Parliamentary Group Switzerland-Armenia

Le Groupe parlementaire Suisse-Arménie est coprésidé par les conseillers nationaux

Dominique de Buman (PDC - Parti démocrate-chrétien suisse) et Ueli Leuenberger (PES - Parti écologiste suisse).

 

Official documents from the web site of the Swiss Parliament:

- the official list of all parliamentary groups in Switzerland

- portrait of Dominique de Buman

- portrait of Ueli Leuenberger

 

Sites personnels

- Ueli Leuenberger: -> website

- Dominique de Buman: -> website

 

Parliamentary Group Switzerland - Armenia

Giornata della memoria di Chiara Simoneschi-Cortesi

Discorso in occasione della cerimonia per ricordare J.C. Vaudroz, già Consigliere nazionale PPD, per aver introdotto il Postulato, accolto dal Consiglio nazionale nel dicembre 2003, che riconosce il genocidio degli Armeni


Mesdames et Messieurs les représentants de la communauté arménienne de Suisse,
Madame la représentante de la République d’Arménie,
Mesdames et Messieurs les représentants de Troinex et de Genève,
Messieurs les conseillers d’Etats de la République et du Canton de Genève,
Messieurs et Mesdames les députés aux Chambres fédérales,

Chères amies, chers amis,

C’est avec une très grande émotion que j’assiste à cette commémoration et je vous remercie de m’y avoir associée. Par la pause d’une plaque en l’honneur de Jean-Claude Vaudroz, votre mémoire devient aussi un peu la nôtre, celle des Suisses et des Genevois en particulier.

Le génocide des Arméniens de 1915 et avant lui les massacres perpétrés entre 1894 et 1896 ont suscité des mouvements de solidarité à Genève et dans toute la Suisse. Les noms du pasteur Antony Krafft-Bonnard, du Professeur Edouard Naville, de l’orientaliste Léopold Favre restent liés à la mobilisation de notre pays en faveur des Arméniens en danger. Personne non plus n’a oublié avec quel engagement les présidents de la Confédération Gustave Ador et Giuseppe Motta – qui était Tessinois, comme moi -, défendirent la cause arménienne devant la Société des Nations, au début des années 1920. Ces signes forts de soutien ont marqué les relations entre la Suisse et les Arméniens.

Chères amies, chers amis,

Vous avez voulu rendre hommage au courage et à la ténacité de Jean-Claude Vaudroz, avec qui j’ai eu l’honneur de siéger au Conseil national il y a quelques années. Ce grand homme réclamait la justice envers votre peuple et il a fait avancer la cause arménienne. Jean-Claude restera à jamais dans nos esprits et dans nos cœurs. Nous nous souvenons de lui et nous exprimons notre amitié à sa famille.

Pour vous, ce 24 avril n’est pas seulement une date anniversaire. Ce que vous ressentez dépasse le devoir de mémoire. Un million et demi de vos frères et sœurs ont été anéantis pendant les derniers jours de l’Empire ottoman, parce qu’ils étaient arméniens. La tragédie du Médz Yeghérn a traumatisé votre peuple. Ces plaies ne pourront se cicatriser que si la Turquie, aidée par la communauté internationale, reconnaît qu’un génocide a été commis.

Le Conseil national suisse l’a fait le 16 décembre 2003, la Ville de Genève en janvier 2005 et le Grand Conseil du canton de Vaud en juillet de la même année. Le Conseil d'Etat genevois a agi dans le même sens le 10 décembre 2006. Je n’oublie pas que la première signature au bas de cette résolution était celle de la présidente du Conseil d’Etat d’alors, Madame Micheline Calmy-Rey, aujourd’hui à la tête du Département fédéral des affaires étrangères.

Jean-Claude Vaudroz s’est farouchement battu, soutenu par beaucoup de ses collègues d’autres cantons, pour que le Parlement helvétique rende justice aux souffrances du peuple arménien. Ce fameux 16 décembre, sous la Coupole fédérale, les prises de paroles en faveur de la reconnaissance du génocide furent innombrables et le débat politique d’un très haut niveau. Dans un vote historique, la majorité absolue de la Chambre du peuple approuva le postulat Vaudroz par 107 voix!

C’est un honneur pour moi d’inaugurer aujourd’hui cette plaque en mémoire d’une personne qui a tant lutté pour votre communauté et pour le respect du droit. Jean-Claude Vaudroz a su concrétiser des mots tels que «justice» ou «droits humains». Il a su leur donner la dignité qu’ils méritent.

Je suis fière aussi de notre Parlement qui a aidé la Suisse à prendre conscience de la réalité du génocide arménien, cela même si notre Conseil fédéral préfère ne pas prononcer ce mot. Et pourtant, c’est bien le génocide des Arméniens qui a inspiré en 1948 la Convention des Nations Unies sur la prévention et la punition du crime de génocide. Et la Suisse a approuvé cette convention.

Notre pays s’engage en ce moment pour que l’Arménie et la Turquie reprennent le dialogue et surmontent leur conflit ancestral. Au moment d’approuver sa constitution en 1848, la Confédération helvétique avait elle aussi décidé de vivre en paix avec ses voisins et elle avait résolu ses conflits bilatéralement. Mais on ne choisit pas ses voisins et je suis consciente que certaines blessures sont plus profondes que d’autres. La volonté de la Suisse n’est pas d’aider à oublier les conflits du passé mais d’assurer la médiation entre deux peuples qui sont aujourd’hui divisés après avoir vécu si longtemps ensemble.

Chères amies, chers amis,

Vous avez beaucoup souffert, au même titre que les Grecs pontiques, les Assyro-Chaldéens ou encore les Kurdes. Pour que ces souffrances prennent fin un jour, tous ces peuples devront recommencer à parler avec le peuple turc et se comprendre mutuellement. Mais ce dialogue ne pourra pas avoir lieu que si les héritiers des responsables reconnaissent les crimes commis alors. Ce dialogue ne se fera pas sans le pardon des victimes. Il faut que justice soit faite mais il faut surtout que vous puissiez regarder vers le futur sans occulter votre passé ni votre identité.

Aujourd’hui, je suis venue vous dire ma conviction qu’une paix basée sur la vérité historique est possible et nécessaire. Je suis venue en témoigner, en tant que présidente des Chambres fédérales, et vous manifester ma sympathie personnelle, ma solidarité et mon appui.

Merci de votre attention.

 

Source: website de Madame la Présidente de l’Assemblée fédérale Chiara Simoneschi-Cortesi