Agression de la Turquie contre l'Arménie

Le 27 septembre, la Turquie, encore membre de l'OTAN, a attaqué la République d''Arménie et la République d'Artsakh (Haut-Karabagh) avec l'aide de l'Azerbaïdjan parce que les Arméniens ont eu l'audace de ne pas accepter un second génocide.

 

Histoire de l'Artsakh (Haut-karabagh)

L'Artsakh est peuplé presque exclusivement d'Arméniens depuis plus de 3'000 ans

 

Pourquoi l'indépendance de l'Artsakh (Haut-karabagh) 

Depuis le premier génocide en 1915, l'Azerbaïdjan n'a jamais cessé ses pogroms contre les Arméniens. Cette guerre où tout est bombardé (églises, hôpitaux, maternités, maisons) démontre que l'Azerbaïdjan ne désire pas administrer l'Artsakh mais bien tuer tous les Arméniens de cette région, pour commencer.

 

La guerre déclenchée par la Turquie et par l'Azerbaïdjan en Artsakh

La Turquie et l'Azerbaïdjan bombardent chaque jour depuis le 27 septembre 2020 les églises, les hopitaux, les maternités et les maisons de toutes les villes et villages de l'Artsakh, avec des avions, avec des canons et avec des drones kamikases. Des mercenaires payés par la Turquie permettent à l'agresseur de limiter ses propres pertes.

 

La Turquie génocide, l'Europe ignore

« Mais ce qui importe, ce qui est grave, ce n'est pas que la brute humaine se soit déchaînée là-bas ; ce n'est pas qu'elle se soit éveillée. Ce qui est grave, c'est qu'elle ne s'est pas éveillée spontanément ; c'est qu'elle a été excitée, encouragée et nourrie dans ses appétits les plus féroces par un gouvernement régulier avec lequel l'Europe avait échangé plus d'une fois, gravement, sa signature. Car c'est là ce qui domine tout : c'est le Sultan qui a voulu, qui a organisé, qui a dirigé les massacres. »

 

Jean Jaurès, le 3 novembre 1896

 

Lire l'article sur armenews

 

 

1915 aujourd'hui

La Turquie achève son génocide des Arméniens, l'Europe détourne les yeux

 

Vous êtes pour le génocide des Arméniens ?

 

Ne faites rien, la Turquie s'en charge pour vous, grâce à votre consentement tacite !

Vous êtes contre le génocide des Arméniens ?

 

Alors levez-vous, parlez, agissez, usez de votre pouvoir, défendez votre honneur par tous les moyens !

C'est simple :
reconnaissez à l’Artsakh (Haut-Karabagh) le statut d’État indépendant.

La neutralité à la Ponce Pilate

La neutralité est un égout quand elle ne sert qu’à se décharger de toute responsabilité, la neutralité peut être une lumière quand elle sert à discerner avec impartialité le vrai du faux.

 

Vous pensez peut-être que les déclarations des uns et des autres se valent, que les missiles des uns et des autres sont du pareil au même : vous vous trompez lourdement.

 

On ne peut mettre sur un même pied d'égalité les faits énoncés par le porte-parole d'une jeune démocratie et confirmés par des journalistes internationaux avec les déclarations d'une dictature qui empêche toute collecte de preuves.

 

Rien n'est plus faux que comparer d'une part un missile envoyé sur un aéroport militaire d'où partent des drones assassins avec d'autre part des missiles à sous-munitions largués par ces drones sur les habitants pacifiques d'une ville perdue en montagne.

 

Il y a d'un côté une vaillante démocratie qui invite les journalistes du monde entier à venir librement constater les faits, il y a en face une dictature qui interdit à tout journaliste l'accès à son territoire, qui interdit à son peuple l'accès à l'internet, qui torture et assassine ses opposants politiques.

 

Il y a des élus choisis par le peuple de l'Artsakh qui offrent leur vie et celle de leurs propres enfants pour défendre la terre sur laquelle leur peuple vit depuis plus de 2000 ans, il y a en face un dictateur finissant qui se maintient au pouvoir en arrosant ses sbires de pétrodollars, qui engage des sicaires pour assassiner des innocents.

 

Il y a aux côtés de l'Artsakh l'Arménie qui pleure le sang de ses enfants, il y a aux côtés de Azerbaïdjan la Turquie qui fête déjà l'ivresse retrouvée du Génocide des Arméniens.

 

En vérité, l'Azerbaïdjan et la Turquie ne sont « frères » que lorsqu'il s'agit de verser le sang des Arméniens.

 

Se cacher aujourd'hui derrière une soit-disant neutralité pour éviter d'affronter la réalité est en fait une honteuse lâcheté.

 

Est-ce que nos élus politiques veulent s'avilir dans l'égout de l'Histoire ou désirent-ils éclairer le peuple de la lumière des justes ?

 

« Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde. » (Ponce Pilate - Mat. 27:24)

 

 

 

 

Lettre ouverte à la Présidente de la Confédération

                                                     Madame Simonetta Sommaruga

                                                     Présidente de la Confédération

                                                     Palais fédéral

                                                     3003 Berne

 

                                                     Zurich, le 3 octobre 2020

 

 

Madame la Présidente de la Confédération,

 

 

La Suisse est une démocratie respectée dont la voix claire peut écrire une nouvelle partition juste et légitime dans le concert des nations.

 

Il est inutile de rappeler ici comment l’Artsakh (Haut-Karabagh) a été séparé de l’Arménie par un découpage inique supervisé par Staline en 1921. La région peuplée d’Arméniens devient ainsi un oblast autonome dans la RSS d'Azerbaïdjan en 1923. En 1988, encouragés par la glasnost, les dirigeants du Soviet régional du Karabagh votent l'unification de la région autonome avec l'Arménie.

 

Vous savez bien entendu tout cela, vous savez que l’Artsakh et l’Arménie sont depuis les temps immémoriaux les deux ventricules du cœur originel des Arméniens.

 

Vous savez que le feu de la guerre actuelle est fortement attisé par la Turquie qui se cache à peine derrière l’Azerbaïdjan pour commettre le génocide 2.0, un crime contre l’humanité téléguidé par drones avec l’aide d’une « Organisation spéciale » (en turc Teşkilat-i Mahsusa) ranimée.

 

Vous avez le pouvoir, ici et maintenant, de mettre fin à cette guerre par une simple déclaration : il vous suffit de reconnaître l’Artsakh comme un État indépendant et pacifique.

 

Serez-vous, Madame la Présidente de la Confédération, au rendez-vous de l’Histoire ?

 

Reconnaître à l’Artsakh le statut d’État indépendant change à la seconde la nature du conflit : l’agression devient de droit un conflit international, ce qui permet des interventions beaucoup plus directes des États qui soutiennent une solution pacifique, notamment du groupe de Minsk.

 

Dans l’espoir que vous trouverez la force de reconnaître l’indépendance de l’Artsakh pour offrir la paix aux Arméniens et à tous les habitants de cette région du monde, je vous prie d’agréer, Madame la Présidente de la Confédération, l’expression de mes plus respectueuses salutations.

 

 

D. E.

Citoyen suisse

 

Pourquoi l'OTAN attaque-t-il l'Arménie ?

Ce qu'il faut savoir :

 

C'est la Turquie, membre de l'OTAN, et non l'Azerbaïdjan, qui dirige l'offensive. C'est la Turquie qui a recruté et envoyé des mercenaires.

 

Cette information est confirmée par la présidence française, par des officiels russes, et par des témoignages des mercenaires eux-mêmes, publiés dans de nombreux journaux. Ces mercenaires à la solde de la Turquie sont désœuvrés depuis l'accord passé avec la Russie pour le contrôle du nord de la Syrie.

 

L'attaque est planifiée par la Turquie depuis cet été au moins. La Turquie a organisé des  « exercices militaires » en Azerbaïdjan cet été, puis elle a opportunément « oublié » des armes lourdes et des avions de chasse en Azerbaïdjan (référence).

 

Le président Aliyev a lui-même déclaré que les drones utilisés dans la guerre contre les habitants de l'Artsakh avaient été fournis par la Turquie.

 

L'Azerbaïdjan sert de paravent à la Turquie, son président Aliyev est désormais l'otage d'Erdogan, comme annoncé depuis des mois par divers observateurs (référence et référence).

 

Le président Aliyev est en effet maintenant en grave difficulté dans son pays car la baisse du prix du pétrole a asséché sa principale source de revenu, de l'argent indispensable pour garder le contrôle de sa police et de ses services secrets payés pour maintenir la terreur.

 

L'Azerbaïdjan bombarde les villes de l'Artsakh (Haut-Karabagh) avec des missiles à sous-munitions M095 DPICM de fabrication israélienne, interdites par une convention internationale (référence), et les preuves multiples ont été confirmées par l'ONG Amnesty International.

 

Depuis le début de la guerre, l'OTAN a déclaré  « C'est pas beau ».

 

Le groupe de Minsk a dit « C'est pas bien ».

 

La Turquie a déclaré que « Tous les Arméniens doivent périr noyés dans leur sang » (référence).

 

Que dit la Suisse ? Que dites-vous, citoyen suisse ?

 

La MIGROS pour les bombes à fragmentation ?

Socar, la société pétrolière azérie alliée de la MIGROS, diffuse des publicités sur fond de bombardements azéris des habitants arméniens de l'Artsakh (Haut-Karabagh) avec des missiles à sous-munitions M095 DPICM de fabrication israélienne.

 

L'utilisation de ces bombes par l'Azerbaïdjan sur les villes de l'Artsakh a été confirmée par l'ONG Amnesty International.

 

Ces publicités de Socar ont été enfin mentionnées ce matin 8 octobre 2020 dans La Matinale de la RTS.

 

La MIGROS soutient-elle le bombardement de civils avec des armes interdites ?

 

 

 

Press release Switzerland - Armenia Association

Press release - Communiqué de presse - Medienmitteilung

 

 

Switzerland - Armenia Association

Association Suisse - Arménie

Gesellschaft Schweiz - Armenien 

 

Die Gesellschaft Schweiz-Armenien (GSA) äusserst empört über die Bombardierung der friedlichen Bevölkerung von Berg Karabach

Montag, den 28. September 2020

 

 

Offizielle Stellungnahme

 

-> Press release [PDF en français] [PDF auf Deutsch] [PDF in English]

 

Am Sonntagmorgen, den 27. September 2020, starteten die aserbaidschanischen Streitkräfte einen gross angelegten militärischen Angriff gegen die Republik von Artsakh (Berg Karabach), der unter der Zivilbevölkerung Opfer forderte.

 

Die Gesellschaft Schweiz-Armenien (GSA) ist äusserst empört über den Land- und Raketenangriff gegen zivile Ziele in Berg Karabach. Die Gesellschaft Schweiz-Armenien (SAA) ist zutiefst besorgt über das propagandistisch erklärte Ziel Aserbaidschans, die in ihrem Heimatland lebenden Armenierinnen und Armenier "vernichten" zu wollen. Zudem bedrohen die Anstifter dieses Konflikts nicht nur die regionale Stabilität im Südkaukasus, sondern auch die Energiesicherheit Europas. Die GSA verurteilt diesen Angriff aufs Schärfste und fordert die politischen Parteien der Schweiz auf, diese klare Verletzung des Völkerrechts zu verurteilen.

 

Unparteilichkeit, oder noch schlimmer das Schweigen seitens der internationalen Gemeinschaft unterscheidet sich kaum von der Akzeptanz einer solchen Vorgehensweise. Wenn Aserbaidschan nicht als Verantwortliche dieser umfassenden Offensive gegen die Zivilbevölkerung erkannt und verurteilt wird, kommt dies einer Anerkennung des aggressiven Verhaltens auf staatlicher Ebene gleich.

 

Armenien und die Schweiz teilen gemeinsame Werte und Ideale wie Frieden, Demokratie, Unabhängigkeit, Souveränität und die Verbindlichkeit von Menschenrechten. Dies ist die Botschaft, die Armenien mit der "Samtenen Revolution" vom Mai 2018 in die Welt getragen hat. Trotz der ständigen Bedrohung an seiner Grenze, verkörpert die Republik von Berg Karabach die Werte dieser gelebten Demokratie. Wir wünschen uns Frieden und fordern alle westlichen Demokratien – darunter auch die Schweiz – auf, sich zum Schutz des friedlichen Volkes von Berg Karabach und seiner Bemühungen um Souveränität und Unabhängigkeit zu vereinen.

 

 

Kontakt:

 

Sarkis Shahinian
Ehrenpräsident der Gesellschaft Schweiz-Armenien (GSA)
Email   Mobiltelefon: 079 407 60 51

 

Aide humanitaire

Nous vous invitons à aider l'Arménie et l'Artsakh en faisant un don au Comité Suisse du Fonds Arménie Himnadram.

 

Tous les fonds récoltés sont destinés aux besoins de santé de l’Arménie et de l’Artsakh : fournitures, médicaments, équipements médicaux et aide pour les problèmes sociaux les plus urgents de sa population, aide aux réfugiés.

 

CHAQUE DON EST IMPORTANT

 

Compte bancaire du Comité Suisse du Fonds Arménie :


Banque : UBS Switzerland SA
SWIFT : UBSWCHZH80A
IBAN : CH87 0023 5235 3583 9540 A
BIC : UBSWCHZH80A

Mention : « Aide humanitaire »

 

Le Comité Suisse du Fonds Arménie

2, Chemin Lullin - 1256 Troinex (GE)
Email : Avedis  - Noubar  - Baghramian

24. April 1915-2020

424. April 1915


In der Nacht des 24. April 1915 werden in Konstantinopel alle armenischen Intellektuellen und Vertreter der Oberschicht verhaftet. So beginnt die Regierung des Osmanischen Reiches die geplante und systematische Vernichtung des armenischen Volkes, den ersten Völkermord des 20. Jahrhunderts, der etwa eineinhalb Millionen Opfer fordern wird.

 

Das jungtürkische Komitee für Einheit und Fortschritt "Ittihad ve Terakki", damals an der Macht, hat entschieden, sich ein für alle Mal der Armenier und der anderen christlichen Minderheiten zu entledigen, die mehrheitlich die Provinzen des Ostens bewohnen, aber auch Adana (Kilikien), die Küste des Schwarzen Meeres und die Flanken des heiligen Ararat. Das Triumvirat, bestehend aus Kriegsminister Enver, Innenminister Talaat und Marineminister Cemal, hat unter dem Deckmantel der durch den Ersten Weltkrieg auferlegten Restriktionen einen raffinierten Vernichtungsplan ausgearbeitet.

 

Worte können das Grauen nicht beschreiben, das, unbeachtet von der westlichen Welt, von einem ganzen Volk erlitten wurde; denn das Verbrechen des Völkermords übertrifft alle anderen vorher begangenen Verbrechen. Männer werden erniedrigt und verstümmelt, Frauen vergewaltigt und bei lebendigem Leibe angezündet, Kinder vor den Augen ihrer Eltern aufgeschlitzt. Darüber hinaus sind die Verbrecher bestrebt, Kultur, Kunst, Musik, Religion, die gesamte Erinnerung an ein Volk auszulöschen. Die Leichname bleiben unbestattet, werden in Flüsse geworfen, den Raubvögeln überlassen. Die Täter begnügen sich nicht damit zu töten, sie verschleiern in der Folge das Verbrechen, indem sie jede kompromittierende Spur der Planung verwischen. Sie wissen bereits, dass die Gräueltaten allzu schwerwiegend für die kommenden Generationen sein werden. Im Jahre 1919 werden die höchsten Verantwortlichen vor Gericht gestellt und von einem türkischen Kriegstribunal zum Tode verurteilt, doch Mustafa Kemals Wende zum Nationalismus bricht diese Tendenz und führt am 31. März 1923 zu einer allgemeinen Amnestie. Die neue Regierung bringt damit den Völkermord durch die Leugnung zur Vollendung: Sie schreibt die Geschichte um und schenkt sich für die frisch geborene Türkei eine neue Unschuld.

 

Dennoch existieren unzählige Augenzeugenberichte, von Überlebenden natürlich, aber auch von Türken selbst, von ausländischen Delegierten wie Armin T. Wegner, von Botschaftern wie Henry Morgenthau. Sie beschreiben die Boote, die mit Armeniern gefüllt und nachher vor der Küste des Schwarzen Meeres versenkt werden; den von Blut roten Fluss Euphrat; die Strassen Richtung syrischer Wüste, gesäumt von Kadavern; und all die in Brand gesteckten Dörfer, deren Einwohner in zu Scheiterhaufen umgewandelten Kirchen geopfert werden. Schon 1896 waren unter der Herrschaft des "roten" Sultans Abdul Hamid II. mehr als 300‘000 Armenier massakriert, ihre Dörfer geplündert und die wenigen Überlebenden ins Exil gezwungen worden. Jean Jaurès hatte in jenem Jahr in der Nationalversammlung in Paris die Prämissen für einen Völkermord verkündet, und Georges Clémenceau sollte daraufhin erklären: "Es ist nicht mehr zulässig, Unwissenheit vorzutäuschen. Die Wahrheit ist bekannt und die Heuchelei unserer europäischen Diplomaten kann bloss noch die Mittäter dieser weltweiten Feigheit täuschen".

 

Heute fordern die Armenier auf der ganzen Welt Gerechtigkeit: Sie wollen, dass die Wahrheit überall anerkannt wird, damit ihre Verwandten, die ohne Begräbnis zurückgelassen wurden, gefallen für das einzige Vergehen, als Armenier geboren zu sein, endlich in Frieden ruhen können. Die Armenier verlangen Denkmäler zur Erinnerung an ihre Verwandten, denn sie haben keinen Ort, wo sie ihrer gedenken können: Ihre Verwandten sind ja angeblich nicht tot, sondern nur deportiert worden... Die Armenier fordern das Recht, auf ihrem Heimatboden zu beten, um auf dem Altar der Wahrheit vergeben zu können.

 

Die Armenier, von den Aposteln Thaddäus und Bartholomäus evangelisiert, haben die christliche Religion im Jahre 301 als Staatsreligion angenommen. Ihrem christlichen Glauben stets treu, haben sie mit ihrem Blut die Liebe zu Christus bezahlt. Im Gedenken an unsere Verwandten zünden wir am heutigen Tag diese Lichterkreuze (Khatch-luis) an. Mögen ihre Seelen in Frieden ruhen!

 

Génocide arménien, crime et négation du crime

Janvier 2012 | Le Monde Diplomatique | Atlas Histoire version livre | Vicken Chétérian

 

Souvent qualifié de « premier génocide du XXe siècle », le massacre des Arméniens par l’Empire ottoman en 1915-1918 constitue le premier exemple d’une tuerie de masse perpétrée par un Etat contre une partie de sa population. De nombreuses nations, à commencer par la Turquie, n’ont toujours pas pleinement reconnu ce génocide.

 

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, deux évolutions majeures pèsent sur les relations entre le calife ottoman et la communauté arménienne. D’une part, les ambitions coloniales européennes se traduisent par une pression croissante sur les marges d’un empire en déclin. Sous prétexte de « protéger les minorités chrétiennes », les tsars russes repoussent leurs frontières au détriment des Ottomans. Leurs annexions en Crimée, dans le Caucase et dans les Balkans, jettent sur les routes des milliers de musulmans qui se réfugient au coeur du territoire ottoman. Cet afflux de population exacerbe les tensions entre majorité musulmane et minorités chrétiennes.

 

D’autre part, la présence dans les universités européennes d’étudiants ottomans séduits par les idées d’émancipation favorise la création de partis politiques arméniens progressistes, le Henchak (social-démocrate) et la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA, nationaliste de gauche). A partir des années 1890, ces partis réclament des réformes politiques, en faveur notamment de la paysannerie arménienne, qui endure des impôts élevés et des massacres sporadiques.

 

Face à ces demandes, le sultan Abdülhamid II opte pour la répression. Entre 1894 et 1896, les revendications politiques des Arméniens déclenchent des persécutions qui font 200 000 morts. En 1908, le « sultan rouge » est renversé par le Comité pour l’union et le progrès (CUP), qui jouit du soutien des officiers de l’armée. Le CUP veut réformer l’empire, alors en voie de désintégration, soulevant l’enthousiasme de nombreux Ottomans, parmi lesquels des Arméniens.

 

La FRA collabore étroitement avec le nouveau pouvoir et joue un rôle central au Parlement. Cette alliance se désagrège toutefois en 1909, quand de nouvelles exactions provoquent une trentaine de morts parmi les Arméniens. Le CUP et la FRA rompent tout contact en 1913. Alors que le pouvoir se concentre entre les mains des « trois pachas » (Enver, Cemal et Talat), le CUP renonce à son programme de réformes. En quête d’une nouvelle légitimité, le régime développe une idéologie nationaliste fondée sur le rêve d’un grand Empire turc s’étendant au Caucase et à l’Asie centrale.

Massacre planifié

 

Le 28 octobre 1914, la Turquie se rallie aux puissances centrales : l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie. Le ministre de la guerre, Enver Pacha (1881-1922), entend profiter du conflit pour chasser les Russes du Caucase du Sud. Il prend lui-même les commandes de la IIIe armée ottomane, et la défaite que lui infligent les troupes russes à la bataille de Sarikamis n’en est que plus cuisante. Repoussés vers les montagnes, la plupart des rescapés turcs périssent dans des tempêtes de neige.

 

Cette débâcle précipite les événements. Enver rend la population arménienne locale responsable de la déroute de son armée. Il désarme les soldats arméniens et les affecte à des « bataillons de travail » auxquels ils ne survivront pas. Le 24 avril 1915, la police turque arrête des centaines d’intellectuels arméniens à Istanbul, capitale de l’empire, et procède à leur déportation puis à leur assassinat. En mai, ordre est donné de transférer la population arménienne de l’Empire ottoman dans le désert syrien. Plus de la moitié – soit environ 1 million de personnes, selon les estimations les plus fiables – périt dans les massacres, meurt d’épuisement sur les routes ou succombe de faim ou de maladie dans les camps de réfugiés. L’Etat saisit les biens de centaines de milliers d’Arméniens. Les déportations, exécutions et mauvais traitements font aussi des milliers de victimes parmi les chrétiens d’Orient et les Grecs pontiques, confirmant l’existence d’un plan visant à décimer la population selon des critères ethniques.

 

Le crime de génocide s’achève par sa négation. Depuis neuf décennies, les autorités turques persistent dans leur politique de non-reconnaissance. La position d’Ankara se résume à cette triple affirmation : « Il n'y a pas eu de génocide ; le nombre des victimes s'établit à 300 000 morts ; la responsabilité des événements incombe aux Arméniens eux-mêmes qui ont trahi la Turquie. »

 

Dans les années 1970, ce négationnisme se heurtera à l’émergence d’un mouvement politique arménien recourant à la lutte armée pour se faire entendre de la « communauté internationale ». Depuis, l’Organisation des Nations unies et les Parlements de divers pays, tels que la France ou la Russie, ont adopté des résolutions visant à reconnaître le génocide arménien. En Turquie même, où les libertés démocratiques ont gagné du terrain dans les années 1990, la question arménienne fait l’objet de débats ouverts dans le monde intellectuel, qui a pris ses distances à l’égard des vérités officielles.

 

© 2012 Le Monde diplomatique

 

Chronologie

1923

Mustafa Kemal devient président de la République. Il crée le Parti républicain du peuple (CHP), parti nationaliste et laïque.

1949
La Turquie reconnaît l'Etat d'Israël.

1952
La Turquie entre dans l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN).

1960
Coup d'Etat militaire.

1980
Nouveau coup d'Etat militaire. La répression frappe l'extrême gauche et les Kurdes, mais épargne les ultranationalistes.

1994
Poussée des islamistes du Parti de la prospérité (Refah).

1996
Entrée en vigueur de l'union douanière entre l'Union européenne (UE) et la Turquie.
La Turquie et Israël signent trois accords de coopération militaire. En mars, ils signent un accord de libre-échange.

1999
Le sommet européen d'Helsinki reconnaît à la Turquie le statut de candidat à l'UE.

2002
Le parti islamiste modéré AKP remporte les élections législatives.

2009
A Davos, Recep Tayyip Erdogan fustige l'opération militaire israélienne à Gaza de décembre 2008-janvier 2009.

31 mai 2010
Assaut des troupes israéliennes contre le Mavi-Marmara.

 

Information

Is Artsakh (Nagorno-Karabakh) really occupied by Armenians? YES, for at least 3,000 years!

 

Nouvelles du front

Pour suivre au plus près la situation en Artsakh (Haut-Karabagh), vous pouvez consulter le site d'information Nouvelles d'Arménie. et le service de presse officiel.

 

N'oubliez pas que la Turquie et l'Azerbaïdjan sont des dictatures où la liberté de la presse est une notion totalement inconnue.

 

 

Rappel

« La clarification du statut du Kosovo est une condition pour la stabilité et le développement économique et politique de la région des Balkans occidentaux toute entière »

 

Pascal Couchepin, Président de la Confédération, en 2008

 

 

« La clarification du statut de l'Artsakh est une condition pour la stabilité et le développement économique et politique de la région du Caucase tout entier »

 

Le Conseil fédéral en 2020 ?

Himnadram

Comité Suisse du Fonds Arménie

himnadram.org

Virements en CHF

Banque : UBS Switzerland AG
SWIFT : UBSWCHZH80A
IBAN :
CH87 0023 5235 3583 9540 A
BIC : UBSWCHZH80A

Mention : « Aide humanitaire »

 

KASA

KASA Komitas Action Suisse-Arménie 1000 Lausanne

Banque : UBS Switzerland AG

IBAN :
CH67 0024 3243 FS12 0520 1

Mention : « Spécial ARTZAKH » pour l'aide humanitaire aux réfugiés

R. H. Kévorkian

La logique des blocs, héritée de la Guerre froide, continue de formater les esprits des élites politiques, militaires et économiques du monde occidental et, bien entendu, les médias. Le statut singulier de la Turquie au sein de l’OTAN pèse de tout son poids dans les esprits. Beaucoup ont observé une évolution de la politique intérieure et régionale de la Turquie qui les inquiète mais — à l’exception notable de la France d’Emmanuel Macron — n’en tirent pas les conséquences ou peinent à les accepter.

 

[...]

 

Article complet © armenews.com 2020


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