Attaque militaire contre l’Arménie : une nouvelle guerre de religion ?

Communauté arménienne de Suisse

2, Chemin Lullin 2, 1256 Troinex (GE)


Armenischer Schul- und Familienverein (ASV)
Armenischer Verein Zürich (AVZ)
Artzakank - Echo
Association Fragments
Association Suisse-Arménie (ASA)
Building an alternative Future (BAF)
Centre Arménien de Neuchâtel
Comunità Armena del Ticino
H.O.M. - Association de Secours Arménienne de Suisse
Paroisse de l'Eglise Apostolique Arménienne St. Hagop Genève et Région Lémanique
Union Arménienne de Suisse (UAS)
Union Générale Arménienne de Bienfaisance (UGAB)


Communiqué de presse


Mercredi 22 juillet 2020



La nuit du 12 juillet 2020, l'Azerbaïdjan a lancé une attaque militaire contre le territoire de la République d'Arménie, accusant d'importantes pertes dans ses propres rangs. Un nombre élevé d'officiers supérieurs azéris aurait péri lors de la riposte arménienne. L'armée de Bakou a perdu aussi une grande quantité de matériel de guerre. Une nouvelle incursion s'est produite trois jours après, laissant sur le terrain au moins 10 militaires azerbaïdjanais. L'Arménie enregistre jusqu'à ce jour la perte de quatre soldats, plus un cinquième grièvement atteint. Suite aux pertes subies, Bakou a menacé de bombarder la centrale nucléaire arménienne de Medzamor, près de la capitale Érévan, ce qui équivaudrait à un crime contre l'humanité.

 

Les Arméniens de Suisse condamnent fermement cette attaque délibérée contre le territoire national de l'Arménie. Ils renvoient aux initiateurs la responsabilité de vouloir transformer le conflit arméno-azerbaidjanais en une guerre de religion. Cette escalade comporte des implications régionales ouvertement assumées par la Turquie qui a, dès le jour même des premières attaques, affirmé qu'elle apporterait un soutien inconditionnel à l'Azerbaïdjan, et qui a depuis réitéré cette position. Le comportement de Bakou et d'Ankara démontre une irresponsabilité politique totale. Les Arméniens de Suisse demandent au Conseil fédéral de condamner fermement cette tentative de déstabiliser l'équilibre déjà très précaire dans le Caucase du Sud et dans tout le Moyen Orient.

 

Dimanche 12 juillet 2020, les forces armées azerbaïjanaises ont déclenché des opérations militaires à la frontière nord-orientale avec l'Arménie (région du Tavoush), utilisant l'artillerie lourde (obus de 82 et 120 mm), en essayant de forcer la frontière avec des troupes transportées et des chars. L'attaque a été accompagnée par l'incursion à l'intérieur de l'Arménie de drones militaires. Un de ces appareils, un Elbit Hermes 900 de fabrication israélienne, a été abattu à une profondeur de 9 km dans le territoire arménien. Au cours de cette première journée et des suivantes, des infrastructures civiles ont été visées dans les villes de Berd, Chinari et Movses. En repoussant l'attaque, l'armée de la République d'Arménie a consolidé ses propres positions au village de Chinarì et infligé d'importantes pertes matérielles et humaines à l'adversaire, qui a admis la mort du général en chef du 3e corps d'armée stationné dans la région du Tavouz (côté azerbaïdjanais), d'un colonel, de deux majors et de sept soldats. Bakou annonce également le décès d'un civil. Lors d'une nouvelle attaque lancée par les troupes de Bakou mardi 14 juillet, les forces arméniennes ont accusé la perte de quatre soldats, dont un major et un capitaine. Pour bombarder les positions arméniennes en toute impunité, l‘armée azerbaidjanaise a concentré ses batteries d'artillerie autour du village azerbaïdjanais de Dondar Ghushchu, à 10 km de la frontière, en utilisant sa propre population civile comme bouclier.

 

Pendant la nuit de jeudi 16 juillet, une compagnie d'élite azerbaïdjanaise a tenté une nouvelle incursion dans la même région de Tavoush, laissant sur le terrain au moins 10 victimes. Tout au long de la journée, les troupes de Bakou ont continué à attaquer les positions arméniennes dans les villages d'Aygepar et de Movses, en utilisant des mortiers et de l'artillerie automotrice D-30. Erévan n'accuse aucune perte supplémentaire. La partie arménienne s'est montrée disponible, en cas de cessation des hostilités, à permettre la récupération des victimes et des blessés restés sur le terrain, mais l'Azerbaïdjan n'a pas répondu à l'appel pour le moment.

 

Menaces de l'Azerbaidjian contre la centrale nucléaire de Medzamor

 

Jeudi 16 juillet, le porte-parole du Ministère de la défense azerbaïdjanais, Vagif Dargyakhly, a menacé de « la possibilité de frapper la centrale nucléaire de Medzamor, déclenchant une catastrophe pour l'Arménie ». Suite à cette déclaration, le Premier ministre de l'Arménie, Nikol Pashinyan a déclaré qu'il est devenu clair que l'Azerbaïdjan constitue une menace non seulement pour l'Arménie, mais aussi pour la sécurité mondiale.

 

Rôle déstabilisant de la Turquie

 

Ankara souffle activement sur le feu. Non contente de clamer son soutien absolu à l'Azerbaïdjan, la Turquie prend des initiatives plus qu'inquiétantes pour l'embrasement régional du conflit. Selon des sources bien informées, les forces d'occupation turques, au Nord de la Syrie, ont ouverts des centres d'enrôlement à Afrin, de même qu'à Raju, pour recruter et transporter des djihadistes en Azerbaïdjan, ayant vocation à être enrôlés comme mercenaires au côté des forces azerbaïdjanaises. Il est inutile de souligner l'envergure du conflit qu'une telle initiative pourrait ouvrir, en exportant la guerre d'occupation du Nord de la Syrie au Caucase du Sud, mettant ainsi dos-à-dos Chrétiens et Musulmans.

 

Ankara a soutenu sans réserve l'agression de l'Azerbaïdjan. Ainsi, dans une interview de lundi 13 juillet donnée à la chaîne TRT Haber, le Ministre des affaires étrangères turc, M. Mevlut Cavusoglu a affirmé que « la Turquie est aux côtés de l'Azerbaïdjan, avec tous ses moyens ». De la même teneur ont été les commentaires du Ministre turc de la défense, M. Hulusi Akar, lors de sa dernière visite à Beyrouth au début de la semaine dernière. Le fait qu'en ces jours ce dernier ait convoqué à Ankara l'élite de l'armée de Bakou, notamment le Vice-Ministre de la défense, le chef de l'aviation, le chef des systèmes missilistiques et balistiques ainsi que le chef d'état-major du 4è corps d'armée (ce dernier en lice d'être nommé comme successeur du général qui vient de tomber sur le terrain), montre clairement qui en réalité est en train de diriger les forces armées de l'Azerbaidjian et fomente la tension dans la région.

 

La communauté arménienne de Suisse demande au Conseil fédéral de condamner l'attaque

 

Les Arméniens de Suisse, fortement préoccupés par cette grave escalade, demandent au Conseil fédéral de prendre position contre cette nouvelle tentative d'exporter une guerre sur le territoire même de la République d'Arménie en condamnant fermement cette attaque militaire irresponsable
de l'Azerbaïdjan, ainsi que les menaces de Bakou de détruire la centrale nucléaire de Medzamor, un acte de terrorisme d'État en violation flagrante du droit international.

 

Contacts :

 

Sarkis Shahinian, courriel, tél.: 079 407 6051 (D, F, I)
Vicken Bayramian, courriel, tél : 079 619 8090 (F, E)

 

COVID19 : appel du Président de la République d'Arménie, Armen Sarkissian

Pour faire face à la pandémie, le gouvernement de la République d’Arménie a mobilisé toutes les ressources de l’État. Il a engagé des actions déterminées pour soigner les malades, empêcher la propagation de la maladie et atténuer ses graves conséquences socio-économiques.

 

De son côté, en concertation avec le gouvernement, le Fonds Arménien mondial a lancé une campagne de collecte de fonds dénommée « Unis contre la pandémie » afin de financer l’achat de fournitures et d’équipements médicaux : 226 000 $ ont été collectés à ce jour dans le cadre d’une opération de financement participatif (Crowdfunding).

 

Aussi, Armen Sarkissian, Président de la République d’Arménie et Président du Conseil des Gouverneurs du Fonds Arménien mondial, appelle les représentants de l’État, les chefs spirituels, les partis politiques de la diaspora ainsi que les organisations et personnalités membres du Fonds, à consacrer leurs efforts et leurs ressources à cette collecte en utilisant uniquement les canaux du Fonds Arménien.

 

Pour chaque pays dans lequel se trouve un Fonds Arménien, Armen Sarkissian appelle à faire les dons à la branche nationale. Tous les fonds récoltés sont destinés aux besoins de santé de l’Arménie et de l’Artsakh : fournitures, médicaments, équipements médicaux et aide pour les problèmes sociaux les plus urgents de sa population.

 

Le Comité Suisse du Fonds Arménie se rallie à cette initiative et, en réponse à l’appel du président Armen Sarkissian, transférera bientôt un montant important vers l'Arménie.

 

Nous vous invitons à aider l'Arménie et l'Artsakh à faire face à la pandémie en faisant un don sur le compte bancaire du Comité Suisse du Fonds Arménie.

 

CHAQUE DON EST IMPORTANT.

VOUS POUVEZ FAIRE UN DON sur le Compte bancaire du Comité Suisse du Fonds Arménie, avec la mention « Matériel médical pour lutter contre le Covid-19 »

Coordonnées bancaires : UBS SA - IBAN: CH870023523535839540A - BIC: UBSWCHZH80A

Le Comité Suisse du Fonds Arménie

2, Chemin Lullin - 1256 Troinex (GE)
Email : Avedis  - Noubar  - Baghramian

24. April 1915-2020

424. April 1915


In der Nacht des 24. April 1915 werden in Konstantinopel alle armenischen Intellektuellen und Vertreter der Oberschicht verhaftet. So beginnt die Regierung des Osmanischen Reiches die geplante und systematische Vernichtung des armenischen Volkes, den ersten Völkermord des 20. Jahrhunderts, der etwa eineinhalb Millionen Opfer fordern wird.

 

Das jungtürkische Komitee für Einheit und Fortschritt "Ittihad ve Terakki", damals an der Macht, hat entschieden, sich ein für alle Mal der Armenier und der anderen christlichen Minderheiten zu entledigen, die mehrheitlich die Provinzen des Ostens bewohnen, aber auch Adana (Kilikien), die Küste des Schwarzen Meeres und die Flanken des heiligen Ararat. Das Triumvirat, bestehend aus Kriegsminister Enver, Innenminister Talaat und Marineminister Cemal, hat unter dem Deckmantel der durch den Ersten Weltkrieg auferlegten Restriktionen einen raffinierten Vernichtungsplan ausgearbeitet.

 

Worte können das Grauen nicht beschreiben, das, unbeachtet von der westlichen Welt, von einem ganzen Volk erlitten wurde; denn das Verbrechen des Völkermords übertrifft alle anderen vorher begangenen Verbrechen. Männer werden erniedrigt und verstümmelt, Frauen vergewaltigt und bei lebendigem Leibe angezündet, Kinder vor den Augen ihrer Eltern aufgeschlitzt. Darüber hinaus sind die Verbrecher bestrebt, Kultur, Kunst, Musik, Religion, die gesamte Erinnerung an ein Volk auszulöschen. Die Leichname bleiben unbestattet, werden in Flüsse geworfen, den Raubvögeln überlassen. Die Täter begnügen sich nicht damit zu töten, sie verschleiern in der Folge das Verbrechen, indem sie jede kompromittierende Spur der Planung verwischen. Sie wissen bereits, dass die Gräueltaten allzu schwerwiegend für die kommenden Generationen sein werden. Im Jahre 1919 werden die höchsten Verantwortlichen vor Gericht gestellt und von einem türkischen Kriegstribunal zum Tode verurteilt, doch Mustafa Kemals Wende zum Nationalismus bricht diese Tendenz und führt am 31. März 1923 zu einer allgemeinen Amnestie. Die neue Regierung bringt damit den Völkermord durch die Leugnung zur Vollendung: Sie schreibt die Geschichte um und schenkt sich für die frisch geborene Türkei eine neue Unschuld.

 

Dennoch existieren unzählige Augenzeugenberichte, von Überlebenden natürlich, aber auch von Türken selbst, von ausländischen Delegierten wie Armin T. Wegner, von Botschaftern wie Henry Morgenthau. Sie beschreiben die Boote, die mit Armeniern gefüllt und nachher vor der Küste des Schwarzen Meeres versenkt werden; den von Blut roten Fluss Euphrat; die Strassen Richtung syrischer Wüste, gesäumt von Kadavern; und all die in Brand gesteckten Dörfer, deren Einwohner in zu Scheiterhaufen umgewandelten Kirchen geopfert werden. Schon 1896 waren unter der Herrschaft des "roten" Sultans Abdul Hamid II. mehr als 300‘000 Armenier massakriert, ihre Dörfer geplündert und die wenigen Überlebenden ins Exil gezwungen worden. Jean Jaurès hatte in jenem Jahr in der Nationalversammlung in Paris die Prämissen für einen Völkermord verkündet, und Georges Clémenceau sollte daraufhin erklären: "Es ist nicht mehr zulässig, Unwissenheit vorzutäuschen. Die Wahrheit ist bekannt und die Heuchelei unserer europäischen Diplomaten kann bloss noch die Mittäter dieser weltweiten Feigheit täuschen".

 

Heute fordern die Armenier auf der ganzen Welt Gerechtigkeit: Sie wollen, dass die Wahrheit überall anerkannt wird, damit ihre Verwandten, die ohne Begräbnis zurückgelassen wurden, gefallen für das einzige Vergehen, als Armenier geboren zu sein, endlich in Frieden ruhen können. Die Armenier verlangen Denkmäler zur Erinnerung an ihre Verwandten, denn sie haben keinen Ort, wo sie ihrer gedenken können: Ihre Verwandten sind ja angeblich nicht tot, sondern nur deportiert worden... Die Armenier fordern das Recht, auf ihrem Heimatboden zu beten, um auf dem Altar der Wahrheit vergeben zu können.

 

Die Armenier, von den Aposteln Thaddäus und Bartholomäus evangelisiert, haben die christliche Religion im Jahre 301 als Staatsreligion angenommen. Ihrem christlichen Glauben stets treu, haben sie mit ihrem Blut die Liebe zu Christus bezahlt. Im Gedenken an unsere Verwandten zünden wir am heutigen Tag diese Lichterkreuze (Khatch-luis) an. Mögen ihre Seelen in Frieden ruhen!

 

Génocide arménien, crime et négation du crime

Janvier 2012 | Le Monde Diplomatique | Atlas Histoire version livre | Vicken Chétérian

 

Souvent qualifié de « premier génocide du XXe siècle », le massacre des Arméniens par l’Empire ottoman en 1915-1918 constitue le premier exemple d’une tuerie de masse perpétrée par un Etat contre une partie de sa population. De nombreuses nations, à commencer par la Turquie, n’ont toujours pas pleinement reconnu ce génocide.

 

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, deux évolutions majeures pèsent sur les relations entre le calife ottoman et la communauté arménienne. D’une part, les ambitions coloniales européennes se traduisent par une pression croissante sur les marges d’un empire en déclin. Sous prétexte de « protéger les minorités chrétiennes », les tsars russes repoussent leurs frontières au détriment des Ottomans. Leurs annexions en Crimée, dans le Caucase et dans les Balkans, jettent sur les routes des milliers de musulmans qui se réfugient au coeur du territoire ottoman. Cet afflux de population exacerbe les tensions entre majorité musulmane et minorités chrétiennes.

 

D’autre part, la présence dans les universités européennes d’étudiants ottomans séduits par les idées d’émancipation favorise la création de partis politiques arméniens progressistes, le Henchak (social-démocrate) et la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA, nationaliste de gauche). A partir des années 1890, ces partis réclament des réformes politiques, en faveur notamment de la paysannerie arménienne, qui endure des impôts élevés et des massacres sporadiques.

 

Face à ces demandes, le sultan Abdülhamid II opte pour la répression. Entre 1894 et 1896, les revendications politiques des Arméniens déclenchent des persécutions qui font 200 000 morts. En 1908, le « sultan rouge » est renversé par le Comité pour l’union et le progrès (CUP), qui jouit du soutien des officiers de l’armée. Le CUP veut réformer l’empire, alors en voie de désintégration, soulevant l’enthousiasme de nombreux Ottomans, parmi lesquels des Arméniens.

 

La FRA collabore étroitement avec le nouveau pouvoir et joue un rôle central au Parlement. Cette alliance se désagrège toutefois en 1909, quand de nouvelles exactions provoquent une trentaine de morts parmi les Arméniens. Le CUP et la FRA rompent tout contact en 1913. Alors que le pouvoir se concentre entre les mains des « trois pachas » (Enver, Cemal et Talat), le CUP renonce à son programme de réformes. En quête d’une nouvelle légitimité, le régime développe une idéologie nationaliste fondée sur le rêve d’un grand Empire turc s’étendant au Caucase et à l’Asie centrale.

Massacre planifié

 

Le 28 octobre 1914, la Turquie se rallie aux puissances centrales : l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie. Le ministre de la guerre, Enver Pacha (1881-1922), entend profiter du conflit pour chasser les Russes du Caucase du Sud. Il prend lui-même les commandes de la IIIe armée ottomane, et la défaite que lui infligent les troupes russes à la bataille de Sarikamis n’en est que plus cuisante. Repoussés vers les montagnes, la plupart des rescapés turcs périssent dans des tempêtes de neige.

 

Cette débâcle précipite les événements. Enver rend la population arménienne locale responsable de la déroute de son armée. Il désarme les soldats arméniens et les affecte à des « bataillons de travail » auxquels ils ne survivront pas. Le 24 avril 1915, la police turque arrête des centaines d’intellectuels arméniens à Istanbul, capitale de l’empire, et procède à leur déportation puis à leur assassinat. En mai, ordre est donné de transférer la population arménienne de l’Empire ottoman dans le désert syrien. Plus de la moitié – soit environ 1 million de personnes, selon les estimations les plus fiables – périt dans les massacres, meurt d’épuisement sur les routes ou succombe de faim ou de maladie dans les camps de réfugiés. L’Etat saisit les biens de centaines de milliers d’Arméniens. Les déportations, exécutions et mauvais traitements font aussi des milliers de victimes parmi les chrétiens d’Orient et les Grecs pontiques, confirmant l’existence d’un plan visant à décimer la population selon des critères ethniques.

 

Le crime de génocide s’achève par sa négation. Depuis neuf décennies, les autorités turques persistent dans leur politique de non-reconnaissance. La position d’Ankara se résume à cette triple affirmation : « Il n'y a pas eu de génocide ; le nombre des victimes s'établit à 300 000 morts ; la responsabilité des événements incombe aux Arméniens eux-mêmes qui ont trahi la Turquie. »

 

Dans les années 1970, ce négationnisme se heurtera à l’émergence d’un mouvement politique arménien recourant à la lutte armée pour se faire entendre de la « communauté internationale ». Depuis, l’Organisation des Nations unies et les Parlements de divers pays, tels que la France ou la Russie, ont adopté des résolutions visant à reconnaître le génocide arménien. En Turquie même, où les libertés démocratiques ont gagné du terrain dans les années 1990, la question arménienne fait l’objet de débats ouverts dans le monde intellectuel, qui a pris ses distances à l’égard des vérités officielles.

 

© 2012 Le Monde diplomatique

 

Chronologie

1923

Mustafa Kemal devient président de la République. Il crée le Parti républicain du peuple (CHP), parti nationaliste et laïque.

1949
La Turquie reconnaît l'Etat d'Israël.

1952
La Turquie entre dans l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN).

1960
Coup d'Etat militaire.

1980
Nouveau coup d'Etat militaire. La répression frappe l'extrême gauche et les Kurdes, mais épargne les ultranationalistes.

1994
Poussée des islamistes du Parti de la prospérité (Refah).

1996
Entrée en vigueur de l'union douanière entre l'Union européenne (UE) et la Turquie.
La Turquie et Israël signent trois accords de coopération militaire. En mars, ils signent un accord de libre-échange.

1999
Le sommet européen d'Helsinki reconnaît à la Turquie le statut de candidat à l'UE.

2002
Le parti islamiste modéré AKP remporte les élections législatives.

2009
A Davos, Recep Tayyip Erdogan fustige l'opération militaire israélienne à Gaza de décembre 2008-janvier 2009.

31 mai 2010
Assaut des troupes israéliennes contre le Mavi-Marmara.

 


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