région géorgienne sécessionniste, annonce avoir déclenché une opération armée pour évincer la Géorgie d'une vallée que se disputent les deux parties, ouvrant ainsi un "deuxième front" contre Tbilissi. Mais la Géorgie affirme avoir "repoussé" cette opération militaire "de grande envergure", accusant l'aviation russe.

La Géorgie se déclare en état de guerre pour quinze jours. Tbilissi, qui devait retirer la quasi-totalité de son contingent en Irak d'ici à la fin de l'été, prévoit désormais de rapatrier au plus vite les deux mille soldats qui y sont déployés. Le président Mikheïl Saakachvili se dit prêt à "cesser le feu immédiatement si l'autre partie cesse de tirer et de bombarder". "La réalité, c'est que le petit pays qu'est la Géorgie est attaqué de façon brutale par son voisin russe", coupable selon lui de "crimes de guerre".

Le premier ministre russe Vladimir Poutine en visite surprise en Ossétie du Nord déclare "légitimes" les opérations de Moscou en Ossétie du Sud et somme Tbilissi de cesser son "agression" et son "génocide". Moscou accuse l'Ukraine d'avoir encouragé la Géorgie à opérer un nettoyage ethnique en Ossétie, où la plupart des habitants ont un passeport russe, dénonçant une entente entre les deux ex-républiques soviétiques qui souhaitent rejoindre l'OTAN.

Intense activité diplomatique. Les Etats-Unis sont les plus virulents à critiquer Moscou : pour George Bush, les attaques russes "dans des régions de Géorgie éloignées de la zone de conflit de l'Ossétie du Sud", constituent "une dangereuse escalade". Il exhorte Moscou à "cesser immédiatement ses bombardements". Après une première réunion infructueuse vendredi, le Conseil de sécurité de l'ONU prévoit de se réunir à nouveau sur ce sujet.

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Vendredi 8 août : la Russie entre dans le conflit après l'intervention géorgienne

Début de l'offensive de Tbilissi. Vers 1 heure du matin, heure française, l'armée géorgienne lance une vaste offensive terrestre et aérienne contre l'Ossétie du Sud, expliquant vouloir "établir l'ordre constitutionnel dans l'ensemble de la région". Dans une allocution télévisée matinale, le président Mikheïl Saakachvili affirme que la majorité du territoire de la province a été "libérée" et se trouve sous contrôle géorgien. Il "exige" de la Russie qu'elle "arrête les bombardements" de villes géorgiennes. Moscou dément toute frappe en territoire géorgien.

De Pékin, Vladimir Poutine promet des "mesures de rétorsion" contre les Géorgiens, qui "ont de facto lancé les hostilités en utilisant des chars et de l'artillerie". Le président russe, Dmitri Medvedev, avertit que son pays ne laissera pas "impunie" la mort de ses "compatriotes" en Ossétie du Sud – la plupart des sept cent mille Ossètes ont en effet des passeports russes.

Des blindés russes, ainsi que des "volontaires" en provenance de la république russe d'Ossétie du Nord, entrent à la mi-journée en Ossétie du Sud, et gagnent Tskhinvali, qui a été "presque entièrement détruite" par les bombardements géorgiens, selon un commandant des forces de paix russes sur place. Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, dénonce des "scènes de nettoyage ethnique" en Ossétie du Sud.

Tbilissi lance un appel à la communauté internationale lui demandant de stopper "une agression militaire directe" de la Russie sur son territoire. Et annonce plus tard avoir "perdu le contrôle d'une partie" de Tskhinvali.

Diplomatie. Réuni en urgence à la demande de Moscou peu après le début de l'offensive géorgienne, le Conseil de sécurité de l'ONU ne parvient pas à un accord. L'Union européenne, l'OTAN, le Conseil de l'Europe et l'OSCE, ainsi que la Turquie, notamment, appellent la Russie et la Géorgie à un cessez-le-feu. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, appelle la Russie à "respecter l'intégrité territoriale de la Géorgie et à retirer ses troupes de combat du sol géorgien".

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Jeudi 7 août : fortes tensions, bref cessez-le-feu

Les tensions en Ossétie du Sud et dans une autre région séparatiste géorgienne, l'Abkhazie, toutes deux soutenues par Moscou, se sont aggravées ces derniers mois, sur fond de rivalités russo-géorgiennes pour le contrôle de la région. Les Ossètes du Sud, qui ont proclamé leur indépendance en 1992 après la chute de l'URSS, aspirent à rejoindre la Fédération de Russie dont fait partie l'Ossétie du Nord. Dans la journée, des affrontements "de grande envergure" ont tué deux soldats géorgiens et en ont blessé grièvement trois autres, selon le conseil national de sécurité géorgien.

Pourtant, à la nuit tombée, le calme semble être revenu. Géorgie et Ossétie du Sud se sont mises d'accord sur un cessez-le feu jusqu'à une rencontre de leurs représentants, prévue le lendemain. Le cessez-le-feu est observé pendant quelques heures des deux côtés, mais vers 22 heures, les combats reprennent. L'armée géorgienne, qui accuse les séparatistes ossètes d'avoir rompu le cessez-le-feu, lancera dans la nuit une vaste offensive terrestre et aérienne contre la province.
 
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