Interpellation Fankhauser

Source: Amtliches Bulletin der Bundesversammlung vom 6. Oktober 1995, Seite 2256 - 2257

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95.3186 - Interpellation

Reconnaissance du génocide des Arméniens

Déposé par Fankhauser Angeline

Date de dépôt 24.03.1995

Déposé au Conseil national

Etat des délibérations Liquidé

 

Texte déposé

 

Le Conseil fédéral est-il prêt à reconnaître et à condamner le génocide des Arméniens lors de la Première Guerre mondiale?

Que peut-il et qu'entend-il entreprendre pour empêcher les génocides?

 

Développement

 

[Nach verschiedenen Pogromen gegen die armenische Minderheit im Osmanischen Reich zu Ende des 19. und zu Beginn dieses Jahrhunderts fand während des Ersten Weltkrieges, und daher von der Weltöffentlichkeit wenig beachtet, von 1915 bis 1918 eine systematische Vernichtung der armenischen Bevölkerung statt. Unter dem Vorwand von Kriegsnotwendigkeit wurde die armenische Minderheit zu einem Marsch in die Syrische Wüste gezwungen, eine Deportation, bei der die überwiegende Mehrheit ums Leben kam. Von der armenischen Vorkriegsbevölkerung von 2,1 Millionen Menschen (1912) sind etwa 1,5 Millionen Opfer dieses ersten Völkermordes der neuen Zeit geworden, die übrigen wurden Flüchtlinge in den benachbarten arabischen Staaten und später im Westen, auch in der Schweiz.]

Vingt ans plus tard, Hitler allait tenter de justifier ses méfaits par un autre génocide, encore plus grand et encore plus parfait, empêchant du même coup quiconque de parler du sort des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale.

Il fallut attendre les années quatre-vingt et nonante pour pouvoir aborder la question à l'échelon national et international, et pour exiger que le génocide des Arméniens soit enfin reconnu en tant que tel, ce que firent un document de la Commission des droits de l'homme de l'ONU en 1985 et le Parlement européen en 1987.

Depuis 1896, année qui vit la remise d'une pétition en faveur du peuple arménien, pétition qui fut alors signée par plus de 400 000 personnes, la Suisse se préoccupe du sort de ce peuple. Bien qu'ils n'aient pu intervenir directement, les conseillers fédéraux Motta et Ador avaient déjà, dans les années vingt, plaidé officiellement pour un règlement qui reconnaisse la dignité des Arméniens.

En reconnaissant que les Arméniens ont été victimes d'un génocide, la Suisse lutterait contre l'oubli et rendrait plus difficiles les nouveaux génocides.

 

Réponse du Conseil fédéral of 16.08.1995

 

1. Le Conseil fédéral condamne les événements tragiques ayant conduit à la mort, d'un nombre extrêmement élevé d'Arméniens (entre 800'000 et 1,5 million de personnes, selon les sources)., suite à des déportations en masse et à des massacres à grande échelle au cours des révoltes et guerres qui ont marqué la fin de l'Empire ottoman, de 1894 à 1922, mais tout particulièrement en 1915 En 1896, une pétition portant 433'080 signatures de citoyens suisses fut remise au Conseil fédéral en faveur des chrétiens de l'Empire ottoman et, en 1915, un appel signé par de nombreuses personnalités suisses fut lancé au Conseil fédéral en faveur des Arméniens de l'Empire ottoman. En décembre 1920/ janvier 1921, le Conseil fédéral a lui-même lancé un appel en faveur des populations arméniennes aux gouvernements des Etats-Unis d'Amérique, de France, du Royaume-Uni, d'Italie et du Japon, aux fins d'assurer aux Arméniens des garanties substantielles dans le traité de paix à signer entre les Alliés et la Turquie.

2. Le 24 mai 1915, les Alliés adoptèrent une déclaration commune relative à la part de responsabilité des autorités ottomanes dans ces événements tragiques, qu'ils qualifièrent de "crimes contre l'humanité et la civilisation".

Ni les autorités ottomanes ni les gouvernements de la Turquie moderne qui se sont succédés jusqu'à aujourd'hui n'ont reconnu formellement, en tant que génocide, ces événements.

3. Le 29 août 1985, la Sous-commission des droits de l'homme de l'ONU a, par 14 voix contre une et quatre abstentions, pris note d'une ''Étude sur la question de la prévention et de la répression du crime de génocide", qui qualifie les événements de 1915 de génocide.

Dans une Résolution du 18 juin 1987 concernant "une solution politique de la question arménienne", le Parlement européen a été "d'avis que les événements tragiques qui se sont déroulés en 1915-1917 contre les Arméniens établis sur le territoire de l'Empire ottoman constituent un génocide au sens de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU le 9 décembre 1948" (cf. § 2 du dispositif). Le Parlement européen a également demandé "au Conseil d'obtenir du gouvernement turc actuel la reconnaissance du génocide commis envers les Arméniens en 1915-1917 et de favoriser l'instauration d'un dialogue politique entre la Turquie et les délégués représentatifs des Arméniens" (cf. § 3 du dispositif). Relancé à plusieurs reprises par des questions orales au Parlement, le Conseil de l'Union européenne n'a, à notre connaissance, pas donné suite à cette demande.

4. Certains parlements nationaux, ainsi ceux de l'Uruguay en 1970, de Chypre en 1983 et tout récemment, le 14 avril 1995, la Douma russe ont reconnu le génocide arménien.

5. La Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide regroupe à ce jour 116 États parties, dont la plupart des pays occidentaux. Elle constitue le principal instrument international en la matière.

Dans une réponse à une question Braunschweig du 26 septembre 1988, le Chef du Département fédéral des affaires étrangères a expliqué que les raisons exposées dans le rapport du Conseil fédéral sur la politique suisse en faveur des droits de l'homme du 2 juin 1982, qui motivaient une attitude de retenue s'agissant de la ratification de la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, méritaient un réexamen.

Le 14 novembre 1988, le Conseil fédéral déclarait accepter un postulat Braunschweig du 29 septembre 1988, intitulé "Rapport et recherches sur les génocides".

Compte tenu des événements tragiques survenus récemment en divers points de la planète, et du fait que les statuts des tribunaux internationaux mis sur pied par les Nations Unies pour juger les criminels de guerre d'ex-Yougoslavie et du Rwanda reprennent la définition légale du génocide telle qu'elle figure dans la Convention, le Conseil fédéral envisage favorablement la ratification de cet instrument. Cette possibilité, qui implique notamment des modifications importantes de notre législation pénale, est actuellement examinée au sein du DFJP et du DFAE.

 

Déclaration auteur/auteurs

Partiellement satisfait, demandent une discussion

 

-> Demande de discussion

Vote: 67 voix pour, 50 voix contre

 

Compétence

Département des affaires étrangères (DFAE)

Conseil prioritaire: CN

 

Objets apparentés

96.2002 www.parlament.ch/e/cv-geschaefte

 

Cosignataires

Bär, Baumann Ruedi, Baumann Stephanie, Bäumlin, Bodenmann, Bugnon, Caccia, Darbellay, Eggenberger, Goll, Gonseth, Grendelmeier, Hafner Ursula, Hämmerle, Hollenstein, Hubacher, Ledergerber, Leemann, Leuenberger Ernst, Loeb François, Marti Werner, Meier Hans, Misteli, Rechsteiner, Singeisen, Stamm Judith, Steiger Hans, Strahm Rudolf, Thür, Zwahlen (30)

 

Discussion de l'interpellation Fankhauser

4. März 1996 | Diskussion der Interpellation Fankhauser

 

Amtliches Bulletin der Verfassung, Seite 44

Geschäftsnummer 95.3186

 

 

Fankhauser Angeline (S, BL)

Der Bundesrat sollte so schnell wie möglich das Abkommen der Vereinten Nationen von 1948 Über die Verhütung und Bestrafung des Völkermordes zur Ratifikation vorlegen. Es gibt nämlich keinen Grund, das nicht zu tun. Es ist an sich auch erstaunlich, dass die Schweiz diesen Schritt noch nicht getan hat. Die Wirkungen sind leider bescheiden, das wissen wir, aber jedes Zeichen ist wichtig und vermittelt den Opfern von Gewalt und Krieg eine überlebenswichtige Hoffnung, die Hoffnung, die es braucht, um nicht zu verzweifeln und weiter auf ein friedliches Zusammenleben zu bauen.

Die Aufarbeitung der Geschichte - das zeigt sich nun - gestaltet sich schwierig. Die Druckversuche im Hinblick auf die heutige Behandlung der Petitionen, vor allem der Petition «Für die offizielle Anerkennung des Tatbestandes des Völkermordes an Armeniern und dessen Verurteilung», sind leider nicht ausgeblieben. Über die Geschichte nachzudenken, scheint für verschiedene Leute und Organisationen bereits eine Beleidigung zu sein. Sogar in Armeniern selber, so die «NZZ» vom letzten Samstag, wird das Thema des Völkermordes tabuisiert. So gross ist die Angst, Beziehungen zu stören. Ohne eine Bewältigung der Vergangenheit gibt es aber keine Sicherheit. Jetzt wird die Diplomatie angerufen. Man soll nicht nachgeben und aufrecht und mutig für die Grundrechte einstehen, weil die Einhaltung der Grundrechte die Völker verbindet und den wertvollsten Beitrag zur kollektiven Sicherheit darstellt.

Die Antworten des Bundesrates auf meine Interpellation sind nicht ganz befriedigend. Man merkt das Dilemma. Ich akzeptiere aber diese Antwort als Schritt der Schweiz hin zu einer mutigen, geradlinigen Haltung im Zusammenhang mit der Durchsetzung der Menschenrechte.

 

Cotti Flavio, Bundesrat

Zwei Bemerkungen zu Frau Fankhauser. Der Bundesrat sagt in seiner Antwort, dass er die tragischen Geschehnisse verurteilt, welche nach Massendeportationen und Vernichtungen während den Aufständen und Kriegen am Ende der osmanischen Herrschaft 1894 bis 1922, insbesondere im Jahre 1915 den Tod von äusserst vielen Armeniern - nach offiziellen Angaben waren es zwischen 800 000 und 1 ,5 Millionen Menschen - zur Folge hatten. Wenn der Bundesrat diese klare und unmissverständliche Verurteilung macht, so ist das in meinen Augen ein eindeutig klares politisches Zeichen.

Die genaue Definition des Genozids ist ja auch rechtlich eine schwierige Frage. Das wissen Sie genau. Ich kann Ihnen aber versichern, dass sich der Bundesrat aufgrund einer Debatte, die kürzlich in der nationalrätlichen Kommission stattgefunden hat, entschlossen hat, die Arbeiten bezüglich der Ratifizierung dieses Abkommens, die auch in meinen Augen erstaunlicherweise zurückgeblieben waren, schleunigst vorwärtszubringen. In diesem Sinne hat die Zusammenarbeit mit dem EJPD begonnen. Ich hoffe, dass Ihr Begehren nach der nötigen Vorbereitungszeit erfüllt werden kann.