
Génocide arménien, crime et négation du crime

Janvier 2012 | Le Monde Diplomatique | Atlas Histoire version livre | Vicken Chétérian
Souvent qualifié de « premier génocide du XXe siècle », le massacre des Arméniens par l’Empire ottoman en 1915-1918 constitue le premier exemple d’une tuerie de masse perpétrée par un Etat contre une partie de sa population. De nombreuses nations, à commencer par la Turquie, n’ont toujours pas pleinement reconnu ce génocide.
Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, deux évolutions majeures pèsent sur les relations entre le calife ottoman et la communauté arménienne. D’une part, les ambitions coloniales européennes se traduisent par une pression croissante sur les marges d’un empire en déclin. Sous prétexte de « protéger les minorités chrétiennes », les tsars russes repoussent leurs frontières au détriment des Ottomans. Leurs annexions en Crimée, dans le Caucase et dans les Balkans, jettent sur les routes des milliers de musulmans qui se réfugient au coeur du territoire ottoman. Cet afflux de population exacerbe les tensions entre majorité musulmane et minorités chrétiennes.
D’autre part, la présence dans les universités européennes d’étudiants ottomans séduits par les idées d’émancipation favorise la création de partis politiques arméniens progressistes, le Henchak (social-démocrate) et la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA, nationaliste de gauche). A partir des années 1890, ces partis réclament des réformes politiques, en faveur notamment de la paysannerie arménienne, qui endure des impôts élevés et des massacres sporadiques.
Face à ces demandes, le sultan Abdülhamid II opte pour la répression. Entre 1894 et 1896, les revendications politiques des Arméniens déclenchent des persécutions qui font 200 000 morts. En 1908, le « sultan rouge » est renversé par le Comité pour l’union et le progrès (CUP), qui jouit du soutien des officiers de l’armée. Le CUP veut réformer l’empire, alors en voie de désintégration, soulevant l’enthousiasme de nombreux Ottomans, parmi lesquels des Arméniens.
La FRA collabore étroitement avec le nouveau pouvoir et joue un rôle central au Parlement. Cette alliance se désagrège toutefois en 1909, quand de nouvelles exactions provoquent une trentaine de morts parmi les Arméniens. Le CUP et la FRA rompent tout contact en 1913. Alors que le pouvoir se concentre entre les mains des « trois pachas » (Enver, Cemal et Talat), le CUP renonce à son programme de réformes. En quête d’une nouvelle légitimité, le régime développe une idéologie nationaliste fondée sur le rêve d’un grand Empire turc s’étendant au Caucase et à l’Asie centrale.
Massacre planifié
Le 28 octobre 1914, la Turquie se rallie aux puissances centrales : l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie. Le ministre de la guerre, Enver Pacha (1881-1922), entend profiter du conflit pour chasser les Russes du Caucase du Sud. Il prend lui-même les commandes de la IIIe armée ottomane, et la défaite que lui infligent les troupes russes à la bataille de Sarikamis n’en est que plus cuisante. Repoussés vers les montagnes, la plupart des rescapés turcs périssent dans des tempêtes de neige.
Cette débâcle précipite les événements. Enver rend la population arménienne locale responsable de la déroute de son armée. Il désarme les soldats arméniens et les affecte à des « bataillons de travail » auxquels ils ne survivront pas. Le 24 avril 1915, la police turque arrête des centaines d’intellectuels arméniens à Istanbul, capitale de l’empire, et procède à leur déportation puis à leur assassinat. En mai, ordre est donné de transférer la population arménienne de l’Empire ottoman dans le désert syrien. Plus de la moitié – soit environ 1 million de personnes, selon les estimations les plus fiables – périt dans les massacres, meurt d’épuisement sur les routes ou succombe de faim ou de maladie dans les camps de réfugiés. L’Etat saisit les biens de centaines de milliers d’Arméniens. Les déportations, exécutions et mauvais traitements font aussi des milliers de victimes parmi les chrétiens d’Orient et les Grecs pontiques, confirmant l’existence d’un plan visant à décimer la population selon des critères ethniques.
Le crime de génocide s’achève par sa négation. Depuis neuf décennies, les autorités turques persistent dans leur politique de non-reconnaissance. La position d’Ankara se résume à cette triple affirmation : « Il n'y a pas eu de génocide ; le nombre des victimes s'établit à 300 000 morts ; la responsabilité des événements incombe aux Arméniens eux-mêmes qui ont trahi la Turquie. »
Dans les années 1970, ce négationnisme se heurtera à l’émergence d’un mouvement politique arménien recourant à la lutte armée pour se faire entendre de la « communauté internationale ». Depuis, l’Organisation des Nations unies et les Parlements de divers pays, tels que la France ou la Russie, ont adopté des résolutions visant à reconnaître le génocide arménien. En Turquie même, où les libertés démocratiques ont gagné du terrain dans les années 1990, la question arménienne fait l’objet de débats ouverts dans le monde intellectuel, qui a pris ses distances à l’égard des vérités officielles.
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Press release Switzerland - Armenia Association

Press release - Communiqué de presse - Medienmitteilung
Switzerland - Armenia Association
Association Suisse - Arménie
Gesellschaft Schweiz - Armenien
Les Protocoles entre l'Arménie et la Turquie: feuille de route pour la négation d'un génocide
April 22, 2011
Les Protocoles entre l'Arménie et la Turquie, scellés en 2009 sous l'égide de la Suisse, donnent à la Turquie la possibilité d'escamoter sa responsabilité concernant le génocide des Arméniens. Pendant le sommet officiel prévu le 3 mai 2011 à Berne entre la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey et le président de la République d'Arménie Serj Sargssian, il est entre autres prévu de raviver la flamme de ces Protocoles. En aidant la Turquie à nier le génocide des Arméniens dans le cadre du processus de réconciliation arméno-turque, la Suisse a perdu de sa crédibilité en tant que médiatrice.
Il se pourrait bien que Berne ait lancé sa nouvelle offensive diplomatique autour de la commémoration du Mèdz Yéghern dans ce seul but : affaiblir la force symbolique de cette journée du souvenir. Pour rappeler le crime dont a été victime le peuple arménien dispersé aujourd'hui dans plus de 85 pays, l'Association Suisse-Arménie (ASA) sera présente dimanche 24 avril à la manifestation organisée à Genève devant l'ONU par l'Union Arménienne de Suisse. Selon l'ASA, la jeunesse arménienne a raison de vouloir se rapprocher de la jeunesse turque. C'est là un bon moyen de tourner la page la plus sombre de l'histoire des deux peuples. Mais encore faut-il que la jeunesse turque reconnaisse la vérité, ce qu'elle ne pourra pas faire tant que le Gouvernement d'Ankara continuera à propager des thèses négationnistes.
La négation du génocide des Arméniens porte atteinte à la dignité humaine et constitue en Suisse un acte raciste. Depuis dix ans, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) est impliqué, avec le Département d'État américain, dans un processus de réconciliation entre les peuples arménien et turc. À la veille du 96e anniversaire du Mèdz Yéghern, l'ASA fait part de sa consternation, parce que le DFAE a promu ce processus favorisant une banalisation du génocide. À l'époque de celui-ci, l'Appenzellois Jakob Künzler sauvait des milliers d'orphelins arméniens ; aujourd'hui la Suisse fait des courbettes intéressées à la Turquie en lui offrant sur un plateau d'argent le moyen de perpétuer une négation.
En effet, la Suisse a joué un rôle important dans la signature en 2009, à Zurich, des Protocoles entre la République d'Arménie et la République de Turquie, des textes dont le but est, selon le Ministre des Affaires étrangères turc M. Ahmet Davoutoglou lui-même, de remettre en question la véracité du génocide, de ralentir le mouvement de reconnaissance de ce crime à l'échelle internationale, de rendre caduc l'arbitrage des frontières entre la Turquie et l'Arménie rendu par le président américain Woodrow Wilson en novembre 1920 et de favoriser une solution du conflit du Haut-Karabagh à l'avantage de l'Azerbaïdjan.
Le Conseil national en 2003 et le Tribunal fédéral à deux reprises, en 2007 et 2010, ont clairement rappelé que le génocide des Arméniens est un fait avéré, reconnu par la communauté internationale. En affirmant que la qualification du premier grand crime contre l'humanité du 20e siècle revient aux historiens, le Conseil fédéral participe à une opération qui permet d'escamoter la responsabilité de la Turquie, État qui non seulement continue à nier ce génocide mais en honore les bourreaux. Le DFAE perd ainsi de sa crédibilité en tant que médiateur dans le processus de réconciliation en cours, dont le seul but est de permettre à la Turquie de résoudre comme par enchantement tous les problèmes liés à son passé. Car ces Protocoles ne suffiront pas pour que la Turquie surmonte sa contradiction native, qui est de fonder son identité nationale, politique et économique sur un génocide.
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L'Arménie au Salon du Livre
L'Arménie, qui fête cette année le 500e anniversaire de l'imprimerie arménienne, fut l'hôte d'honneur du 25e Salon international du Livre et de la Presse de Genève. À cette occasion, un espace de 600 m2 a permis de présenter l'histoire et la culture arméniennes à un large public, à travers des expositions, des présentations, des films, des débats, avec la participation d'auteurs et intellectuels arméniens, turcs, européens. Le comité scientifique, au sein duquel l'Unité d'arménien a été activement impliquée, a mis sur pied un riche programme comprenant une trentaine de présentations et de tables rondes.
• À signaler la publication de :
R.H. KEVORKIAN & V. CALZOLARI BOUVIER (dir.)
Arménie. À l'occasion du 500e anniversaire de l'imprimerie arménienne
Erevan, Commission nationale pour l'organisation du 500e anniversaire de l'imprimerie arménienne & Genève, Fondation H.D. Topalian 2011, 191 p., avec de nombreuses illustrations
ISBN 978-2-8399-0859-7
Embassy of the Swiss Confederation in Armenia

- © FDFA
The Embassy of the Swiss Confederation in Armenia has been officially opened by the President of the Confederation on March 31, 2011, in presence of the President of the Republic of Armenia and of the Minister of Foreign Affairs of the Republic of Armenia.
Address:
Embassy of Switzerland
Melik-Adamyan Street 2/1
0010 Yerevan
Armenia
Tel.: +374 10 52 98 60
Fax: +374 10 52 98 61
Consular district
The Swiss Embassy in Yerevan is the competent representation for diplomatic relations with Armenia. However, for all consular affairs please contact the Swiss Embassy in Tbilisi/Georgia.
Embassy of the Swiss Confederation in Georgia
The following consular services are provided by the Swiss embassy in Tiflis:
- Registration/de-registration with the Swiss representation
- Applications for identity cards and passports
- Matters of civil status (birth, marriage, divorce, etc.)
- Notifications of change of address
- Consular protection
- Naturalisations
- Visa information
- Care, assistance, etc.
In emergencies Swiss citizens can contact the Swiss Embassy in Tiflis (Tel. +995 32 75 30 01).
Federal President Micheline Calmy-Rey in Armenia
March 29. 2011 | Federal Department of Foreign Affairs | Bern, Switzerland
Media Release
Federal President Micheline Calmy-Rey, Head of the Federal Department of Foreign Affairs (FDFA), will be in Armenia for an official visit from 31 March to 1 April 2011. Her program will include not just official talks but also the ceremonial opening of the Swiss embassy in the capital of Yerevan.
At the invitation of Armenia, Federal President Micheline Calmy-Rey will arrive in the Armenian capital of Yerevan on the evening of 30 March 2011 for the start of her official visit. During her visit she will, amongst other things, hold talks with the Armenian President Serzh Sargsyan, Prime Minister Tigran Sargsyan and other high-ranking Armenian officials. These will include the Foreign Minister Edward Nalbandian, Parliament Speaker Hovik Abrahamyan and Patriarch Karekin II, Head of the Armenian Apostolic Church.
In Yerevan the Federal President will open the newly established Swiss embassy. Until now Switzerland has maintained a diplomatic presence in Armenia through the Office of the Embassy of Switzerland in Yerevan.
A visit to the second largest city of Gyumri in the north-west of the country is also planned. This area was hit particularly hard by an earthquake in 1988. The Swiss Agency for Cooperation and Development (SDC) runs an education project there focused on the issue of catastrophe prevention.
Contact:
Lars Knuchel, Head of Information FDFA, +41 (0)79 277 55 60
TARGET: Armenian Member of Parliament Ara Nranyan
December 9, 2010 | Forwarded by the Gibrahayer Newsletter
TURKISH POLICE REVEAL ASSASSINATION PLOT AGAINST A.R.F. DASHNAKTSOUTIUN LEADER VISITING TURKEY IN 2009
TARGET: Armenian Member of Parliament Ara Nranyan
ANKARA, Turkey (A.W.) - Turkish security forces provided details of plots by a Turkish terrorist group planning to assassinate ARF members visiting Turkey and attack Kurdish targets, reported the Turkish daily newspaper Zaman.
The Turkish Revenge Brigades planned attacks on ARF Dashnaktsoutiun members. According to the police report, one such plot dated back to March 22, 2009, when members of the Turkish Revenge Brigades (Turk Intikam Birligi Teskilatı) Mutlu Erdogan and Onur [full name not provided] discussed over the phone the entry of an ARF member into Turkey and his acquisition of a cell phone number. Responding to the information provided by Onur, Erdogan advised him to lay low for a few months, because he suspects that security forces are following them. "Let a few months pass and we will slowly begin conducting operations; we won’t stand idly by," he adds.
The Armenian Weekly was unable to independently confirm the identity of the Dashnak member mentioned in the March 22 conversation. In the phone conversation log, he is referred to as the head of the Dashnak Party’s political committee (Dashnak Partisi'nin Siyasi Komite Bashkanı). No one in the organisation’s leadership holds such a title, and no member of the ARF Dashnaktsoutiun's top leadership has entered Turkey in recent years. It is likely that the target in March 2009 was the member of the ARF Dashnaktsoutiun's parliamentary bloc in the Armenian National Assembly Ara Nranyan, who was in Turkey for a meeting of the Black Sea Economic Cooperation (BSEC).
The ARF Dashnaktsoutiun Bureau Press Office expressed concern over the fact that information about Nraniyan’s entry to Turkey was available to a terrorist organization, noting that such information could have only been provided by the Turkish state.
The only other Dashnak "heads" visiting Turkey are Editors / Directors of ARF Dashnaktsoutiun's media, as well as reporters of the Yerevan-based Yerkir Media, who visit Turkey several times a year to conduct interviews and prepare special reports and documentaries.
The police report notes the connection between Ergenekon and the Brigades, and also cites planned attacks, also against Kurdish and Christian targets.
DASHNAKTSOUTIUN LOOKING INTO ASSASSINATION PLOT BUT "NOT SURPRISED" SAYS GIRO MANOYAN
YEREVAN (Armenian Weekly) - ARF Dashnaktsoutiun political affairs Director Giro Manoyan expressed concern over the possibility that a source within the Turkish government leaked to a terrorist group, information on the visit of a Dashnak member to Turkey.
"In a country where some like Hrant Dink who was considered a "dove" by most was gunned down in broad daylight, we wouldn’t be surprised that a member of ARF Dashnaktsoutiun - generally viewed in Turkey as the "hawks," would be targeted," Manoyan noted.
"It has already been reported that Ara Nranyan, a member of the ARF faction in Armenia’s National Assembly, visited Turkey a couple of weeks before the reported conversation, in his capacity as the Chairman of the Audit Committee of the Parliamentary Assembly of the Black Sea Economic Cooperation. Nranyan’s visit was not secret, but it was not a high profile visit either. So, it is possible that the information the alleged plotters had was from a source within the Turkish government," Manoyan said in an interview with the Armenian Weekly.
"We are taking the issue seriously and looking into it, trying to find out as much information as possible," he added.

December 1st, 2010 | Asbarez |
The public disclosure on Sunday by WikiLeaks of tens of thousands of U.S. diplomatic cables included many of special interest to Armenian Americans, most notably a “smoking gun” revelation that Turkey has aggressively used the Turkey-Armenia protocols, particularly the prospect of its ratification, to pressure American leaders against U.S. recognition of the Armenian Genocide and in favor of a pro-Azerbaijani settlement of the Nagorno-Karabagh conflict, reported the Armenian National Committee of America (ANCA).
In a Feb. 25, 2010 confidential cable from the U.S. Embassy in Ankara, U.S. Ambassador to Turkey James Jeffery noted that Turkey had made it clear that its ratification of the Turkey-Armenia protocols was predicated on Azerbaijan President Ilham Aliyev’s approval. Specifically, in describing a Feb. 18, 2010 meeting between U.S. Under Secretary of State William Burns and Turkish Undersecretary of the Ministry of Foreign Affairs (MFA) Sinirlioglu, Jeffery writes: "Sinirlioglu appealed for ‘simultaneity’ between Armenian Protocols ratification and the Minsk Process. He emphasised ‘a strong reaction’ against the protocols among ruling party MPs had to be overcome before the government would hazard a ratification effort. He warned that Congressional passage of an Armenian genocide resolution would ‘complicate’ his government’s domestic political calculations regarding ratification. He said if something acceptable to Azerbaijani President Aliyev can be found, then ‘we can move’ the protocols forward."
Wikileaks cables of interest:
Armenia, Turkey and Azerbaijan here
Reconstruction of Noyemberyan Hospital Complete
October 28, 2010 | Armenia Fund (Hayastan All-Armenian Fund) | Yerevan, Armenia
Armenia Fund is proud to announce that the reconstruction of the Noyemberyan Regional Hospital is complete. The only regional healthcare institution in Armenia’s Tavush region has been modernized through the co-sponsorship of Armenia Fund’s German, Swiss, Lebanese, and Australian affiliates. Saad Hariri, Prime Minister of Lebanon also participated in the project with a sizable donation. The total cost of construction was $880,000 USD.
"I am extremely impressed by the new look and feel of the facility. We, the Diaspora, specifically the Armenian communities of Germany, Switzerland, Lebanon, and Australia implemented this beautiful project through our close collaboration. I hope this hospital will long serve our compatriots and continue to facilitate numerous births" – said Avedis Kizirian, Chairman of the Swiss Affiliate of Armenia Fund - Comite Suisse Du Fonds Armenie.
The three storied structure, of the Hospital, was built in 1961 and has not undergone any major renovation since then. As always in such reconstruction projects, Armenia Fund stripped the building down to structural weight-bearing walls and pretty much built the Hospital anew from inside. The facility was redesigned to correspond to current medical codes. The roof as well as all floors, windows and doors were replaced. The Hospital was also fitted with a new heating system and a hospital-grade elevator. All patient rooms now feature bathrooms and showers with hot and cold water made possible with the addition of a new autonomous boiler house.
"I have the highest regard for the work of the Hayastan All-Armenian Fund. A standard of excellence and great attention to detail are evident throughout the renovations at the Noyemberyan Hospital. This facility is the only healthcare center of its kind in Tavush, and now, with its reconstruction concluded, is poised to provide an unprecedented level of service," – said Armenia’s Health Minister Harutyun Kushkyan, who was present at the opening ceremony along with the Deputy Prime Minister of Armenia Armen Gevorgyan, Governor of Tavush Region Armen Ghularyan and Executive Director of Hayastan All-Armenian Fund Ara Vardanyan.
The reconstructed Hospital now features 30 patient rooms with 60 hospital beds across the General Medicine, Physiotherapy, Surgery, Urgent Care, Intensive Care, OB/GYN, Labor and Delivery, Infectious Disease and Dental departments. The hospital will serve more than 30,000 residents of Noyemberyan city and surrounding villages.
Medical equipment and furniture was donated by the Union of Armenian Physicians and Healthcare Professionals of Germany while additional furniture and equipment will be provided by the Ministry of Health of the Republic of Armenia.
Armenia Fund, Inc., is a non-profit 501(c)(3) tax-exempt corporation established in 1994 to facilitate large-scale humanitarian and infrastructure development assistance to Armenia and Nagorno Karabakh. Since 1991, Armenia Fund has rendered more than $200 million in development aid to Armenia and Nagorno Karabakh. Armenia Fund, Inc. is the U.S. Western Region affiliate of Hayastan All-Armenian Fund. Tax ID# 95-4485698

Russie-Arménie
Le 5 novembre 2010 | Armenews | Paris | Jean Eckian
Sérieux coup de froid entre Moscou et Erevan
Selon le journal Chorrod Inknishkhanoutioun repris par plusieurs titres arméniens, le premier ministre russe Vladimir Poutine aurait envoyé quelques salves de semonces à l’adresse du Président Serge Sarkissian.
Selon la publication, Poutine exigerait de Sarkissian qui résolve trois problèmes de taille.
1 - Rompre tout lien avec des bandes de criminels sévissant sur le territoire russe et qui nuisent à la réputation de la Russie.
2 - Engager des poursuites contre des oligarques et fonctionnaires impliqués dans la corruption et autres crimes.
3 - La Russie a déterminé et présenté la position et les attentes de la partie arménienne dans le règlement du conflit du Karabakh et publié des rapports sur les accords conclus lors des pourparlers avec la Turquie, les États-Unis et l’Azerbaïdjan, qui ont été menées en secret par la Russie.
En cas de défaillance du premier et deuxième alinéas, Smbat Karakhanyan, chef du Club National Arménien « Unity », basé à Moscou, présentera des preuves de liens avec les autorités arméniennes à des bandes criminelles, se livrant au trafic de drogue, de traite, vente illicite d’armes et blanchiment d’argent.
En cas d’échec du troisième alinéa, Vladimir Poutine a menacé de publier les négociations secrètes, dont il devient clair que l’Arménie a effectivement consenti au retour des réfugiés azerbaïdjanais des territoires libérés... et autres détails. Par ailleurs, le Premier ministre a également ajouté que tout cela ne sera que le début des sanctions - écrit Chorrord Inknishkhanoutioun.
"Le pouvoir dans le pays est composé d’oligarques, criminels et des étrangers protégés. Bien sûr, ces groupes servent les intérêts de leurs patrons et ils ne se soucient pas des problèmes de la majorité de la population. Ils sont engagés dans la trahison des intérêts nationaux, la fraude économique et financière, et jouent avec le taux du DRAM et tromperie sur la qualité du gaz fourni à domicile. Imaginez que le gouvernement possède environ 85% de tous les actifs des entreprises du pays, y compris le trafic illicite, et les contrôles de près de 90 pour cent des flux financiers », dit Karakhanyan.
J’ai posé cette question récurrente à un éditorialiste arménien d’Arménie très connu, dont je tairais le nom : "Ici et en diaspora, nous apprenons chaque jour les problèmes de corruption et de criminalité touchant le pays. Croyez-vous que des mesures sont sérieusement envisagées pour faire cesser ces dérives inacceptables ?
- Tout va bien. La corruption existe dans beaucoup de pays. En Arménie, c’est plus ou moins que dans d’autres États.
Rappelons que l’enquête de Transparency International 2010 a attribué à l’Arménie un score de 2,6 sur une échelle de 10 points, zéro indiquant un degré extrêmement élevé de corruption. Le pays avait obtenu 2,7 points en 2009.
Lire l'article original sur Armenews
"L'office" du tourisme turc
Le 7 octobre 2010 | Le Monde | Paris | Ara Toranian
Pour une fois, il n'y a pas eu débat, ni même l'ombre d'une polémique. A quelques exceptions individuelles près, l'ensemble des Arméniens a choisi de boycotter la messe autorisée par le pouvoir turc sur l'île d'Aghtamar du Lac de Van, berceau de l'Arménie ancestrale, dans l'un des plus purs joyaux de l'architecture arménienne. Il faut dire que les ficelles de cette opération de propagande étaient cette fois-ci grosses comme une cathédrale. Il s'agissait pour le pouvoir turc d'offrir au monde l'image d'une tolérance retrouvée à l'égard des Arméniens, dans le but évident de conforter son dossier d'adhésion à l'Union européenne. Celui-ci pâtit en effet dans son avancée de la situation des droits de l'homme et des minorités dans le pays. On n'en refera pas ici la liste. Or, bien que les autorités islamiques turques tentent depuis quelques années de diversifier leurs appétits, en lorgnant du côté de l'Asie ou du Moyen-Orient où l'herbe leur semble plus "verte", elles n'ont pas pour autant abandonné leurs visées sur l'Europe. Et dans cette perspective, Bruxelles vaut bien une messe.
Tout ceci serait plutôt risible, si cette exploitation de la détresse des croyants et de la nostalgie des Arméniens ne révélait pas, au-delà du "plan com", l'incroyable cynisme du pouvoir turc. Voilà en effet un Etat porteur d'un des plus sombres passifs qui soit à l'égard des Arméniens (plus de 1,5 million de victimes et 2 000 églises détruites), et qui s'imagine pouvoir se refaire une réputation de tolérance avec des artifices aussi grossiers. L'Etat turc croit aux miracles. Car cette initiative, au lieu de souligner la mansuétude des autorités en place, ne fait au contraire qu'illustrer leur arrogance. Comment en effet appeler autrement cette attitude qui consiste à n'octroyer qu'une fois l'an aux Arméniens l'autorisation de prier dans l'un de leurs sanctuaires les plus sacrés, situé de surcroît au cœur de leur capitale historique ? Il est vrai qu'après un siècle d'interdit, accorder davantage pourrait donner le vertige. Rien ne presse, on avait compris.
Cette mentalité, qui s'inscrit naturellement dans l'histoire de ce pays marqué par l'élimination de la présence chrétienne et le génocide de 1915, qui n'en finit pas de défrayer l'actualité, se double de surcroît d'une rare désinvolture. Qu'on en juge : cet état qui se targue d'être aujourd'hui la seizième puissance économique mondiale ne s'est même pas donné les moyens d'installer à temps pour l'événement une croix sur le fait de cette église. C'est donc bel et bien dans un musée que les Arméniens ont été invités à se rendre. Un symbole fort qui n'est pas pour surprendre de la part d'un appareil d'Etat qui n'a eu de cesse de vouloir réduire ce peuple en vestige du passé.
Hostie sur le gâteau, ce show médiatique tombe un an après la signature des protocoles arméno-turcs, qui s'est soldée par la déconfiture que l'on sait, du fait de la pantalonnade d'Ankara. Cette date a-t-elle été choisie pour rappeler au monde cette palinodie, qui a vu le pouvoir turc mettre a posteriori des conditions à l'application d'un document au bas duquel il avait quelques jours auparavant apposer sa signature ? Quoi qu'il en soit, la tentative d'humiliation de Van a fini par se retourner contre les intentions de son auteur. Les cameramans ne se sont pas tous contentés, tant s'en faut, de la visite guidée pour cet "office" du tourisme turc. Et pratiquement tous les médias ont posé la question de savoir comment et dans quelles conditions avaient disparu les gens qui avaient été capables de construire en ces lieux désertés un tel chef-d'œuvre.
L'avenir de la turquie passe par l'Arménie
On tirera comme enseignement de cet événement, que quoi qu'elles fassent désormais sur la question arménienne, les autorités turques sont attendues au tournant. Il y aura toujours, en toute circonstance, un parlement, un homme politique, un journaliste, un descendant des rescapés pour rappeler à leur bon souvenir ce crime fondateur, "ce génocide exemplaire et presque séminal", pour reprendre l'expression de Bernard-Henri Lévy. Et le pouvoir turc serait inspiré de tirer les conséquences de cet état de fait, en écoutant davantage certains de ces intellectuels qui plaident pour une autre façon d'écrire l'avenir avec les Arméniens. Plus humaine.
La Turquie n'est plus aujourd'hui un pays sous-développé qui n'aurait pas les moyens économiques de penser aux droits de l'homme. Si les conditions matérielles d'existence jouent un rôle dans la conscience, cet Etat ne dispose plus de l'excuse de la pauvreté pour justifier son obscurantisme. L'opulence retrouvée devrait au contraire lui donner les moyens d'accéder à un niveau général de développement qui ne soit pas purement profane. A quoi bon, sinon, convoquer la religion en politique, comme le fait l'AKP ? Si en revanche ce mariage entre le spirituel et le temporel ne sert qu'à humilier les autres religions, comme Ankara vient d'en faire une nouvelle démonstration, il n'est décidément pas sûr que cette union-là milite en faveur du dossier turc auprès des édiles européens. Lesquelles pourraient au contraire être de plus en plus fondées à penser qu'en ce qui concerne l'Europe du moins, l'avenir de la Turquie passe par l'Arménie.
Ara Toranian, directeur de Nouvelles d'Arménie Magazine
© Le Monde 2010 Lire l'article original complet
La Turquie se détourne-t-elle de l'Occident ?
Le 17 juin 2010 | Le Monde | Istambul | Sophie Shihab
S'il est une question qui a le don, ces jours-ci, d'irriter les Turcs, c'est bien celle qui est à nouveau posée à l'étranger à la suite des crises, touchant à Israël et à l'Iran, qui viennent d'opposer Ankara à ses alliés traditionnels : « Le pilier turc de l'OTAN lâche-t-il Washington et Bruxelles pour Damas et Téhéran ? Verse-t-il dans l'islamisme ? »
Les dirigeants turcs, issus d'un parti islamiste, s'en indignent. Convertis aux « valeurs universelles » et forts de leurs succès électoraux depuis 2002, ils réfutent tout changement de cap en politique étrangère, rappelant qu'ils ont su, contrairement à leurs prédécesseurs kémalistes, accélérer les réformes en vue d'une adhésion à l'Union européenne (UE). Ils réaffirment aujourd'hui - à leurs interlocuteurs européens du moins -, que cette adhésion, un processus pourtant proche du coma, « reste leur priorité ».
Le soutien du gouvernement turc à la flottille pour Gaza.
Expliquant une telle constance, étonnante au vu des refus franco-allemands, des crises en Europe et du poids croissant de l'Asie, le chroniqueur vedette turc Mehmet Ali Birand assure que ces dirigeants « savent parfaitement qu'il ne sert à rien de se détourner de l'Ouest vers l'Est, car les Arabes et autres musulmans ne seraient plus attirés par une Turquie non candidate à l'Union européenne, qui crierait, hurlerait, aurait une économie faible et serait contrôlée par un islam radical ».
Pour autant, le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, reste adepte des discours forts, et ose dénoncer ses détracteurs comme « agents d'une propagande mal intentionnée » venant de Tel-Aviv. Car Israël, après avoir été largement condamné pour son raid meurtrier, le 31 mai, contre le Mavi-Marmara, le navire turc en route pour Gaza, a bénéficié d'une contre-attaque médiatique, accusant le régime d'Ankara de s'être « allié aux terroristes du Hamas ».
Les craintes des Occidentaux
Le soutien du gouvernement turc à l'IHH, l'ONG islamiste coorganisatrice de la flottille pour Gaza, fait peu de doutes - en tout cas pas chez d'anciens militants tchétchènes qui la disent sous la coupe des services turcs. Mais M. Erdogan ne cache pas qu'il espère attirer le Hamas dans le jeu politique, rappelant que Yasser Arafat fut aussi qualifié de terroriste avant de recevoir le prix Nobel de la paix...
Dix jours après l'affaire de l'assaut de l'armée israélienne contre la flottille, le « non » de la Turquie à de nouvelles sanctions de l'Organisation des Nations unies (ONU) contre l'Iran, a renforcé les craintes des Occidentaux d'avoir perdu un allié précieux - en Irak, Afghanistan et ailleurs. M. Erdogan, lui, affirme que seuls s'inquiètent ceux qui sont « incapables de comprendre le nouveau rôle de la Turquie, et sa politique étrangère multidirectionnelle ».
Une diplomatie décomplexée
Car s'il n'y a pas changement d'axe - « il faudrait d'abord que cet axe existe », disent ceux qui connaissent les problèmes de l'UE et de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) -, il y a une nouvelle diplomatie turque : décomplexée, néo-non-alignée, voire « gaullienne ». Elle est le fruit de la fin du rideau de fer, qui isolait aussi la Turquie de ses voisins, comme de la démocratisation et de l'économie de marché qui gagnent ce pays, aux dépens de la tutelle de l'armée.
En 2003 déjà, le Parlement turc avait dit non au passage des troupes américaines vers l'Irak, entraînant une longue crise avec les Etats-Unis, alors que l'AKP, le parti qui venait d'arriver au pouvoir, n'y était pour rien. Il a su la surmonter, et tente de faire pareil auprès de Washington avec la crise actuelle.
Mais sans renier ses choix, désormais définis par l'hyperactif ministre des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu : d'abord, développer une zone de « stabilité et de coopération avec tous les voisins », donc Syrie et Iran compris. M. Davutoglu ose une diplomatie « Sud-Sud » sur le dossier brûlant de l'Iran. Mais il assure l'avoir fait avec les encouragements de Washington. Rabroué, traité de naïf, il persiste à coopérer avec l'Occident, contrairement aux pratiques passées des non-alignés.
Les intérêts vitaux d'Ankara
Le président, Abdullah Gül, a d'ailleurs reconnu le bien-fondé des réserves occidentales sur l'accord irano-turco-brésilien, en déclarant au Monde qu'il « n'est pas la solution du problème, mais un pas pour établir la confiance » et maintenir la voie des négociations. Non pas par sympathie pour l'Iran, « rival historique des Turcs », rappelle l'expert Ali Kazancigil, mais parce qu'il en va de ses intérêts vitaux : la Turquie serait en première ligne en cas de guerre contre l'Iran, et coupée de son second fournisseur de gaz, après la Russie.
Le rapprochement d'Ankara avec cet autre ennemi historique qu'est Moscou est également dicté par son hyperdépendance envers le gaz russe. « On ne peut pas accuser l'AKP d'avoir cédé, dans ce cas, à ses penchants musulmans... », remarque le politologue Soli Ozel, de l'université Bilgi. Pour lui, « même si on peut discerner un fond d'idéologie dans la politique actuelle de la Turquie quand il s'agit d'Israël, son implication croissante dans les affaires régionales est avant tout dictée par ses intérêts, et doit être considérée comme telle ».
En témoigne le nombre d'hommes d'affaires embarqués dans les voyages officiels. M. Davutoglu a visité une centaine de pays en un an, jusqu'en Asie, Afrique et Amérique du Sud - zones nouvelles pour les Turcs, où seuls les ont précédés les enseignants du mouvement de Fethullah Gülen, actif en Turquie comme à l'étranger.
Tiraillements au sein du gouvernement
Ce musulman modéré, ami des Etats-Unis où il réside, a surpris les Turcs en critiquant l'action de l'IHH. Ces réserves, venant d'un homme influent depuis son exil, ont contribué à apaiser la rue, en mettant aussi au jour les tiraillements au sein du gouvernement. Cela, alors qu'en Turquie aussi on commençait à s'inquiéter ouvertement des risques de dérapages dus à la rhétorique de M. Erdogan, et à dire que la question kurde était sans doute plus urgente pour lui que Gaza.
Alors, « où va la Turquie ? » Tout dépend des élections à venir, en 2011 - si elles ne sont pas avancées à cet automne. Le premier ministre, pour la première fois menacé, pourrait être tenté par la surenchère. Mais un éventuel nouveau gouvernement serait certainement plus nationaliste encore, à défaut d'être islamique. Ce qui, de l'avis des meilleurs observateurs, représente un plus grand danger.
« Il est donc plus que temps de cesser de se demander où va la Turquie, pour s'engager avec elle, car le temps où l'on pouvait ignorer les acteurs émergents est fini », prévient un diplomate européen.
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Lire aussi:
- Israël et la Turquie, la fin d'une époque
- Glaciation des relations turco-israéliennes
Chronologie
Mustafa Kemal devient président de la République. Il crée le Parti républicain du peuple (CHP), parti nationaliste et laïque.
1949
La Turquie reconnaît l'Etat d'Israël.
1952
La Turquie entre dans l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN).
1960
Coup d'Etat militaire.
1980
Nouveau coup d'Etat militaire. La répression frappe l'extrême gauche et les Kurdes, mais épargne les ultranationalistes.
1994
Poussée des islamistes du Parti de la prospérité (Refah).
1996
Entrée en vigueur de l'union douanière entre l'Union européenne (UE) et la Turquie.
La Turquie et Israël signent trois accords de coopération militaire. En mars, ils signent un accord de libre-échange.
1999
Le sommet européen d'Helsinki reconnaît à la Turquie le statut de candidat à l'UE.
2002
Le parti islamiste modéré AKP remporte les élections législatives.
2009
A Davos, Recep Tayyip Erdogan fustige l'opération militaire israélienne à Gaza de décembre 2008-janvier 2009.
31 mai 2010
Assaut des troupes israéliennes contre le Mavi-Marmara.
Négationnisme: Zürich condamne
9. Februar 2010 | Tages Anzeiger | Zürich
Geldstrafen für türkische Genozid-Leugner
Das Zürcher Obergericht hat das erstinstanzliche Urteil gegen drei Anhänger des Politikers Dogu Perinçek bestätigt, die den Völkermord an den Armeniern im Ersten Weltkrieg verneinen.
February 10, 2010 | Asberez | Yerevan/Ankara
Reaction from Ankara
Turkish Foreign Minister Ahmet Davutoglu on Tuesday slammed efforts by Armenian President Serzh Sarkisian, who in a letter addressed to his Turkish counterpart, urged Turkey to honor its commitment to the protocols.
Le 9 février 2010 | ATS | Zürich
Trois nationalistes turcs négationnistes condamnés en 2e instance
Trois nationalistes turcs ont été condamnés à Zurich à des peines pécunières pour discrimination raciale. Ils avaient qualifié le génocide arménien de "mensonge international". La Cour suprême du canton a confimé en appel le verdict prononcé en 2008 par le Tribunal de district de Winterthour.
Ali Mercan, 58 ans, représentant en Europe du Parti des travailleurs turcs, écope d'une peine pécunière de 150 jours-amende à 30 francs, soit 4500 francs. Il avait nié le génocide lors d'une manifestation publique en juin 2007 à Winterthour.
Les deux Turcs organisateurs de la manifestation sont condamnés pour complicité de discrimination raciale. Leur peine pécunière s'élève pour chacun à 120 jours-amende à 30 francs, soit 3600 francs. Pendant le procès de première instance, les trois prévenus avaient déclaré qu'ils étaient prêts "à tout moment" à organiser une nouvelle manifestation et à répéter leurs propos.
Les trois condamnés sont des compagnons politiques de Dogu Perincek, sanctionné en 2007 par le Tribunal fédéral pour la même raison. Président du Parti des travailleurs, ce dernier était également invité à la réunion de Winterthour mais il n'avait pas obtenu de visa pour s'y rendre.
Le 9 février 2010 | Armenews | Paris | JE
Condamnés pour négationnisme
La Cour d’Appel de Zurich a confirmé le jugement en première instance de trois partisans du politicien turc Dogu Perinçek pour négation du Génocide des Arméniens pendant la première guerre mondiale.
La Haute Cour a donc prononcé, mardi 9 février, des verdicts de culpabilité à l’encontre de trois citoyens d’origine turque, militants du Comité Talaat Pacha, pour violation de la norme antiracisme (art. 261bis CPS).
Les accusés, Ali Mercan, 59 ans, un épicier de 43 ans et son comparse de 53 ans , se sont vus infliger une amende allant de 120 à 150 jours au taux de 30 francs suisse par jour, dont la moitié avec sursis, assortie d’une période probatoire de trois ans.
Fin juin 2007, les accusés avaient été arrêtés lors d’une réunion publique organisée dans un hôtel de Winterthur. A cette occasion, Ali Mercan avait déclaré que le génocide arménien était "un mensonge historique international".
Ce sont ses complices qui avaient organisé la réunion. Pendant le procès de première instance, les trois prévenus avaient déclaré qu’ils étaient prêts "à tout moment" à organiser une nouvelle manifestation et à répéter leurs propos.
En octobre 2008, le chef du Parti des travailleurs, Dogu Perinçek, a été condamné par la Cour fédérale pour des déclarations similaires.
Sarkis Shahinian, Président de l’Association Suisse-Arménie (ASA), s’est félicité de la décision de la justice suisse, notant qu’"elle casse la ligne du négationnisme d’Etat turc, qui s’est d’abord servi de personnes comme Dogu Perincek pour propager cette idéologie d’Etat hors de la Turquie, et qui finalement se revèle être un boomerang formidable contre cette même politique."
"Celle-ci intervient seulement à quelques jours de distance de la visite du Sous-secrétaire d’Etat turc, Féridun Sinirlioglu, qui était venu chercher l’appui de la Suisse, dans le but d’exercer une tentative de pression sur Erevan, en raison de la décision de la Cour constitutionnelle arménienne, confirmant l’intention de l’Arménie de continuer à poursuivre la reconnaissance internationale du génocide arménien."
"Un grand jour pour la justice !"
Saison de la Turquie en France : Apartheid historiographique
Le 9 février 2010 | Collectif VAN | Paris
Le chercheur Nil Agopoff continue à interpeller les pouvoirs publics sur la Saison de la Turquie en France : "au niveau de la réflexion citoyenne, laisser importer légalement un négationnisme officiel d'un génocide impuni, minimiser la teneur d'un tel état de fait, banaliser des déshumanisations, ne peut qu'encourager sociologiquement dans notre pays, discriminations ou délinquances - consciemment ou inconsciemment." Voici sa lettre ouverte à Mme Huguette Meunier-Chuvin, Chargée de mission auprès du Commissariat général de la Saison de la Turquie en France. Notons qu'au-delà des thématiques soulevées par Nil Agopoff, cette Saison turque fait l'impasse sur toute mention du terme "arménien", y compris lorsqu'elle met à l'honneur des artistes arméniens. Le dossier de presse de Cultures France est assez révélateur à cet égard : il ne fait jamais mention de la présence arménienne millénaire sur les territoires de l'actuelle Turquie et de son apport indéniable au patrimoine mis à l'honneur durant cette Saison. La présence séculaire grecque a, elle, le droit à 3 petites mentions, le terme de Byzance semble par contre inconnu, et apparaît sous la seule occurrence de "période byzantine".
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Hem suçlu, hem güçlü...
23 janvier 2010 | Institut Tchobanian | Varoujan Sirapian
«Hem suçlu, hem güçlü...»
C'est une expression turque qu'on peut traduire comme «Et coupable et insolent...». Cela convient parfaitement à l'attitude et aux déclarations des dirigeants turcs à propos des Protocoles signés le 10 octobre 2009 entre l'Arménie et la Turquie. Le but de ces protocoles, fortement souhaités par les grandes puissances, était d'aller vers une normalisation des relations entre les deux pays, le point principal étant l'ouverture des frontières, qui au passage soulignons-le, ont été fermées unilatéralement par la Turquie, en 1993.
La réaction de certains journalistes turcs, de plus en plus courageux pour critiquer ouvertement aussi bien l'Armée que le gouvernement d'Erdogan, n'a pas tardé aux déclarations, frisant le ridicule, de M. Davutoglu, le Ministre des Affaires Etrangères turc. «Restez fidèle au texte que vous avez signé, ayez une volonté politique» a lancé Davutoglu à son homologue arménien, Nalbandyan, MAE d'Arménie, par média interposé. «Alors que c'est la Turquie qui ne respecte pas sa signature» écrit dans le journal TARAF la journaliste Amberin Zaman. Elle poursuit, «C'est la Turquie qui conditionne la normalisation des relations entre les deux pays au règlement du conflit du Haut-Karabagh, un problème exclu des protocoles, et cherche à cacher ensuite sa tromperie. C'est la Turquie qui manque de volonté politique en acceptant les avertissements teintés de chantage de la part d'Azerbaïdjan».
De son côté Erdal Güven, dans le journal RADIKAL, dénonce les réactions artificiellement indignées de certains chroniqueurs et journalistes turcs qui considèrent que les conclusions du Tribunal Constitutionnel de l'Arménie sur les Protocoles portent un coup fatal à leur ratification. «Ils ne reconnaîtront pas le Traité de Kars..., la reconnaissance du génocide par les instances internationaux sera poursuivi..., la Diaspora arménienne est en liesse,...» peut-on lire sous la plume de ces journalistes. Güven s'interroge, «la proclamation des conclusions du Tribunal Constitutionnel date du 12 janvier. Pourquoi ces pseudo-journalistes ont attendu huit jours avant de faire 'éclater la bombe' » ? «Parce que», poursuit Güven, «le ministère des affaires étrangères turc a lu, relu dans tous les sens ces conclusions, a évalué politiquement les données seulement avant hier. Nous sommes devant un exemple éclatant de désinformation de la part du gouvernement qui, soit se ment soit essaye de berner le monde. Je me demande qu'est ce qui est plus grave».
Amberin Zaman, toujours dans le même article cité plus haut écrit : «Aussi bien que les Etats-Unis que la Russie ont déclaré que la solution du conflit du Haut-Karabagh doit être tenue en dehors du processus de normalisation des relations entre les deux pays. Ce qui met un point final à cette discussion».
Güven dans son article s'interroge aussi de savoir d'où sort la croyance que grâce aux protocoles la reconnaissance du génocide serait abandonnée. «Il n'y a rien à ce sujet ni dans le texte ni dans l'esprit des protocoles. S'il y avait le moindre doute l'Arménie aurait-elle signé les protocoles?» Selon Güven la ratification des protocoles n'avance pas en Turquie pour une raison simple ; la Turquie, concernant le conflit du Haut-Karabagh, espérait obtenir une solution satisfaisante pour les Azeris. «Malheureusement il n'y a que les Turcs et les Azeris qui soutiennent cette solution et aucun autre pays» conclut-il.
Ces derniers rebondissements et la situation difficile dans laquelle se trouve aujourd'hui la diplomatie turque confirment nos premières analyses selon lesquels ces protocoles ne seront pas ratifiés de sitôt par les Turcs. Et quoi qu'on en dise, pour l'instant c'est l'Arménie qui a marqué un point.
Ceci devrait faire réfléchir ceux qui, en Arménie et dans la diaspora, ont crié au loup depuis des mois, en imaginant des périls là où il y en avait pas. Plus grave encore, ils ont eu tort aussi de sous-estimer la volonté politique de la République d'Arménie.
Article original publié sur E&O online
Voir aussi le site de Newropeans magazine
Charles Aznavour, new Ambassador of Armenia to Switzerland

Charles Aznavour is now the new Ambassador of Armenia to Switzerland. On June 30, 2009 he presented his credentials to Mr. Hans-Rudolf Merz, the President of the Confederation.
Afterwards, Charles Aznavour met in Bern Armenians living in Switzerland and members of the diaspora established in Switzerland since many years. Two new diplomats will help the ambassador in his work between Bern and Geneva.
The Armenian community of Switzerland welcomes the New Ambassador His Excellency Charles Aznavour and wish him all success in his new assignment.
On December 26, 2008, the President of the Republic of Armenia, Serge Sarkissian, conferred the Armenian citizenship to the french singer Charles Aznavour. 85 years old today, the singer always kept a strong relation with the land of his ancestors.
After the earthquake and his song «Pour toi Arménie», Charles Aznavour was appointed permanent Ambassador of Armenia to the Unesco. In 2004, as he was 80, Aznavour has been declared «national hero» of Armenia by the President Robert Kotcharian.
See also the official website of the embassy - Voir le site officiel de l'ambassade
Erdogan Admits Turkey Practiced Ethnic Cleansing
28 May 2009 | The California Courier | Harut Sassounian, Publisher
Prime Minister Erdogan Finally Admits Turkey Practiced Ethnic Cleansing
In a daring statement, Prime Minister Rejeb Erdogan admitted for the first time, that the expulsion from Turkey of tens of thousands of ethnic Greeks in the last century was a "fascist" act, Reuters reported.
Some commentators viewed Erdogan’s remarks as a reference to the expulsion of 1.5 million ethnic Greeks from Turkey to Greece in 1923. The large-scale population exchange between the two countries also included the transfer of more than 500,000 ethnic Turks from Greece to Turkey.
Other observers thought that Erdogan was referring to the pillaging of thousands of Greek shops and houses by Turkish mobs in Istanbul on Sept. 6-7, 1955, following the spread of false reports that Atatürk’s house in Thessaloniki, Greece had been burned down.
Beyond the expulsion of Greeks, Erdogan made an indirect reference to the tragic fate of other ethnic groups, such as Armenians, in Turkey. "For years, those of different identities have been kicked out of our country.… This was not done with common sense. This was done with a fascist approach," Erdogan said on May 23, during the annual congress of the Justice and Development Party, held in the western province of Düzce.
"For many years," Erdogan continued, "various facts took place in this country to the detriment of ethnic minorities who lived here. They were ethnically cleansed because they had a different ethnic cultural identity. The time has arrived for us to question ourselves about why this happened and what we have learned from all of this. There has been no analysis of this right up until now. In reality, this behavior is the result of a fascist conception. We have also fallen into this grave error."
The Turkish Prime Minister’s candid remarks were harshly criticized by opposition parties. Onur Oymen, vice president of the main opposition Republican People’s Party (CHP) said that associating Turkey’s history with terms like fascism based on hearsay was not right. He also said that no Turkish citizen had ever been expelled because of his or her ethnic background. Oktay Vural of the opposition MHP party added: "Erdogan’s words are an insult to the Turkish nation."
In sharp contrast, liberal Turkish commentators praised Erdogan for his conciliatory remarks: "For the first time you have a prime minister who wants to admit that mistakes were made in the treatment of religious minorities. This is historic," wrote journalist Sami Kohen in Milliyet. "But whether this rhetoric will be followed with deeds, remains to be seen." Hürriyet Daily News added: Erdogan’s speech was historic; it was the first time that a high official accepted there have been unlawful and undemocratic practices against minorities in the past.
This sentiment was echoed by Prof. Halil Berktay in Vatan newspaper: "That statement was the most courageous thing ever said by Erdogan." Baskin Oran, another academic well-known for his liberal views, told Star newspaper that he was "proud of a prime minister who denounces ethnic and religious cleansing."
CNN-Turk News Director Ridvan Akar was more skeptical about Erdogan’s true intentions. He wrote in Vatan: "Minority rights as well as those of religious foundations are a structural problem within the Turkish state. Of course, Erdogan has taken a step forward with this declaration. But the sincerity of his words will depend on facts to back them up, such as the restitution of rights to those who have been expelled, the return of confiscated properties, or compensation."
The Prime Minister’s statement is encouraging, if it is an indication that Turkey’s leaders have finally decided to face the ugly chapters of their country’s past.
However, it would be wrong to draw overly optimistic conclusions from this single statement. Erdogan has made similar comments about the Kurds in Turkey, only to have their hopes dashed by taking unexpected repressive measures against them.
The fact is that Erdogan is not the master of his political domain. The "fascists" he attacks are not buried in an Ottoman historical grave, but are alive and well in Turkish society and occupy the highest echelons of the military and judiciary. Yet, Erdogan is politically shrewd enough to realize that his condemnation of fascism would resonate at home and in the West, and win him accolades and support against his powerful domestic opponents.
Erdogan’s battle against the ghosts of the Turkish past is in fact a fight for his political survival against those in today’s Turkey who view him and his Islamic party with deep suspicion, and are determined to counter his every move, ultimately seeking his downfall from power.
Devastating Document on Armenian Deportations Unearthed in Turkey

- Ottoman Armenians are marched to a prison by armed Turkish soldiers in April 1915. About 972,000 Armenians disappeared from population records in 1915 and 1916.
The New York Times reported Sunday that a long-hidden official document from the Ottoman Interior Minister, Talaat Pasha, detailing the deportations of 972,000 Ottoman Armenians from 1915 through 1916 has been unearthed.
Below is the article, written by the New York Times Istanbul Bureau Chief, Sabrina Tavernise.
Nearly a Million Genocide Victims, Covered in a Cloak of Amnesia
Monday March 9, 2009| NY Times | Sabrina Tavernise | Istanbul
For Turkey, the number should have been a bombshell.
According to a long-hidden document that belonged to the interior minister of the Ottoman Empire, 972,000 Ottoman Armenians disappeared from official population records from 1915 through 1916.
In Turkey, any discussion of what happened to the Ottoman Armenians can bring a storm of public outrage. But since its publication in a book in January, the number--and its Ottoman source--has gone virtually unmentioned. Newspapers hardly wrote about it. Television shows have not discussed it.
“Nothing,” said Murat Bardakci, the Turkish author and columnist who compiled the book.
The silence can mean only one thing, he said: “My numbers are too high for ordinary people. Maybe people aren't ready to talk about it yet.”
For generations, most Turks knew nothing of the details of the Armenian genocide of 1915 to 1918, when more than a million Armenians were killed as the Ottoman Turk government purged the population. Turkey locked the ugliest parts of its past out of sight, Soviet-style, keeping any mention of the events out of schoolbooks and official narratives in an aggressive campaign of forgetting.
But in the past 10 years, as civil society has flourished here, some parts of Turkish society are now openly questioning the state's version of events. In December, a group of intellectuals circulated a petition that apologized for the denial of the massacres. Some 29,000 people have signed it.
With his book, “The Remaining Documents of Talat Pasha,” Mr. Bardakci (pronounced bard-AK-chuh) has become, rather unwillingly, part of this ferment. The book is a collection of documents and records that once belonged to Mehmed Talat, known as Talat Pasha, the primary architect of the Armenian deportations.
The documents, given to Mr. Bardakci by Mr. Talat's widow, Hayriye, before she died in 1983, include lists of population figures. Before 1915, 1,256,000 Armenians lived in the Ottoman Empire, according to the documents. The number plunged to 284,157 two years later, Mr. Bardakci said.
To the untrained ear, it is simply a sad statistic. But anyone familiar with the issue knows the numbers are in fierce dispute. Turkey has never acknowledged a specific number of deportees or deaths. On Sunday, Turkey's foreign minister warned that President Obama might set back relations if he recognized the massacre of Armenians as genocide before his visit to Turkey next month.
The collapse of the Ottoman Empire was bloody, the Turkish argument goes, and those who died were victims of that chaos.
Mr. Bardakci subscribes to that view. The figures, he said, do not indicate the number of dead, only a result of the decline in the Armenian population after deportation. He strongly disagrees that the massacres amounted to a genocide, and he says Turkey was obliged to take action against Armenians because they were openly supporting Russia in its war against the Ottoman Empire.
“It was not a Nazi policy or a Holocaust,” he said. “These were very dark times. It was a very difficult decision. But deportation was the outcome of some very bloody events. It was necessary for the government to deport the Armenian population.”
This argument is rejected by most scholars, who believe that the small number of Armenian rebels were not a serious threat to the Ottoman Empire, and that the policy was more the product of the perception that the Armenians, non-Muslims and therefore considered untrustworthy, were a problem population.
Hilmar Kaiser, a historian and expert on the Armenian genocide, said the records published in the book were conclusive proof from the Ottoman authority itself that it had pursued a calculated policy to eliminate the Armenians. “You have suddenly on one page confirmation of the numbers,” he said. “It was like someone hit you over the head with a club.”
Mr. Kaiser said the before and after figures amounted to “a death record.”
“There is no other way of viewing this document,” he said. “You can't just hide a million people.”
Other scholars said that the number was a useful addition to the historical record, but that it did not introduce a new version of events.
“This corroborates what we already knew,” said Donald Bloxham, the author of “The Great Game of Genocide: Imperialism, Nationalism and the Destruction of the Ottoman Armenians.”
Mr. Bardakci is a history buff who learned to read and write Ottoman script from his grandmother, allowing him to navigate Turkey's written past, something that most Turks are unable to do. He plays the tanbur, a traditional string instrument. His grandfather was a member of the same political party of Mr. Talat, and his family knew many of the important political figures in Turkey's founding.
“We had a huge library at home,” he said. “They were always talking about history and the past.”
Though he clearly wanted the numbers to be known, he stubbornly refuses to interpret them. He offers no analysis in the book, and aside from an interview with Mr. Talat's widow, there is virtually no text beside the original documents.
“I didn't want to interpret,” he said. “I want the reader to decide.”
The best way to do that, he argues, is by using cold, hard facts, which can cut through the layers of emotional rhetoric that have clouded the issue for years.
“I believe we need documents in Turkey,” he said. “This is the most important.”
But some of the keenest observers of Turkish society said the silence was a sign of just how taboo the topic still was. “The importance of the book is obvious from the fact that no paper except Milliyet has written a single line about it,” wrote Murat Belge, a Turkish academic, in a January column in the liberal daily newspaper Taraf.
Still, it is a measure of Turkey's democratic maturity that the book was published here at all. Mr. Bardakci said he had held the documents for so long--27 years--because he was waiting for Turkey to reach the point when their publication would not cause a frenzy.
Even the state now feels the need to defend itself. Last summer, a propaganda film about the Armenians made by Turkey's military was distributed to primary schools. After a public outcry, it was stopped.
“I could never have published this book 10 years ago,” Mr. Bardakci said. “I would have been called a traitor.”
He added, “The mentality has changed.”
Reported by asbarez







